• Après l’offensive 2023-2025, place à celle 2026-2028
• De moins de 300 milliards FCFA à 839,99 milliards FCFA
• L’hydraulique et l’amélioration du cadre de vie prises en compte
Annoncée officiellement le 05 septembre 2023, l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) 2023-2025 devait, à terme, permettre au Burkina Faso d’assurer sa souveraineté alimentaire et la création d’au moins 100 000 emplois décents dans le secteur agropastoral pour les jeunes, les personnes déplacées internes (PDI) et les volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Huit (08) filières avaient été choisies comme priorité : le riz, le maïs, la pomme de terre, le blé, le poisson, le bétail/viande, la volaille et la mangue. 592 milliards FCFA devaient être mobilisés pour la réalisation de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025, dont 46% des ressources publiques. Les 54% du budget restants équivalant à 317 milliards FCFA étaient attendus des ressources privées.

Lors du Conseil des ministres du jeudi 30 juillet 2026, le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, a fait une communication relative au bilan de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) 2023-2025. On en retiendra que sa mise en œuvre s’est faite dans un contexte marqué, notamment, par une volonté politique de faire du secteur rural un levier essentiel de croissance et de transformation structurelle de l’économie. Les investissements de l’OAPH 2023-2025 ont permis de porter la production céréalière à un niveau historique de plus de 7 millions de tonnes, avec un taux record de couverture des besoins céréaliers de 124%. Les principaux résultats de l’OAPH se présentent comme suit : 1 008 737 tonnes de riz produites en 2025, soit un taux de réalisation de 101% par rapport à la cible de 2025 ; 2 686 531 tonnes de maïs produites correspondant à un taux d’atteinte de la cible de 134% ; 51 818 tonnes de pomme de terre produites, soit un taux d’atteinte de la cible de 86,36% ; 58 476 tonnes de poisson, correspondant à un taux de réalisation de 58,47% de l’objectif de l’OAPH ; 3 170 hectares de vergers de manguiers renouvelés représentant un taux d’atteinte de 63,4% ; 30 631 kits de noyaux reproducteurs de petits ruminants mobilisés au profit des éleveurs, avec un taux d’atteinte de la cible de 153,15% ; 2 526 ha de superficie emblavés pour la production de 9 806 tonnes de blé ; 25 062 ha de superficie de deux (02) zones pastorales modernes immatriculées et aménagées.

Cet accroissement des productions, couplé aux mesures et réformes telles que la restructuration de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS), la régulation des importations et des exportations ont permis de stabiliser les prix des produits agropastoraux et halieutiques sur le marché national. En matière de création d’emplois, la mise en œuvre de l’OAPH a permis de générer 91 027 emplois, dont 26 202 permanents. Parmi ces emplois, 32 009 ont été générés au profit des femmes, 4 724 au profit des personnes déplacées internes (PDI) et 289 au profit des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). La mise en œuvre de l’Offensive agropastorale et halieutique a également contribué à un accroissement annuel moyen du Produit intérieur brut (PIB) agricole de 12,13% sur la période 2023-2025, soit un taux d’atteinte de 111,79%. Les revenus des ménages ont, quant à eux, enregistré une hausse de 4,3%. Ces résultats ont été obtenus grâce à des financements exclusivement publics de 273 993 108 145 FCFA.
Exit donc l’OAPH 2023-2025 ! Et pour la consolidation de la souveraineté alimentaire du pays, le gouvernement opte pour la poursuite de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique (OAPH) pour la période 2026-2028. La nouvelle Offensive prend en compte le domaine de l’hydraulique et l’amélioration du cadre de vie. Elle constitue un cadre sectoriel d’opérationnalisation du plan RELANCE 2026-2030. Tant mieux, est-on tenté de dire. « Le MPSR1 a formalisé la scission entre l’Agriculture et l’Eau en tant que département ministériel et le MPSR2 a maintenu cette scission. Nulle part dans sa déclaration liminaire, le ministre Sombié, à défaut d’avoir son collègue en charge de l’eau à ses côtés, n’a fait cas de la politique de mobilisation de cette ressource. Pourtant, l’agriculture et l’eau sont difficilement dissociables. Mieux, le ministre et ses collaborateurs prévoient de produire « 100 000 tonnes de poisson, afin de couvrir la moitié des besoins de consommation nationale». Cette production poissonneuse se fera dans quelle eau ?», a écrit l’Economiste du Faso dans notre édition du 17 septembre 2023, à l’annonce de l’OAPH.
Le nouveau gouvernement burkinabè, rendu public le 12 janvier 2026, s’est inscrit dans une dynamique de rationalisation de l’action publique, marquée par des fusions de ministères, des départs et des réaménagements de portefeuilles. On a assisté donc à une fusion entre le département de l’Agriculture et celui de l’Eau, toute chose qui va davantage alléger les lourdeurs administratives. La prise en compte du volet « hydraulique » dans la nouvelle Offensive permettra d’opérationnaliser les instruments mis en place, de consolider les filières promues dans la première phase, de développer de nouvelles filières stratégiques et de promouvoir les filières émergentes. La mise en œuvre de l’OAPH 2026-2028 concerne huit (08) filières prioritaires : le riz, le lait, le soja, le sésame, l’arachide, le blé, le manioc et le karité ; six (06) filières à consolider : le maïs, la pomme de terre, la mangue, le bétail-viande, le poisson et la volaille ; six (06) filières émergentes à promouvoir : la banane plantain, le tournesol, l’ananas, le lapin, le palmier à huile et le cacao.
A terme, l’opérationnalisation de l’OAPH 2026-2028 va entraîner une hausse significative des productions agropastorales et halieutiques, notamment céréalières de 40% et un maintien structurel du taux de couverture des besoins céréaliers au-dessus de 120%. Les investissements vont créer 125 000 emplois dans le secteur.
Le coût global de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028 est évalué à 839,99 milliards FCFA. Son financement se fera à travers la mobilisation des ressources propres de l’État.
Moumouni SIMPORE
