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Marché régional Plus de 1.100 milliards FCFA levés en mars

• Par les pays de l’UEMOA, sur le marché par adjudication

• Un volume en baisse de 16% par rapport à février 2026

• Le coût des emprunts en baisse

«Au cours du mois de mars 2026, les opérations sur le marché régional de la dette publique se sont soldées par une augmentation du montant global des émissions et une baisse des coûts d’emprunts ». C’est ce qu’affirme la note de conjoncture économique dans les pays de l’UEMOA, du mois d’avril 2026, publiée mi-mai par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Ce document retrace les évolutions macroéconomiques des Etats de l’Union et offre des perspectives pour les mois à venir. Pour cette édition d’avril, les données compilées sont celles du mois de mars 2026 et concernent plusieurs secteurs d’activités, dont celui de la dette publique. A ce niveau, la note dresse 2 constats majeurs.

Baisse de 16% des ressources mobilisées en mars

La première porte sur le marché par adjudication. C’est le compartiment réservé aux émissions et transactions de titres publics (bons et obligations du Trésor) pour le financement des États de l’UEMOA. Il est géré par l’agence UMOA-Titres. Après leur émission sur le marché par adjudication, ces titres peuvent être admis à la cote de la BRVM et échangés sur le marché secondaire via une Société de gestion et d’intermédiation (SGI).  Et sur le marché, les ressources levées au cours du mois de mars 2026 par les Etats membres de l’Umoa se sont élevées, en termes bruts, à 1.132,1 milliards, dont 483,5 milliards de bons du Trésor (42,7%) et 648,6 milliards d’obligations du Trésor (57,3%).

Ces ressources mobilisées ont baissé de 215,9 milliards ou 16% par rapport à février 2026. Pour la BCEAO, cette variation s’explique par la diminution des émissions d’obligations (-302,3 milliards ou -31,8%), partiellement compensée par la hausse de celles des bons (+86,4 milliards ou +21,8%). En plus de l’évolution mensuelle, la note de conjoncture a aussi dressé l’évolution annuelle sur le marché par adjudication des Etats de l’UEMOA. Il en ressort un volume des émissions en progression de 15,4% entre mars 2025 et mars 2026. De plus, note le document, « le taux de couverture global des émissions par adjudication a augmenté pour ressortir à 253,5%, contre 155,2% le mois précédent ».

Le second constat relevé dans le document porte sur le compartiment par syndication. Celui-ci désigne la procédure d’émission de titres publics par les Etats de l’UEMOA, via un syndicat de placement. Il s’agit d’une méthode de levée de fonds où l’émetteur (Etat) mandate un groupe d’établissements financiers, appelés arrangeurs et syndicat de placement (SGI), pour placer des obligations ou des bons du Trésor auprès des investisseurs à un prix ou un taux consensuel.

Tableau 8 : Évolution des taux d’intérêt des émissions de titres par les États (PAGE 18)

Et pour le mois de mars, le compartiment par syndication du marché régional des titres publics a enregistré deux opérations, pour un montant global de 704,2 milliards, contre 100 milliards le mois précédent, soit une hausse de 604,2 milliards FCFA. S’agissant des conditions d’emprunt, le rendement moyen pondéré des obligations émises par syndication a baissé de 26 points de base, d’un mois à l’autre, pour s’établir à 6,23%. Au total, les pays de l’Union ont mobilisé, au cours du mois sous revue, 1.836,3 milliards sur le marché financier régional, correspondant à une hausse de 26,8% (+388,3 milliards) par rapport au mois de février 2026. Comparativement au mois de mars 2025, les ressources mobilisées laissent apparaître une progression de 11,7% (+192,7 milliards).

De plus, le taux d’intérêt moyen pondéré des bons a reculé pour s’établir à 5,92% en mars 2026, contre 6,69% en février 2026. Le rendement moyen pondéré des émissions obligataires s’est aussi replié pour ressortir à 7,58% en mars 2026. Par rapport à la même période de l’année 2025, les coûts des mobilisations des emprunts publics ont également diminué sur les deux segments. Le taux d’intérêt moyen pondéré des bons s’est contracté, tandis que le rendement moyen pondéré des obligations a fléchi. Ces évolutions sont imputables au renforcement de la liquidité sur le marché financier régional qui s’est traduite par l’augmentation des taux de couverture au cours du mois sous revue.

NK

Taux d’inflation : une prévision de 1,4% pour mai 2026

Sur la hausse des prix, la BCEAO estime que le taux d’inflation en glissement annuel au sein de l’Union devrait ressortir à 1,1% en avril 2026, avant d’atteindre 1,4% en mai 2026. Ces perspectives d’inflation intègrent le relèvement des tarifs des produits pétroliers en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et au Mali, ainsi que leurs répercussions sur les prix du transport et des produits alimentaires. Cette évolution traduirait les effets des perturbations de la chaîne de distribution des produits alimentaires, liées à la persistance de l’insécurité dans certaines zones de l’Union et l’impact de la crise au Moyen-Orient, à travers, notamment, le renchérissement des produits pétroliers et du fret. Néanmoins, cette orientation haussière pourrait être partiellement contenue par un approvisionnement satisfaisant des marchés en produits céréaliers, favorisé par les bonnes récoltes de la campagne agricole 2025/2026. Elle pourrait également être atténuée par les mesures que prendraient certains États en riposte aux impacts négatifs des tensions au Moyen-Orient.

 

 

 

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