• 67,8% de taux d’exécution global des activités statistiques
• Plusieurs acquis engrangés dans un contexte de défis
• Des innovations pour soutenir les ambitions
A l’horizon 2030, le Burkina Faso veut se doter d’un dispositif statistique « moderne, fiable et à la hauteur des exigences de la gouvernance publique ». L’atteinte de cette ambition passe nécessairement par l’évaluation des progrès accomplis jusque-là et la définition des perspectives à court et moyen terme. C’est selon ce principe que s’est tenue la première session ordinaire de l’année du Conseil national de la statistique, le 11 septembre 2026, à Ouagadougou. Cette session a réuni les services ministériels et des institutions en charge des données statistiques.

En 2025, les activités statistiques ont été réalisées avec un niveau d’exécution « satisfaisant », selon le Secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Vieux Rachid Soulama. Cela, malgré un contexte sécuritaire difficile, marqué par des crises multiples et les engagements résolus dans la reconquête du territoire et de la souveraineté nationale. En effet, le taux d’exécution global des activités statistiques s’établit à 67,8 %, contre 65,6 % en 2024. « À ces résultats s’ajoutent des avancées notables dans la rénovation de notre cadre législatif, institutionnel et organisationnel.
Selon le Secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, le système statistique national s’est renforcé, grâce au renforcement des capacités humaines, matérielles, technologiques et financières ; au développement et à la modernisation d’une production statistique adaptée aux besoins des utilisateurs ; à l’amélioration de la diffusion, de l’utilisation et de l’archivage des données et de la communication. Concrètement, 94 productions ont été réalisées en 2025, dont 12 annuaires régionaux. L’année écoulée a également été marquée par la mise en ligne des produits statistiques et la modernisation des sites web et plateformes de diffusion.
Le Directeur général de l’Institut national de la statistique et de la démographie a ajouté que plusieurs opérations d’envergure avaient été menées à bien en 2025. Et Toubou Ripama de citer, entre autres, la poursuite de la troisième édition de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages et le rebasage des comptes nationaux selon le Système de comptabilité nationale de 2008 et l’enquête nationale sur les services d’eau, d’hygiène et d’assainissement face au changement climatique.
Ces performances ont d’ailleurs été reconnues à l’international. En effet, le Burkina Faso a été classé premier en Afrique de l’Ouest et deuxième sur le continent (derrière le Maroc) au classement mondial de l’Open Data Inventory 2025, avec un score de 77 sur 100.
Des acquis, oui, mais des défis majeurs persistent, selon Vieux Rachid Soulama. Au premier rang de ceux-ci figure l’insécurité, qui continue de limiter l’accès à certaines zones du territoire, lors des opérations de collecte. C’est d’ailleurs en réponse à cela qu’une stratégie d’adaptation des méthodologies statistiques au contexte sécuritaire a été élaborée.
En termes de perspectives, le Programme statistique national se veut ambitieux. Selon Vieux Rachid Soulama, ce Programme prévoit, en 2027, des recensements et enquêtes de grande envergure au service du Plan Relance, des politiques sectorielles et des objectifs de développement durable. Son coût : 9,278 milliards FCFA, financés à plus de 47% par des ressources propres. 2027 sera, notamment, marquée par les activités préparatoires du 6e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), l’enquête multisectorielle continue, l’enquête permanente agricole et l’enquête nationale intégrée sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. L’opérationnalisation d’un Fonds de développement de la statistique devrait faciliter la réalisation de ces enquêtes.
Béranger KABRE (Collaborateur)
Des innovations à la hauteur des ambitions
Pour l’atteinte de ses ambitions de modernisation du dispositif statistique national, l’INSD est engagée sur deux innovations majeures. La première est un projet de création d’Observatoire national d’innovation statistique, conçu comme « un véritable outil de souveraineté statistique ». Sa raison d’être part d’un constat lucide : « nos grandes enquêtes, aussi rigoureuses soient-elles, ne livrent leurs résultats que 12 à 24 mois après la collecte, descendant rarement en deçà du niveau régional et se répètent à un rythme quinquennal, voire décennal. Or, les crises sécuritaires, financières et climatiques que traverse notre pays exigent un suivi continu, fin et réactif », a expliqué le DG de l’INSD. L’Observatoire vise une production plus fréquente, désagrégée jusqu’au niveau communal et fondée sur l’exploitation des mégadonnées et de l’intelligence artificielle. Il mobilisera de nouvelles sources, notamment l’imagerie satellitaire, les données de téléphonie mobile, les données issues du web et de la météo.
La deuxième innovation est le déploiement d’un centre d’appel dédié aux enquêtes par téléphone. Cet outil devrait permettre de diversifier nos modes de collecte, de réduire les délais et les coûts de production et d’atteindre des populations et des zones que le contexte sécuritaire rend parfois difficilement accessibles par les moyens classiques. À ces deux avancées s’ajoutent d’autres chantiers structurants : déploiement progressif de l’intelligence artificielle pour le suivi de la qualité des données, digitalisation des outils de collecte, la modernisation des plateformes de diffusion et de données ouvertes, pour ne citer que ceux-là.




