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Intégration économique dans l’espace AES: les ministres du Commerce et de l’Industrie accordent leur violon à Ouagadougou

• Pour «bâtir pierre par pierre un espace économique intégré, souverain et prospère»

• Des actions prioritaires ont été dégagées

• Afin de renforcer le tissu industriel dans l’espace AES

Passer en revue la feuille de route adoptée en décembre 2025, à Niamey, et dégager des actions prioritaires pour un renforcement du tissu industriel dans l’espace de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), tels ont été les axes de la 4e Réunion des ministres du Commerce et de l’Industrie de l’espace et du secteur privé des pays membres de la Confédération AES, le 15 juin 2026, à Ouagadougou. Les travaux ont débuté sous la présidence du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Venus des trois pays de l’AES, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, les participants ont fait le bilan de la mise en œuvre des recommandations de la 3e Réunion qui s’était tenue à Niamey, la capitale nigérienne. Avec toujours en tète, l’objectif de départ, à savoir bâtir un espace économique profitable aux populations.

«L’ambition de l’AES est de bâtir pierre par pierre un espace économique intégré, souverain et prospère», Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, Premier ministre du Burkina Faso.

Dans son adresse, le chef du gouvernement a souligné que l’ambition de l’AES était de « bâtir pierre par pierre un espace économique intégré, souverain et prospère ». Il a insisté sur trois priorités majeures: l’industrialisation endogène, la fluidification du commerce intra-AES et la lutte contre la concurrence déloyale. «Nous devons produire ce que nous consommons, transformer localement nos ressources et faciliter la libre circulation des biens et des richesses dans notre espace commun», a-t-il indiqué. Le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, a, quant à lui, appelé à une coopération renforcée entre les États, le secteur privé et les structures nationales de la Confédération, afin de lever les obstacles au développement économique et de consolider les acquis de l’intégration.

Deux jours de travaux et des résultats satisfaisants

Serge G. Pooda, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat du Burkina Faso.

La réunion des ministres a été précédée par les travaux des experts qui se sont déroulés les 13 et 14 juin 2026. Ils ont fait le bilan de la mise en œuvre des recommandations, dégagé les priorités et proposé des solutions.

A l’issue de cette phase préparatoire, les ministres ont, au cours de leur session, adopté des documents. Il s’agit, notamment : des documents sur l’état de mise en œuvre à mi-parcours du plan d’action prioritaire 2026 et le Projet de plan d’action prioritaire 2026 actualisé, l’état de mise en œuvre à mi-parcours des actions de la feuille de route de l’an 2 du président de la Confédération des États du Sahel, dans les domaines de l’industrie et du commerce. Les termes de référence relatifs à l’élaboration d’une directive de la Confédération, visant l’harmonisation et le renforcement du cadre d’attractivité des investissements ; la Décision sur la lutte contre la fraude et la concurrence déloyale dans le secteur du commerce et de l’industrie au sein de la Confédération des États du Sahel ; la Décision portant création d’un cadre de concertation pour la mise en place de l’infrastructure qualité de la Confédération des États du Sahel ont aussi été validés par les ministres qui ont également pris note des conclusions des travaux des offices céréaliers et du secteur privé. 

Pour Dr Boubakar Nacanabo, ministre de l’Economie et des Finances, qui a pris part à la rencontre, les travaux ont permis de baliser le terrain pour une intégration industrielle réussie dans l’espace AES. «Les travaux ont permis de faire une évaluation lucide de notre feuille de route de l’an 2 et d’identifier les actions prioritaires pour accélérer notre intégration économique. Les orientations dégagées sont claires. Renforcer notre tissu industriel, transformer davantage nos ressources localement, fluidifier les échanges commerciaux et créer un environnement propice aux investissements productifs», s’est-il réjoui.

Il a ajouté que l’AES ne pouvait pas être simplement un espace où les frontières se rapprochent sur les cartes. «Elle doit devenir un espace où nos économies se rapprochent dans les faits, où nos entreprises collaborent, où nos entrepreneurs innovent et où nos populations ressentent concrètement les bénéfices de notre intégration», a-t-il insisté. Pour réussir l’intégration, il faudra créer des emplois, développer des entreprises, transformer localement les produits et offrir des opportunités à la jeunesse. Les autorités en sont conscientes et font de cela leur objectif dans le domaine du commerce et de l’industrie pour les prochaines années.o

Jacques Théodore BALIMA (Collaborateur)

 

Les priorités majeures pour l’intégration économique

Les principales recommandations et résolutions adoptées à la 3e réunion s’articulent autour des axes suivants :

– Lutte contre la fraude et la concurrence déloyale : renforcer les contrôles conjoints et harmoniser les législations pour protéger les industries locales ;

– Intégration du secteur privé : consolider l’Alliance des Chambres de commerce et d’industrie des États du Sahel (ACCI-AES) pour bâtir un marché unifié et développer des chaînes de valeur compétitives ;

– Souveraineté économique et industrielle : poursuivre la mise en œuvre de projets intégrateurs communs, afin de transformer structurellement les économies des trois pays (Burkina Faso, Mali, Niger).

– Libre circulation : accélérer la mise en place de réformes garantissant une véritable fluidité pour la circulation des biens et des personnes au sein de l’espace confédéral.

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