
- Réunion des ministres et experts des trois pays à Ouaga
- Priorité aux actions de relèvement
- Pour passer de l’urgence à la résilience
Du 10 au 12 août 2026, Ouagadougou abrite un double événement majeur pour la le Burkina Faso, le Niger et le Mali : le deuxième Forum des ministres chargés de l’Action humanitaire de Confédération des États du Sahel (AES), couplé à la deuxième réunion des ministres en charge du Genre de la même Confédération. L’événement a ouvert ses portes sous le patronage du Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence plusieurs membres des gouvernements et d’experts nationaux des trois pays.

Le Forum des Ministres chargés de l’Action humanitaire s’inscrit dans un contexte où, depuis plus d’une décennie, l’espace sahélien fait face à des défis humanitaires majeur : déplacements de populations du fait des attaques terroristes, fragilisation du tissu social, vulnérabilité accentuée des communautés, chocs climatiques, insécurité alimentaire pression sur les services sociaux de base, la fragilisation des moyens d’existence, etc.
Quant à la Réunion des ministres du Genre, elle fait suite à l’adoption d’une Déclaration commune en juillet 2025, à Niamey, déclaration adossée à une feuille de route. Celle-ci préconise la tenue d’une réunion sectorielle des ministres du Genre, sous l’égide du pays assurant la présidence de la Confédération.
L’objectif de la double rencontre est clair : renforcer la coopération et la coordination des actions humanitaires et des politiques publiques en matière d’égalité de genre et d’autonomisation des femmes au sein de l’espace AES afin de promouvoir un modèle intégré de résilience et de développement inclusif. De manière spécifique, il s’agit entre autres : de renforcer la gouvernance humanitaire et la coordination régionale dans l’espace confédéral ; d’identifier les insuffisances des approches centrées uniquement sur la gestion de l’urgence ; de consolider les mécanismes de financement endogène et les partenariats stratégiques.
Pour atteindre ces objectifs, des groupes de travail et des communications ont été organisés autour de deux thématiques centrales : « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES », pour le Forum humanitaire, et « Mise en œuvre des référentiels nationaux de développement des pays de l’AES : contribution des femmes à la construction d’un espace souverain, résilient et prospère », pour la réunion ministérielle consacrée au Genre.

Pour le Chef du Gouvernement burkinabè, la tenue simultanée de ce rendez-vous traduit une volonté des États de la Confédération. Celle de « promouvoir une approche intégrée du développement, où l’action humanitaire, le relèvement, la résilience, l’inclusion sociale et la promotion de l’égalité de genre constituent les piliers d’une transformation durable de notre espace commun », a-t-il indiqué. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a par ailleurs souligné que les Etats de l’AES s’inscrivent dans une nouvelle vision de l’action humanitaire. « Notre ambition est de dépasser la seule gestion de l’urgence pour promouvoir un modèle fondé sur le respect de la souveraineté des États, de la dignité des populations et de leur droit légitime à retrouver leur autonomie. L’assistance ne saurait être une finalité en soi. L’action humanitaire doit répondre à l’urgence tout en préparant les conditions de l’autonomie », a souhaité le Premier ministre.
Coordonnateur du Système des Nations Unies au Burkina, Njoya Tikum a indiqué que le Système onusien partage pleinement cette vision de l’action humanitaire. « Depuis dix ans, nous plaidons pour une action qui ne s’arrête pas à l’urgence, mais qui construit, en parallèle et en synergie, les fondations de la résilience et du développement durable », a-t-il déclaré.
Alors que les défis sécuritaires et humanitaires exposent particulièrement les femmes et les filles, à des risques, il n’en demeure pas moins que ces franges jouent un rôle majeur dans la résilience des familles et des communautés. Et le Premier ministre de rendre hommage aux femmes du Sahel qui, malgré les difficultés, dit-il, « continuent chaque jour de porter l’espoir, de soutenir leurs familles, de contribuer à l’économie locale et de participer activement à la construction de sociétés plus fortes et plus solidaires » A ce propos, la représentante de la plateforme nationale des organisations féminines a salué la volonté politique des autorités confédérales de l’égalité des chances et de l’autonomisation des femmes une priorité de l’agenda confédéral. « Les femmes ne doivent pas être considérés comme des bénéficiaires des politiques publiques mais reconnues comme des actrices, des partenaires et des forces de proposition à part entière dans la construction de l’espace sahélien », a déclaré Dr Pascaline Coulibaly.
La double rencontre de Ouagadougou est le lieu pour les trois pays d’adopter des orientations stratégiques ambitieuses, des recommandations opérationnelles et des engagements concrets, assortis de mécanismes de suivi. Avec comme ultimes bénéficiaires, les populations.
Béranger Kabré (Collaborateur)
