
• Des cumuls globalement normaux à déficitaires
• Des séquences sèches longues attendues en fin de saison
• Les recommandations de l’ANAM
La prévision saisonnière des caractéristiques agro-climatiques 2026 était à l’ordre du jour du Conseil des ministres du jeudi 30 juillet. Le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, y a fait une communication relative à la situation pluviométrique du 1er avril au 30 juin 2026 et la prévision saisonnière des caractéristiques agro-climatiques 2026. Il en ressort que les cumuls pluviométriques saisonniers du 1er avril au 30 juin 2026 ont évolué entre 33 mm en 10 jours de pluie à Arbinda (Karo Peli) et 343 mm en 17 jours de pluie à Bagassi (Balé).

Les régions des Tannounyan, de Bankui, du Djôrô et du Guiriko ont reçu les cumuls pluviométriques les plus élevés. Les localités ayant reçu une faible pluviométrie sont situées principalement dans les régions du Soum, du Liptako, du Yaadga, des Koulsé et de Oubri. Les cumuls pluviométriques saisonniers du 1er avril au 30 juin 2026 ont été globalement similaires à déficitaires sur la moitié ouest du pays et similaires à excédentaires sur la moitié est par rapport à ceux de la même période en 2025. Par rapport à la normale (moyenne 1991-2020), les cumuls pluviométriques saisonniers du 1er avril au 30 juin 2026 pour la même période ont été globalement normaux à déficitaires sur la majeure partie du pays. Cependant, des excédents ont été notés dans certaines localités, notamment dans les régions du Nando, de Bankui, des Koulsé, de la Tapoa, du Gourma, de la Sirba, des Tannounyan et du Kadiogo.
L’Agence nationale de la météorologie du Burkina Faso (ANAM-BF), à travers son bulletin mensuel, précise que le mois de juin 2026 a été marqué par une installation plus affirmée de la saison des pluies, avec une situation pluviométrique globalement normale à excédentaire sur la majeure partie du territoire national. Toutefois, des déficits pluviométriques de niveau modéré à sévère ont été enregistrés dans la partie centrale du pays (régions du Nando, du Kadiogo et de Oubri), associés à de longues séquences sèches de 7 à plus de 15 jours. L’état de la végétation indique un développement progressif du couvert végétal sur la majeure partie du territoire. Néanmoins, des baisses de vitalité légères à sévères sont localement observées à l’ouest et au centre du pays.
L’analyse de la durée maximale des séquences sèches de l’ANAM pour le mois de juin 2026 révèle une répartition temporelle des pluies satisfaisante sur la majeure partie du pays, où les périodes consécutives sans pluie sont restées inférieures à 7 jours. En revanche, le centre du pays (région du Kadiogo, de Oubri, des Koulse, de la Sirba et du Liptako, ainsi que le nord des régions du Nazinon, du Nakambé et du Goulmou) a enregistré des séquences sèches dont les durées ont varié entre 7 et 15 jours.
L’analyse combinée de l’ensemble des indicateurs met en évidence des conditions localement défavorables pour l’installation des cultures au cours du mois de juin 2026. Les zones ayant enregistré des pauses pluviométriques prolongées associées à un VHI dégradé traduisent une disponibilité en eau du sol moins favorable au développement initial des cultures. Le mois de juin correspondant à la période de semis et d’installation des principales cultures pluviales sur une bonne partie du territoire national, les conditions observées pourraient entraîner des levées irrégulières, un ralentissement de la croissance des jeunes plants et, dans certaines localités, des besoins de resemis. Les impacts sont susceptibles d’être plus marqués dans les zones où les séquences sèches et le stress végétatif se superposent, notamment dans les régions du Kadiogo, de Oubri, du Nando, du Nazinon, du Nakambé, des Koulsé, du Liptako, de la Sirba, ainsi que dans certaines localités du Guiriko, du Soum et du Yaadga.
Dans la communication orale du ministre en charge de l’administration territoriale, il a précisé que durant la période juillet-août-septembre (JAS) 2026, des cumuls pluviométriques globalement normaux à tendance déficitaires par rapport à la moyenne de référence (1991-2020) étaient attendus sur la majeure partie du pays. Toutefois, des cumuls pluviométriques déficitaires à tendance normaux sont attendus dans les régions du Guiriko, des Tannounyan et du Djôrô, ainsi que dans le sud des régions du Nando, du Nazinon, du Nakambé, du Goulmou et de la Tapoa.
Un risque élevé de séquences sèches longues est attendu en fin de saison sur la majeure partie du pays. Néanmoins, dans les régions du Goulmou, du Nakambé, du Nazinon, de la Tapoa et les parties sud des régions du Nando, de Oubri et de la Sirba, des séquences sèches courtes sont attendues en fin de saison. La fin de la saison pluvieuse 2026 est attendue tardive à tendance normale sur la majeure partie du territoire.o
Moumouni SIMPORE
Qu’est-ce qu’une séquence sèche ?
Une séquence sèche correspond au nombre maximal de jours consécutifs sans pluie, sur une période donnée (mois, saison ou année). Pour l’élaboration de ce bulletin, le seuil minimal pour qualifier un jour « pluvieux » est fixé à 1 mm de précipitations. À titre de référence, une hauteur de pluie de 1 mm équivaut à un volume d’un litre d’eau reçu sur une surface d’un mètre carré (1 m²).
Source : ANAM
Avis et recommandations
Agriculture : réaliser les resemis dans les parcelles où les levées ont été insuffisantes si les conditions sont réunies ; renforcer les pratiques de conservation de l›humidité du sol (paillage, sarclage, techniques) ; adapter les opérations culturales en fonction des prévisions et des bulletins agrométéorologiques.
Élevage : assurer une gestion rationnelle des pâturages et des points d’eau ; prévoir un apport complémentaire en alimentation du bétail dans les zones où la régénération des pâturages demeure faible ; renforcer la surveillance sanitaire des troupeaux.
Ressources en eau : suivre l’évolution du remplissage des retenues d’eau dans les zones à pluies irrégulières ; rationaliser les prélèvements d’eau pour les usages agricoles et pastoraux.o
Source : ANAM
