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Baisse des ventes, manque de fonds: des milliers d’entreprises sont à l’arrêt

4 facteurs expliquent près de 8 suspensions sur 10

• La baisse des ventes constitue plus de 24% des fermetures

• Selon le Recensement général des entreprises de l’INSD

Le Recensement général des entreprises 2024, publié en mars 2026 par l’INSD, révèle un tissu entrepreneurial de 390.501 unités économiques, réparties au Faso. Derrière ce chiffre, se cache une réalité moins visible. Parmi les établissements recensés, 12.559 sont en suspension d’activités  et 13.032 ont définitivement cessé leurs activités. Soit plus de 25.000 établissements qui ont suspendu ou cessé leurs activités, selon les résultats du Recensement général des entreprises (RGE). Si la crise sécuritaire continue d’affecter certaines zones, les difficultés les plus souvent évoquées par les promoteurs sont d’abord liées à la baisse des ventes, au manque de financements et aux contraintes de gestion. Dans le tissu entrepreneurial, l’essentiel des établissements recensés sont en activité. Ils représentent 93,8% de l’ensemble des établissements recensés. Cependant, 3% sont en suspension temporaire d’activités et 3,1% ont définitivement cessé leurs activités.

Motifs de suspension des activités des unités économiques

Plusieurs raisons expliquent la suspension des activités de certains établissements. La baisse des ventes constitue la principale raison de suspension d’activités (21,4%). Cette donnée traduit les difficultés rencontrées par de nombreuses petites entreprises pour écouler leurs produits ou maintenir leur clientèle dans un contexte économique marqué par une baisse du pouvoir d’achat de certains ménages et une concurrence accrue dans plusieurs secteurs d’activités.

Le transfert de l’établissement ou des moyens de production vers une nouvelle structure arrive en deuxième position avec 20 % des cas. Viennent ensuite le transfert des moyens de production pour la création d’un nouvel établissement (20%), l’absence du dirigeant pour diverses raisons (santé, voyage, repos, etc.) avec 18,6% et le manque de fonds (17,8%). Pris ensemble, ces quatre facteurs expliquent près de huit suspensions sur dix. Ils mettent en lumière des fragilités qui dépassent les seules questions sécuritaires et renvoient davantage aux conditions de fonctionnement et de financement des entreprises. D’autres raisons sont également notées, comme le travail saisonnier (5,9%), les travaux de bitumage ou de réaménagement de la route (2,3%), l’absence de contrats (2,2%) et le décès du promoteur ou d’un actionnaire (1,8%).

Le manque de trésorerie apparaît, notamment, comme l’un des défis majeurs pour les petites unités économiques. De nombreux promoteurs, particulièrement dans le secteur informel, disposent de marges financières limitées et demeurent vulnérables face à la moindre baisse d’activité ou à une hausse imprévue des charges d’exploitation.

La crise sécuritaire est, certes, présente parmi les causes identifiées, mais elle ne représente que 1,8 % des motifs de suspension recensés dans le rapport. Ce constat ne signifie pas que l’insécurité est sans impact sur l’activité économique. Toutefois, les données du RGE révèlent que les difficultés commerciales et financières pèsent davantage sur la survie quotidienne des entreprises.

Si les résultats du RGE confirment le dynamisme du secteur privé burkinabè avec près de 390.000 unités économiques actives, ils rappellent également que la survie des entreprises reste un défi majeur. Pour de nombreux promoteurs, la difficulté n’est pas seulement de créer une activité, mais surtout de la maintenir dans la durée.

Au-delà des entreprises en difficulté, le recensement permet également de mieux comprendre la structure du tissu entrepreneurial national. Il révèle que la quasi-totalité des unités économiques recensées sont des établissements uniques. Les sièges sociaux et établissements secondaires demeurent très peu nombreux, ce qui confirme la prédominance des petites structures souvent gérées par un seul promoteur. En effet, les établissements uniques représentent 98,9% de l’ensemble des établissements recensés, tandis que les sièges ou établissements principaux ne représentent que 0,3%. Les établissements secondaires sont également moins nombreux, représentant seulement 0,9%.

Le rapport met également en évidence une forte concentration de l’activité économique dans quelques pôles urbains. La région du Centre concentre à elle seule 46,8 % des unités économiques du pays, tandis que les Hauts-Bassins en regroupent 18 %. Les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso représentent ensemble plus de la moitié du tissu entrepreneurial national. La répartition des unités économiques selon le milieu de localisation met en évidence une forte concentration en milieu urbain, avec 83,1%, contre 16,9% en milieu rural. En ce qui concerne le type d’établissement, 94,9% des établissements sièges ou principaux sont situés en milieu urbain, tandis que 5,1% sont situés en milieu rural. Par ailleurs, 89,0% des établissements secondaires sont concentrés en milieu urbain, contre 11,0% en milieu rural. Enfin, les établissements uniques se localisent majoritairement en milieu urbain (83,0%).

Cette concentration géographique illustre le poids des grands centres urbains dans l’économie nationale, mais elle pose aussi la question du développement économique des régions périphériques où les opportunités entrepreneuriales demeurent plus limitées.

JB

Le chiffre à retenir : 46,8 %

Près d’une entreprise sur deux au Burkina Faso est implantée dans la région du Centre. Avec les Hauts-Bassins (18 %), le Centre-Ouest (6,4 %) et le Centre-Est (4,8 %), quatre régions concentrent à elles seules 76 % des unités économiques du pays.

Causes de suspension

Baisse des ventes : 21,4 %

Transfert : 20 %

Absence du dirigeant : 18,6 %

Manque de fonds : 17,8 %

Autres : reste.

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