
• Sur les 16 instituts bancaires que compte le pays
• Hors participations détenues par les institutions publiques
La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a rendu public son annuaire des banques, établissements financiers à caractère bancaire et compagnie financière de l’Union. Le document, publié le 24 avril 2026, regroupe les informations bancaires dès 2024 des pays de l’Union, mais pas que. On peut aussi y découvrir l’actionnariat de ces institutions.
L’examen détaillé de l’actionnariat des banques au Burkina Faso met en évidence la présence de l’État, sous des formes multiples dans l’architecture bancaire. Cette présence ne se limite pas à une participation directe, mais s’étend à travers un réseau d’institutions publiques et d’entreprises parapubliques, formant un véritable bloc d’influence au sein du capital des établissements.
3 types de présence dans les banques
Dans le paysage bancaire national, certaines banques apparaissent clairement comme des instruments publics ou quasi publics. C’est, notamment, le cas de la Banque commerciale du Burkina, dont le capital est intégralement détenu par l’État et ses démembrements, ou encore de la Banque agricole du Faso et de la Banque Postale, où la participation publique dépasse largement les 90 %.
Une deuxième catégorie de banques se caractérise par une présence publique significative mais minoritaire. C’est le cas de la Banque Atlantique, de IB Bank, de la Société Générale Burkina Faso ou encore de UBA Burkina. Dans ces établissements, l’État ou ses démembrements ne détiennent pas le contrôle, mais disposent néanmoins d’un pourcentage d’actionnariat non négligeable. Et un 3e groupe de banques largement dominées par des capitaux étrangers, à l’image de Orabank, BSIC ou encore CBAO. Dans ces structures, la présence publique burkinabè est inexistante, ce qui illustre l’ouverture du système bancaire national aux groupes régionaux et internationaux.
En agrégeant les données de capital et les parts détenues par l’État dans chacune des banques, la participation directe de l’État burkinabè peut être estimée à environ 8,5 % du capital total du secteur bancaire. Ce chiffre ne reflète cependant qu’une partie de la réalité. En effet, si l’on intègre les participations détenues par les institutions publiques telles que la CNSS ou le FBDES, ainsi que celles des entreprises publiques comme la LONAB ou la SONAR, la part du secteur public au sens large augmente de manière significative.
Notons que ces données reflètent la situation observée en 2024. Depuis lors, des évolutions importantes sont intervenues, notamment, à la suite des décisions de la BCEAO relatives au relèvement du capital minimum des banques, ainsi que des recompositions actionnariales touchant certains établissements comme Vista Bank Burkina ou Société Générale Burkina Faso.
ESS




