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Amitié et coopération Chine-Burkina: le 5e colloque se tient à Ouagadougou

• L’AC-SiB explore le processus de la modernisation chinoise

• Au cours d’un colloque international tenu à Ouagadougou

• S’inspirer du modèle chinois pour développer le Faso

La cinquième édition du colloque de l’Association d’amitié et de coopération sino-burkinabè (AC-SiB) s’est tenue le 12 septembre 2026, à Ouagadougou, sous le thème : «Processus de modernisation à la chinoise : enseignements et perspectives pour la Révolution progressiste populaire».

Pour les organisateurs, qui ont voulu créer un cadre d’échanges, l’expérience de la Chine qui est devenue, aujourd’hui, un bel exemple en matière d’industrialisation, de lutte contre la pauvreté et de développement pourra fournir des pistes de réflexion au Burkina Faso.

Comprendre plutôt que copier

Abdoul Razahagou Déné, président n
ational de l’Association d’amitié et de
coopération sino-burkinabè (AC-SiB). (DR)

Le colloque a réuni plusieurs acteurs de la coopération sino-burkinabè. Parmi eux, des Burkinabè qui ont pu apprécier de visu le développement chinois. Pour le président national de l’Association d’amitié et de coopération sino-burkinabè, Abdoul Razahagou Déné, il s’agira de s’inspirer des méthodes déployées par l’Empire du milieu pour atteindre ce niveau de développement. « L’objectif de ce colloque est justement de permettre au Burkina Faso de comprendre comment la Chine a procédé au cours de sa période révolutionnaire, comment elle a lutté contre la pauvreté et comment elle a engagé son processus de développement », a-t-il indiqué.

Pour lui, il ne s’agira pas de tout prendre du modèle chinois : « Il ne s’agit pas de copier le modèle chinois, mais de comprendre comment les Chinois ont procédé et de voir ce qui peut être adapté à notre propre contexte ».

L’industrialisation constitue, notamment, l’un des principaux sujets d’intérêt. Selon le président de l’association, la Chine a connu une trajectoire de développement qui lui a permis de passer d’un pays pauvre à une grande puissance économique. Cette transformation est présentée comme une source potentielle d’enseignements pour les pays en développement.

La lutte contre la pauvreté comme un secret du modèle chinois

Les participants au colloque ont réfléchi sur l’apport du modèle chinois
au développement du Burkina Faso. (DR)

Au-delà de l’industrie, la lutte contre la pauvreté occupe une place importante dans la stratégie chinoise. Selon Li Qi, ministre conseillère à l’Ambassade de la République de Chine au Burkina Faso, son pays a aussi connu des niveaux importants de pauvreté, avant d’engager sa transformation économique. Pour elle, l’expérience chinoise montre que la pauvreté ne constitue pas nécessairement une fatalité. Elle estime, toutefois, que les résultats obtenus reposent sur plusieurs conditions, notamment la mobilisation, l’unité et la détermination. Cette expérience est présentée comme une matière à réflexion pour les pays africains confrontés à des défis de développement. Cependant, le développement ne saurait être une problématique exclusivement africaine. Dans son intervention, la ministre conseillère rappelle qu’il s’agit d’une préoccupation qui concerne l’ensemble de la communauté internationale.

Accélérer le processus de transformation

Pour les responsables de l’association, la coopération avec la Chine pourrait également contribuer à accélérer certains processus au Burkina Faso. Le président de l’association estime que l’expérience chinoise peut permettre au pays de gagner du temps en matière d’apprentissage et de développement des capacités productives.

Le Burkina Faso pourrait ainsi analyser les différentes étapes du développement chinois, identifier celles qui correspondent à ses propres besoins et chercher à les adapter à son environnement économique. Cette approche renvoie à plusieurs enjeux actuels : industrialisation, transformation des matières premières, production locale, développement des infrastructures, formation de la main d’œuvre et création d’emplois.

Aussi, pour les organisateurs du colloque et les participants, le développement économique doit permettre de créer des perspectives pour une population jeune, en favorisant l’emploi, l’entrepreneuriat et l’acquisition de compétences.

La Chine peut assister le Burkina Faso dans sa quête de souveraineté et de développement

La coopération entre le Burkina Faso et la Chine est présentée comme un cadre pouvant favoriser le partage de connaissances et d’expériences. Le colloque a été un espace où différents acteurs peuvent confronter leurs analyses sur le développement chinois et réfléchir à leur éventuelle transposition dans le contexte burkinabè. Pour les organisateurs, ces échanges doivent surtout contribuer à élargir les perspectives de la jeunesse burkinabè et à susciter une réflexion sur les moyens de renforcer les capacités économiques nationales. La cinquième édition du colloque sino-burkinabè entend contribuer à cette réflexion en apportant aussi une réponse. En mettant la modernisation chinoise au centre des discussions, les organisateurs veulent favoriser une meilleure connaissance de l’expérience de ce pays et encourager les acteurs burkinabè à penser aux possibilités d’adaptation.

Jacques Théodore BALIMA (Collaborateur)

Quelques chiffres clés de la coopération sino-burkinabè

Échanges commerciaux : le volume total des échanges bilatéraux de janvier à novembre 2025 a atteint 970 millions de dollars (plus de 547 milliards FCFA), soit une hausse de près de 51 % par rapport à l’année précédente.

Politique tarifaire : la Chine applique un tarif douanier de 0 % sur 100 % des produits taxables pour les pays africains partenaires, dont le Burkina Faso.

Investissements directs : à la fin de 2024, les investissements directs chinois s’élevaient à 17,64 millions de dollars, répartis dans le génie civil, le commerce et l’industrie.

Aide financière : une aide d’environ 17 milliards FCFA a été accordée par Pékin pour la réalisation de projets de développement.

Infrastructures et énergie : les travaux de la centrale solaire de 25 MW de Donsin ont débuté en juillet 2025, complétés par des accords de prêts pour l’accès à l’eau potable dans plusieurs villes.

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