Réserves minières: un réservoir de phosphate avec plus de 200 millions de tonnes

• Le gisement de Kodjari, stratégique pour l’industrie des engrains
• Le Burkina Faso en tête dans l’espace UEMOA
• Manganèse : avec des réserves estimées à 100 millions de tonnes
«Le Burkina Faso n’est pas un pays pauvre», ne cesse de marteler le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, depuis son accession au pouvoir. Cette foi inébranlable du chef de l’Etat est fondée sur les immenses potentialités du sous-sol du pays des Hommes intègres. De ce sous-sol jaillissent des métaux précieux et rares. De ces métaux précieux, l’on note l’or, aujourd’hui premier produit d’exportation du Burkina Faso depuis 2019, reléguant ainsi le coton au second rang. A titre illustratif, à fin novembre 2025, les exportations totales de biens s’élèvent à 5.572,8 milliards FCFA, affichant une hausse annuelle de 89,4%. Selon la note de conjoncture économique publiée en décembre 2025 par la Direction générale de l’économie et de la planification, cette performance est principalement tirée par les ventes d’or brut, qui augmentent de 2.627,5 milliards FCFA (+106,1%), une dynamique expliquée, notamment, par la hausse du cours de l’once sur les marchés internationaux. On enregistre également une bonne progression de la vente des noix de cajou de 79,7 milliards FCFA (+133,5%) et de celle des graines de sésame de 21,2 milliards FCFA (+62,9%). Quant aux exportations de coton, elles sont en recul de 63,7 milliards FCFA (-40,6%). Mieux, le métal jaune est une valeur refuge dans les transactions financières mondiales dont le Burkina Faso entend tirer le meilleur profit économique.
Miser aussi sur les filières coton-textiles et riz
D’autres potentialités économiques, si elles venaient à être valorisées, pourraient augmenter de façon conséquente les recettes d’exportations du pays mentionnées. A ce niveau, de très bonnes nouvelles ont été communiquées le 4 juin 2026, par une délégation de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) au ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, à en croire le département communication dudit ministère. A cette rencontre, l’instance communautaire a présenté les projets de livres blancs consacrés aux filières coton-textile et engrais-phosphates, afin de renforcer l’appropriation et le portage politique de ces documents, ainsi que de recueillir des orientations. Il ressort que dans sa stratégie de transformation économique régionale, la Commission de l’UEMOA a retenu trois filières pilotes à fort potentiel : le coton-textile, le riz et les engrais-phosphates. Ces secteurs sont considérés comme de véritables moteurs de croissance, capables de générer davantage de valeur ajoutée, de créer des emplois durables, de renforcer les capacités productives régionales et de favoriser l’intégration des petites et moyennes entreprises dans les chaînes de valeur nationales et internationales. Cette initiative stratégique, qui promeut une vision intégrée du développement fondée sur une synergie renforcée entre les secteurs minier et agricole.
Du lithium en perspective ?
Mais que vaux réellement le poids et la valeur économique de ces trois secteurs suscités dans la balance économique du Burkina Faso ? Concernant les phosphates, le pays disposerait des plus importantes réserves estimées d’Afrique de l’Ouest, avec près de 200 millions de tonnes, devant le Sénégal, le Togo et le Mali. Toujours à propos du phosphate, le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives au Burkina Faso (ITIE-BF) 2023, publié en mars 2025, confirmait le constat de l’UEMOA. Ledit rapport rappelle que le gisement de Kodjari, dans la province de la Tapoa (région de l’Est), est l’un des principaux sites de production de phosphate au Burkina Faso. Exploité par la Société d’exploitation des phosphates du Burkina (SEPB), ce gisement est stratégique pour l’industrie locale des engrais.
Les réserves du site sont estimées à plus de 100 millions de tonnes, faisant de Kodjari une ressource clé pour le développement industriel du pays. Depuis février 2023, la même société a réorienté ses activités dans la fabrication de mélanges d’engrais NPK dans son usine située à Koupéla.
Le même rapport de l’ITIE souligne le manganèse de Tambao, le plus important gisement du pays avec des réserves estimées à 100 millions de tonnes. En attendant la réouverture de la mine de Zinc de Perkoa, dans le document, l’ITIE mentionne de bonnes nouvelles pour le pays, à savoir qu’il y a des traces de lithium à Banfora, Gaoua et Bobo-Dioulasso. Dans le domaine du coton, le Burkina Faso figure également parmi les principaux producteurs de la sous-région, confirmant son rôle stratégique dans la filière textile ouest-africaine.
Ambéternifa Crépin SOMDA



