Economie

Energie, mines et hydrocarbures: le potentiel immense de l’AES

• Un sous-sol abondant et varié, encore sous-exploité

•  L’or concentré au Mali et au Burkina

• Avec ses 110.000 barils/j, le Niger s’impose dans le secteur pétrolier

Qu’y a-t-il réellement sous les 2.782.438 km² de superficie qui forment la Confédération des Etats du Sahel, laquelle regroupe le Burkina Faso, le Niger et le Mali ? Cette question était au centre d’une conférence publique, tenue le 14 septembre 2026, à Ouagadougou, en ouverture de la 8e Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO 2026), couplée à la première édition de la Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES. Sous la modération du Pr Séta Naba, trois communications ont mis en lumière les potentialités du Burkina Faso, du Mali et du Niger en matière de ressources minières, d’énergie et d’hydrocarbures.

Dr Abdoulaye Compaoré (debout), tout comme les autres communicateurs, a mis en avant un « potentiel immense » des pays de l’AES. (Ph. Yvan Sama)

Il est ressorti des différents exposés que les trois pays réunis, ou pris individuellement, disposent d’un potentiel considérable. Le Directeur national de la Géologie et des Mines du Mali, Issa Coulibaly, a présenté le sous-sol confédéral comme aussi abondant que varié en termes de ressources. Particularité, l’activité minière occupe une place centrale, et l’or reste le pilier du secteur extractif. C’est surtout le cas au Mali et au Burkina Faso, qui se situent dans la même moyenne de production industrielle annuelle, à savoir 50 à 65 tonnes. Le Niger, lui, se positionne mieux dans l’uranium, selon Issa Coulibaly. En effet, le pays détient 521.248 tonnes de réserves de ce minerai, ce qui représente 36 % des réserves africaines et 5 % de la production mondiale. 

S’agissant des minéraux dits de la transition, l’espace confédéral n’est pas non plus en reste. Figure parmi le potentiel sous-régional, le lithium, notamment au Mali, avec les mines de Goulamina et Bougouni. Ces deux zones concentrent des réserves dépassant les 200 millions de tonnes. Le sous-sol confédéral est aussi riche en bauxite, avec notamment plus de 2 milliards de tonnes de réserves dans la zone de Kayes. Le manganèse est aussi présent, avec 15 millions de tonnes de réserves à Tambao, au Burkina, et 10 millions de tonnes à Ansongo/Takabote. Les trois pays sont également riches en phosphates, dont 60 millions de tonnes à Kodjoari au Burkina, 20 millions de tonnes à Bamba/Tilemsi au Mali. L’ensemble des trois pays totalisent des millions de tonnes de réserves de fer. Idem pour le charbon (plus de 200 millions de tonnes au Niger), le sel ainsi que les calcaires et les marbres industriels.

Une variété de ressources sous le sol confédéral

Le potentiel énergétique confédéral mérite tout aussi de l’attention. Rien que pour l’énergie solaire, le potentiel des trois pays est estimé à 95,9 GW, selon Dr Abdoulaye Compaoré. Une immensité que complète la biomasse dont le potentiel régional est d’environ 21 GW, dont 16,6 GW pour le Niger, 2, 2 pour le Burkina Faso et 2, 1 pour le Mali. Le potentiel éolien, 1,9 GW pour le Burkina, est relativement marginal. Sur le plan de l’exploitation, les pays misent beaucoup plus dans l’hydroélectricité dont la capacité flexible est de 1.050 MW au Mali, 148 MW au Burkina Faso et 130 MW au Niger.

Les experts s’accordent sur un constat, le potentiel des trois pays est jusque-là très peu exploité. Le fossé entre le potentiel solaire et le niveau d’exploitation actuel en est l’illustration parfaite. En effet, sur près de 100 GW estimés pour l’ensemble de la région, le Burkina Faso, par exemple, n’exploite qu’à peine environ 206 MW, soit 0,21 % de ce potentiel régional. Cette sous-exploitation impacte négativement l’accès à l’électricité qui est de 49,5 % au Mali, 34 % au Burkina Faso et 21 % au Niger.

Pour rappel, la 8e Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest, couplée à la 1re Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES se tient du 14 au 19 septembre 2026, sur le site du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou. Le thème retenu est : « Gouvernance et ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les Etats africains ».

Béranger KABRE (Collaborateur)

 

Le Niger, géant pétrolier au sein de l’AES

Quid du secteur pétrolier et gazier de l’espace confédéral? Celui-ci est loin d’être marginal de par son potentiel, essentiellement localisé au Niger. D’après l’expert pétrolier et Directeur du cadastre, de l’exploration et de la promotion pétrolière du Niger, Ibrahim Kimba, son pays dispose d’un vaste domaine sédimentaire. Selon lui, ce domaine couvre plus des deux tiers du territoire nigérien, notamment dans ses parties est et ouest. Et en termes d’exploitation, les capacités nationales ne sont pas moins importantes. En effet, le Niger produit actuellement 110.000 barils/jour, dont 90.000 barils/jour sont destinés à l’exportation, via le pipeline d’interconnexion de 2.000 km qui le relie aux côtes béninoises. Et à travers le pays, 45 blocs pétroliers sont recensés, dont 35 déjà ouverts à l’exploration.

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