Dr Sandaogo Hamidou Ouandaogo, vétérinaire et enseignant-chercheur, est le Secrétaire général de l’association « Cercle des Cuniculteurs ». A la faveur de la première édition de la foire du lapin qui aura lieu du 22 au 24 mai, à Ouagadougou, L’Économiste du Faso est revenu sur certains pans de cet élevage qui attend encore de libérer tout son potentiel au Burkina Faso. Pour lui, l’organisation de cette manifestation est une opportunité pour lever les contraintes qui minent encore le secteur.
L’Économiste du Faso : Pouvez-vous nous présenter l’association « Cercle des Cuniculteurs » ?
Dr Sandaogo Hamidou Ouandaogo : L’association « Cercle des Cuniculteurs » est une structure qui regroupe les passionnés de l’élevage des lapins. C’est en 2016 que certains passionnés ont vu la nécessité de se regrouper, afin de pouvoir booster leurs passions. Entre 2016 et 2018, ils ont mis à profit ce temps pour murir l’idée et c’est finalement en fin 2018 qu’ils ont eu la reconnaissance officielle de leur structure par la délivrance d’un récépissé sous l’appellation l’association « Cercle des Cuniculteurs ». Donc en 2026, la structure a 10 ans maintenant.
La cuniculture est-elle une activité qui nourrit son homme ?

Je dirais oui, sans hésiter. Vous savez, dans toute activité, pour peu qu’on la mène avec rigueur et abnégation, on arrive à tirer son épingle du jeu. Pour le cas spécifique de la cuniculture, il y a des règles en la matière, des règles qui commencent déjà par le choix du site d’élevage, ensuite par le choix de la race à élever, suivi de bonnes pratiques d’élevage. En un mot, une personne qui arrive à avoir une bonne conduite de son élevage peut bien se nourrir de la cuniculture.
En termes de chiffres, peut-on avoir une idée du cheptel au Burkina Faso ? Que vaut la cuniculture dans l’économie nationale ?
Selon les données du ministère des Ressources animales et halieutiques, on dénombrait, en 2019, 110.198 têtes de lapin. Il est difficile aujourd’hui d’avoir des chiffres exacts, parce que beaucoup d’éleveurs sont encore dans l’informel, dans tous les sens du mot : ils ne sont pas répertoriés ou n’appartiennent pas à de structures formelles comme l’association « Cercle des Cuniculteurs », d’une part, et d’autre part, eux-mêmes dans leur façon de conduire leur élevage ne disposent pas de “registre de suivi du clapier” qui renferme toutes les données d’un élevage cunicole. Voici les raisons qui font qu’on ne peut pas avoir les chiffres exacts en la matière.
N’’empêche ! Pour ce qui est de l’association et de ses membres, il y a deux ou trois années de cela, nos estimations nous ont donné environ 500 millions FCFA de chiffres d’affaires. Mais ça, il y a quelques années, parce qu’en élevage, c’est très dynamique et les vérités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui. Ceux qui sont dans la filière arrivent à tirer leur épingle du jeu.
Vous êtes en train d’organiser la première édition de la foire du lapin. De quoi sera-t-il question ?
L’organisation d’évènementiels périodiques permet de réunir les différents acteurs autour d’une thématique pour lever les principaux obstacles dans une filière. L’organisation de cette foire répond à cet impératif pour nous. Mais avant d’en arriver là, il faut dire qu’il y a eu des prémices.On organisait la “Journée de sensibilisation sur les potentialités de la cuniculture”. C’était une rencontre d’une journée au cours de laquelle il y a une sensibilisation auprès des éleveurs, des investisseurs et de l’administration publique en faveur du secteur. On a tenu la première édition en 2021, à Ouagadougou, la deuxième édition en 2023, à Korsimoro.
C’est après le bilan de ces deux éditions que nous avons décidé, cette année, de passer maintenant à une « foire du lapin ». La première édition est prévue pour le 22 et le 24 mai à Ouagadougou, sous le thème « Contribution de la cuniculture dans l’atteinte de la souveraineté alimentaire au Burkina Faso ». La présente édition est placée sous le haut patronage du Dr Amadou Dicko, ministre délégué auprès du ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, chargé des Ressources animales, la présidence de M. Inoussa Ouédraogo, président de l’Union nationale des producteurs semenciers du Burkina, et le parrainage de M. Salif Nikièma, promoteur du centre de formation professionnelle aux métiers émergents Bangr-nooma.
Quels sont les objectifs de cette foire ?
En décidant d’organiser cette manifestation, nous, les éleveurs, avons pour objectif principal de sensibiliser les éleveurs, les investisseurs, les agents de l’administration publique pour le développement de la filière. De façon spécifique, il s’agira donc d’interpeller l’État à soutenir la filière ; de promouvoir la cuniculture auprès des potentiels investisseurs au Burkina ; de susciter l’engouement auprès des jeunes et femmes à entreprendre dans la filière et de faire connaître davantage notre association.
Un mot à l’endroit de la population ?
Cette foire du lapin est un rendez-vous du donner et du recevoir. Je voudrais inviter la population de Ouagadougou à effectuer massivement le déplacement au niveau de la cour qui abrite le cabinet du ministre délégué chargé des Ressources animales, dans le quartier Paspanga, au centre-ville. Les éleveurs seront là et ils pourront en apprendre davantage sur la cuniculture. Pour les habitués de la viande de lapin, ce sera l’occasion de faire des provisions, et pour ceux qui n’ont pas encore goûté cette viande, c’est une opportunité à saisir.o
Martin SAMA
Espace gastronomique pour les visiteurs
«Il y a trois principales activités au programme. La première activité est organisée en collaboration avec l›Agence de soutien aux veuves, aux orphelins et aux victimes de guerre (ASVOVIG). Elle consiste à former des veuves, des orphelins et des victimes de guerre sur la technique d’élevage des lapins et de doter les plus assidus de kits d’élevage pour faciliter leur installation. Et là, c’est une contribution des cuniculteurs aux côtés des autorités pour la création d’activités génératrices de revenus pour les veuves, les orphelins et les victimes de guerre.
La deuxième activité est l’exposition-vente. Un espace sera aménagé dans la cour abritant le cabinet du ministre délégué chargé des Ressources animales, avec des stands où ceux qui vont effectuer le déplacement pourront voir et avoir les différents types de cages d’élevage, plusieurs races de lapins, du matériel d’élevage, échanger avec les éleveurs…. Bien sûr, il y aura aussi un espace gastronomique où on pourra déguster du lapin en toute quiétude avec sa famille, ses amis, pendant le temps que va durer cette foire.
La première assemblée générale ordinaire de l’association « Cercle des Cuniculteurs » de l’année 2026 constitue la troisième activité majeure de cette foire. Il s’agira pour les membres de la structure de faire le bilan moral et financier de l’année écoulée et de donner les directives au bureau exécutif pour les activités à venir pour le reste de l’année 2026 », a déclaré Dr Sandaogo Hamidou Ouandaogo, SG du Cercle des Cuniculteurs.


