
• Plus de 147 milliards FCFA pour les caisses de l’Etat
• Une production d’or en hausse
• Un investissement social axé sur l’éducation, la santé…
La société australienne West african resources (WAF), société détentrice des mines de Kiaka et Sanbrado, a rendu public son rapport trimestriel du deuxième trimestre 2026. Dans ce document d’une dizaine de pages, on retient que la société annonce une production d’or record de 125.179 onces. Un rythme de production atteint grâce à ses deux grands sites de production d’or, Sanbrado et Kiaka. L’usine de traitement de Sanbrado a continué d’afficher de solides performances au deuxième trimestre, ce qui a permis de produire 57.608 onces d’or, en augmentation de 37 % par rapport au trimestre précédent. Quant à la mine de Kiaka, elle a produit 67.571 onces d’or.
Au-delà de cette performance industrielle, le document évoque aussi les retombées économiques pour le Burkina Faso. Plusieurs centaines de millions de dollars australiens ont été reversés à l’État sous forme d’impôts, de redevances et de dividendes, tandis que les discussions se poursuivent autour de l’entrée de la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB) au capital de Kiaka SA.
Des versements importants au gouvernement du Burkina
«Le Groupe a effectué des versements importants au gouvernement du Burkina Faso, au cours du trimestre, notamment : des dividendes prioritaires de 15 % d’un montant de 67 millions de dollars australiens (~48 millions de dollars américains) ; l’impôt sur les sociétés pour 2025 (net des acomptes déjà versés au cours des trimestres précédents) d’un montant de 124 millions de dollars australiens (~89 millions de dollars américains) ; des redevances de 77 millions de dollars australiens (environ 54 millions de dollars américains) et des retenues à la source de 97 millions de dollars australiens (environ 70 millions de dollars américains) sur les dividendes rapatriés par WAF depuis les filiales d’exploitation du Groupe au Burkina Faso », peut-on lire dans le rapport. Converti en monnaie locale, ce montant reversé à l’Etat burkinabè, selon WAF, équivaut à environ 147,63 milliards FCFA (sur la base d’un taux indicatif de 1 dollar australien pour environ 398,78 FCFA).
Dans son rapport trimestriel couvrant la période d’avril à juin 2026, la compagnie minière indique avoir effectué, au cours du trimestre, plusieurs paiements liés à ses obligations fiscales au Burkina Faso. Ce chiffre ne correspond pas à un versement unique au budget de l’État. Il regroupe plusieurs catégories de contributions fiscales et assimilées liées aux activités burkinabè du groupe et encadrées par la loi n° 016-2024/ ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso, ainsi que le Code général des impôts. Ces contributions s’articulent principalement autour de dividendes prioritaires, de l’impôt sur les sociétés, des redevances minières et des retenues à la source.
Impôts, redevances et retenues à la source : des mécanismes de captation de la richesse minière.
Selon le rapport trimestriel, West african resources a versé, au titre des dividendes prioritaires, 15% d’un montant de 67 millions de dollars australiens (26,719 milliards FCFA). Selon les calculs de L’Economiste du Faso, l’Etat a ainsi engrangé plus de 4 milliards FCFA au titre des dividendes prioritaires, sur la base des informations inclues dans le rapport. Ces dividendes sont les prélèvements prioritaires sur le bénéfice distribuable avant toute autre répartition ou réserve. Son taux égal à la quote-part exacte de participation de l’État dans le capital social de la société d’exploitation. Il est versé en priorité absolue à l’État dès qu’un bénéfice net distribuable est constaté.
En plus de ces dividendes prioritaires, West african resources affirme avoir versé à l’Etat burkinabè, au titre de l’impôt sur les sociétés pour 2025, un montant de 124 millions de dollars australiens, soit environ 49.450 milliards FCFA. Le groupe australien affirme qu’il s’agit du net des acomptes déjà versés au cours des trimestres précédents. Au Burkina Faso, l’impôt sur les sociétés (IS) s’applique aux bénéfices réalisés par les entreprises minières au taux standard de 27,5 %. Cet impôt de droit commun est géré par la Direction générale des Impôts et alimente directement le budget de l’État. La base imposable est calculée sur le bénéfice net réalisé par la société minière de droit burkinabè pendant l’exercice comptable.
La société détentrice des deux filiales, Kiaka et Sanbrado, explique avoir versé aussi des redevances de 77 millions de dollars australiens, soient 30,707 milliards FCFA. Au Burkina Faso, les redevances minières (ou royalties) sont des taxes payées par les sociétés sur la valeur des produits extraits et vendus. Leurs taux varient selon le type de minerai et, pour l’or, s’ajustent de façon progressive en fonction des cours mondiaux sur le marché de l’once d’or. La révision du Code minier a instauré un lien direct entre le Fonds minier de développement local (FMDL) et le Fonds de soutien patriotique (FSP) : 85 % des 20 % de la redevance versée au FMDL et 20 % de la contribution de 1 % du chiffre d’affaires des mines sont redirigés vers le FSP.
