Industries culturelles créatives: Canal Olympia Yennenga devient le Centre culturel du Faso

• Environ six mois après fermeture de Canal Olympia
• La programmation cinéma comme priorité • L’expertise nationale saluée par le gouvernement

Après la fermeture de la page Canal Olympia Yennenga Ouaga 2000, il n’aura fallu que quelques mois d’attente pour voir une nouvelle s’ouvrir. Vous l’aurez deviné, cet ancien espace culturel de référence de la capitale a fait place à du neuf : le Centre culturel du Faso (CCF), dont le lancement officiel des activités a eu lieu dans la soirée du 16 mai 2026. Ce fut en présence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Le CCF est un espace dédié, en premier lieu, à la projection cinématographique. Mais il intègre également : une salle de spectacles d’environ 2 500 places, moderne et modulable, pour accueillir les plus grands évènements ; une salle de conférences modulable de 3 000 places dédiée aux grandes rencontres et au tourisme d’affaires ; un écosystème communautaire intégrant un espace de coworking pour la jeunesse créative, une zone sport-danse et un espace d’épanouissement pour les enfants ; un restaurant de 1 000 places.

Il faut dire que l’ouverture du CCF est l’aboutissement d’un processus de rétrocession de l’ex-Canal Olympia Yennenga, et la fermeture de cet espace en novembre 2025 n’était qu’une étape de ce processus. Mais si le projet du CCF est aujourd’hui une réalité, c’est grâce à une expertise nationale portée par la société Gnandôrô Vision de l’homme d’affaires et Président de la Délégation spéciale consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, Roland Achille Sow. Selon lui, l’ambition est de faire de ce centre un espace « totalement inclusif ». « Nous voulons que le réalisateur burkinabè s’y sente chez lui, que le danseur y trouve ses marques, que l’entrepreneur culturel y innove et que les familles s’y rassemblent », a expliqué Roland Achille Sow.

Bien plus que l’infrastructure et la nouvelle dénomination, le CCF traduit, en quelque sorte, une profession de foi du secteur privé en la culture et au cinéma burkinabè. « Lorsque la SONATUR a lancé cet appel à candidatures, la société Gnandôrô Vision n’a pas simplement vu une opportunité immobilière ou commerciale. Nous y avons vu un devoir national. Le devoir de maintenir allumé le flambeau du cinéma en ces lieux. Notre but est d’offrir au Burkina Faso un complexe culturel digne de son statut de leader culturel africain », a déclaré Roland Sow. Pour lui, reprendre le flambeau de la mythique salle Canal Olympia Yennenga revient à honorer « un précieux héritage de divertissement et de partage ».
Pour le gouvernement, le passage de l’ex-Canal Olympia Yennenga à une nouvelle identité est hautement symbolique. Explications du ministre Gilbert Ouédraogo : « Cette transition épouse, en premier lieu, les idéaux de la Révolution progressiste populaire qui entend aboutir à un réarmement culturel, gage d’un développement inclusif, durable, d’une reconquête des imaginaires et des consciences et à l’avènement d’une industrie culturelle nationale forte. En deuxième lieu, cette démarche démontre à dessein que l’expertise, l’ambition et les capitaux burkinabè sont aptes à porter le développement de nos industries culturelles et créatives de manière générale, et l’industrie cinématographique et audiovisuelle de façon particulière ». Et d’ajouter : « Elle signifie que lorsque des citoyens et chefs d’entreprise burkinabè décident d’investir dans la culture, c’est un véritable signal de résilience et un véritable levain pour construire la souveraineté culturelle qui nous est si chère ».
Béranger KABRE (Collaborateur)
Du cinéma accessible et centré sur du contenu local comme priorité
En attendant que l’ensemble des infrastructures prévues sur le site soient pleinement opérationnelles, l’administration du CCF affiche comme priorité la programmation du cinéma. « Nous avancerons par étapes, mais notre priorité immédiate reste une programmation du cinéma de premier ordre, accessible et centré sur le contenu local et africain », a déclaré Roland Achille Sow.


