• Près d’une dizaine d’entreprises en début 2026
• Une niche d’emplois, au profit des jeunes et des femmes
• Le secteur privé joue à fond sa partition
Entre nationalisation et restructuration des unités industrielles, le gouvernement burkinabè entend faire des unités industrielles un pourvoyeur de création d’emplois au Burkina Faso. Fait notable de cette “révolution” industrielle en marche : l’Etat a décidé de mettre l’accent sur des unités de transformation des produits locaux. Toute chose qui a pour avantage de réaliser la souveraineté économique, d’inverser la balance commerciale du pays et surtout de créer de la valeur ajoutée. C’est ainsi que, comme une course contre la montre, de nombreuses unités industrielles sont en construction, certaines achevées et d’autres déjà en activité. Pour atteindre son objectif, l’Etat burkinabè s’est s’appuyé sur le secteur privé, à travers le partenariat public-privé (PPP), moteur de croissance et générateur de milliers d’emplois, pour créer sa richesse nationale. Zoom sur quelques unités économiques inaugurées ce premier semestre de 2026 ou en construction.
L’Etat opte pour des unités de transformation
Dans le souci “d’acquérir” sa souveraineté sanitaire”, l’Etat burkinabè a encouragé un promoteur privé à mettre en place une unité de production de dispositifs de protection médicaux (CONSOMED). Depuis le 28 avril 2026, cette unité sanitaire a été inaugurée. Pour le promoteur, « la création de cette unité de production de dispositifs médicaux répond à une logique stratégique : sécuriser les approvisionnements, réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur et améliorer durablement l’accessibilité des populations aux produits de santé ».
Bientôt, le Burkina Faso va disposer d’une deuxième usine de transformation de la farine du blé appartenant à la minoterie du Faso (MINOFA), installée à Bobo-Dioulasso. L’état d’avancement des travaux de construction et d’installation des équipements de l’usine de production de farine du blé a été réalisé, le 24 avril dernier, par le ministre en charge de l’industrie. Depuis la renaissance de la Société Nouvelle-Brasseries du Faso (SN-BRAFASO) dont le lancement des activités a eu lieu le 25 novembre 2025, l’Etat a décidé de disposer d’une deuxième brasserie étatique.
Sur ce, il est prévu que la capitale économique, Bobo-Dioulasso, abrite, dans les prochains mois, une autre usine de la SN BRAFASO. Du reste, des instructions ministérielles ont été données le 14 mars 2026, pour accélérer le processus du démarrage effectif des travaux. Depuis le premier trimestre 2026, les consommateurs burkinabè peuvent s’approvisionner de l’huile raffinée de soja, destinée à la consommation humaine, et du tourteau de soja pour l’alimentation animale et avicole. Cette prouesse est d’un promoteur privé à travers sa Société industrielle d’agroalimentaire pour la transformation des oléagineux (SIATOL).
Mettre l’accent sur les manufactures et l’artisanat
Pour créer de la valeur ajoutée sur la production de pomme de terre, le gouvernement a pris l’initiative de se doter, depuis le 1er mars 2026, d’une Société de commercialisation et de transformation de produits agricoles (SOCOTRA SA) à Ouahigouya. Première infrastructure du genre dans la localité, dédiée à la conservation, au stockage et à la transformation des produits maraîchers, particulièrement la pomme de terre et ses produits dérivés.
En plus de ces acquis, il y a les différentes unités économiques exerçant dans l’agroalimentaire (SOFATO et SOBTO) et le secteur minier (Bielméra Mining) qui sont en train de voir le jour à Yako, à Bobo-Dioulasso, à Tenkodogo et à Gaoua, grâce à l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC). La finalité de toutes ces unités industrielles, c’est de permettre la création de milliers d’emplois directs, indirects, permanents et temporaires au profit des femmes et des jeunes.
Au-delà de tous ces acquis, le Plan national de développement (PND- 2026-2030), rendu public en janvier 2026, souligne que l’Etat burkinabè doit mettre l’accent sur la relance de l’industrie manufacturière et l’artisanat, pour permettre aux potentiels investisseurs de doter le pays d’unités économiques, afin d’accroître sa contribution à la création de richesses et d’emplois décents. Après la capitale Ouagadougou, qui a sa Zone d’activités diverses (ZAD), Bobo-Dioulasso sera bientôt dotée de sa ZAD. Elle vise, entre autres, à renforcer le développement économique, à contribuer à l’amélioration de la mobilisation des recettes de l’État et à créer des emplois décents pour les jeunes.
Ambéternifa Crépin SOMDA
Transformation structurelle de l’économie
9 filières stratégiques identifiées pour l’Offensive industrielle (2026-2028) :
– le maïs ;
– le riz ;
– le karité ;
– l’anacarde ;
– le sésame ;
– la tomate ;
– la mangue ;
– le cotontextilehabillement ;
– et le soja.
Ces chaînes de valeur ont été retenues pour leur fort potentiel de création de richesse, de génération d’emplois et de substitution aux importations.
Le défi du développement infrastructurel et de la
transformation de l’économie requiert :
• l’amélioration de la productivité agrosylvopastorale et halieutique ;
• la réduction de la dépendance du pays vis-à-vis des importations alimentaires ;
• l’accroissement de la contribution des ressources forestières et fauniques à • la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi qu’à la santé ;
• l’amélioration de la couverture nationale en infrastructures de communications électroniques ;
• l’approvisionnement des agro-industries par les 34 productions locales ;
• l’amélioration de l’accès aux services des secteurs d’appui à l’industrialisation;
• le développement de l’industrie manufacturière ;
• l’amélioration de la mobilité des personnes et des marchandises sur les plans national et international ;
• (ix) l’inclusion financière et le financement adéquat de l’économie nationale.o
Source : Rapport PND (2026-2030)