Au titre des paiements liés à ses obligations fiscales au Burkina Faso, la dernière information contenue dans le rapport évoque des retenues à la source de 97 millions de dollars australiens sur les dividendes rapatriés par WAF depuis les filiales d’exploitation du Groupe au Burkina Faso. Ainsi, cette retenue à la source concerne plus de 38,68 milliards FCFA. Au Faso, celle-ci concerne principalement la fiscalité des prestations, des fournisseurs et le durcissement récent de la TVA, dont le taux de retenue à la source est passé de 20 % à 30 % en 2026. Les sociétés minières et leurs sous-traitants doivent appliquer ces prélèvements obligatoires pour le compte de la Direction générale des Impôts (DGI).
Sur la base de ces déclarations, le montant des paiements fiscaux et assimilés déclarés par WAF au 2e trimestre 2026 s’élève à 122,83 milliards FCFA pour le compte de l’Etat burkinabè.
Acquisition par la SOPAMIB d’une participation de 25% dans Kiaka SA
Au-delà de ces contributions financières, le rapport met en lumière un autre dossier stratégique : celui de la SOPAMIB. Créée par les autorités burkinabè pour renforcer la participation de l’État dans les projets miniers jugés stratégiques, la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB) poursuit ses discussions avec WAF en vue d’acquérir 25 % du capital de Kiaka SA pour un montant de 70 milliards FCFA. Cette opération, attendue d’ici la fin de l’année 2026, selon le Groupe, modifierait sensiblement la structure de l’actionnariat. WAF, qui détient actuellement 85 % de Kiaka SA, contre 15 % pour l’État, verrait sa participation ramenée à 60 %, tandis que la SOPAMIB deviendrait actionnaire à hauteur de 25 %, aux côtés de l’État qui conserverait ses 15 %. Bien plus qu’une simple opération financière, cette évolution traduirait la volonté des autorités burkinabè d’accroître leur présence au capital des grands projets miniers, afin de capter une part plus importante de la valeur créée par l’exploitation des ressources nationales.

ESS
Investissement social de West african resources au Burkina Faso
Au deuxième trimestre, les activités d’investissement social ont continué de se concentrer sur l’éducation, la santé et le développement économique, et ont notamment porté sur les points suivants :
Kiaka SA s’est associée à l’un de ses principaux fournisseurs, Oryx, pour construire une école maternelle dans la ville de Gogo. Les travaux avancent comme prévu et sont achevés à plus de 70 %.
Parmi les personnes concernées par le projet ayant suivi le programme de formation professionnelle, 76 % ont créé leur propre entreprise et/ou poursuivent leurs études auprès d’organisations partenaires. Parmi les autres mesures de rétablissement des moyens de subsistance mises en œuvre, citons la formation de sept coopératives créées par Kiaka SA, qui ont reçu une formation sur la production de biofertilisants. Ces amendements agricoles contiennent des micro-organismes vivants destinés à améliorer la fertilité des sols et à favoriser la croissance des plantes de manière durable et respectueuse de l’environnement, réduisant ainsi considérablement, voire éliminant le recours aux engrais synthétiques.
Environ 90 % des ménages ont emménagé dans leurs nouvelles habitations récemment construites sur le site de réinstallation permanente de Toega. La construction de l’école primaire de Kinkirgou devrait débuter dans les mois à venir.
Avant le début du transport du minerai de Toega vers l’usine de traitement de Sanbrado, un plan de consultation des parties prenantes est mis en œuvre, afin de gérer les risques liés à la route de transport du minerai. Cela comprend l’organisation de réunions communautaires dans les villages voisins, afin d’informer et de sensibiliser les membres de la communauté.
Source : Rapport trimestriel du deuxième trimestre 2026, WAF
Point sur le gisement aurifère de Toega
Au cours du deuxième trimestre, la construction de l’atelier de maintenance mobile, des bureaux et des infrastructures annexes s’est poursuivie conformément au calendrier prévu, l’achèvement des travaux étant attendu au troisième trimestre. La construction de la route de transport est désormais achevée, et un entrepreneur local a été retenu pour assurer le transport du minerai vers Sanbrado.
Les activités d’exploitation à ciel ouvert de Toega se sont poursuivies au cours du trimestre à l’aide des équipements miniers appartenant à WAF. Les activités minières ont continué de se concentrer sur le décapage de préproduction de la fosse à ciel ouvert de la phase 1 de Toega, avec également quelques opérations de déplacement de stériles au sein de la fosse de la phase 2, afin d’utiliser les matériaux excavés disponibles, alors que l’approvisionnement en explosifs reste limité. La fosse de la phase 1 accuse actuellement un retard par rapport au calendrier prévu, et la livraison du minerai à l’usine de Sanbrado devrait être retardée. Un programme de forage d’intercalation de 135.00 m ciblant la ressource souterraine de Toega est en cours ; les résultats devraient être publiés au troisième trimestre.



