
• Entre master classes, forums et expositions, rencontres professionnelles
• Ils ont découvert la Chine dans sa diversité culturelle et sa richesse technologique
• Pour mieux aborder la mutation face aux nouvelles technologies

Séminaire pour les leaders des médias au Burkina Faso. Ainsi, l’immersion de 21 jours de responsables de médias en territoire chinois était-elle intitulée. Au total, 23 Burkinabè issus des médias publics et privés, de structures de formation, de Directions de communication ont séjourné en Chine du 7 au 28 août 2026, à l’invitation de la Coopération économique et technique internationale de radiodiffusion et télévision de Chine (China broadcasting international economic and techincal cooépartion (CBIC).

L’objectif ici recherché est de renforcer la coopération bilatérale à travers un partage d’expériences entre les médias chinois et burkinabè, et cela, afin d’écrire un nouveau chapitre dans les échanges sino-burkinabè. « La confiance politique s’est renforcée, les résultats de la coopération ont augmenté et les échanges sont en plein essor, écrivant un nouveau chapitre de solidarité, de coopération gagnant-gagnant et d’amitié », a d’ailleurs précisé le sous-Directeur régional de l’Administration nationale de la radio et de la télévision, Yang Yong, lors de la cérémonie d’ouverture de ce séminaire de formation, le 8 août. Les défis sont énormes aussi bien pour les médias chinois que burkinabè, a souligné le Directeur général adjoint de la China broadcasting international economic and techincal cooépartion (CBIC), He Dongbo. D’où selon lui, l’importance de ce séminaire de formation. « Nous estimons qu’à l’heure où la vague numérique transforme le monde, la coopération sino-burkinabè dans le secteur des médias ne se limite pas à un transfert de technologie, mais constitue un enrichissement mutuel de civilisation et une recherche de bénéfice partagé », a-t-il souhaité.
Le retour en classe

La Chine compte à ce jour 2.512 stations de radios et de télévisions, dont 2 sont implantées au niveau central, 30 dans les provinces, 333 dans les villes et plus de 2.000 dans les comtés. Lors de la conférence inaugurale, le sous-Directeur régional de l’Administration nationale de la radio et de la télévision, Yang Yong, a reconnu que dans son pays, les médias traditionnels éprouvaient d’énormes difficultés face à l’émergence des nouveaux médias, avaient donc de moins en moins d’influence, de téléspectateurs et de recettes. Le séminaire a proposé une série de cours fondamentaux structurés de manière systématique et exposant les mesures d’adaptabilité des médias chinois. Les modules étaient répartis entre l’impact des technologies numériques et les technologies des nouveaux médias.

Sur les bancs, les participants ont reçu des experts du secteur qui sont venus leur présenter les tendances du développement des médias à l’ère numérique ; des outils de génération multilingues tels que Deepseek et Wenxin Yiyan ; les concepts clés, l’architecture technique, les applications et les tendances de développement des technologies de media convergence ; les mécanismes de révision du contenu, les méthodes de vérification des faits dans un environnement des omni-médias…. Les échanges et les explications ont permis aux participants d’avoir une vision approfondie et structurée des transformations, de mieux se préparer aux défis et de trouver des solutions appropriées; de maîtriser la manière de profiter de l’IA dans la communication internationale par la pratique réelle de ces outils dans la production de contenus multilingues, d’améliorer leurs compétences de l’application de ces technologies. Les responsables d’institutions médiatiques ont pris la pleine mesure de la nécessité pour eux non seulement de s’équiper des connaissances approfondies en journalisme et communication, mais aussi de maîtriser les compétences en organisation et gestion, en construction de marque et en exploitation du marché.« Nous avons fortement apprécié les enseignements dispensés par les experts de haut niveau », s’est réjouie Alizèta Ouoba/Compaoré, Directrice générale de l’ISTIC et porte-parole des participants.
Le détour de Hunan

Du lundi10 au vendredi 14 août, la délégation a posé ses valises dans la province du Hunan. Plus de 1.200 km au sud de Pékin, dans les villes de Xiangtan et de Changsha, le séjour a été rythmé par la découverte de la chine dans sa diversité culturelle et dans sa richesse technologique. Le Changsha Daze Lake International Talent Community a été le premier site à recevoir la délégation. Présenté comme un hub technologique, ce programme municipal offre un hébergement gratuit et une orientation professionnelle, notamment aux jeunes venus de l’extérieur pour entreprendre dans plusieurs domaines, dont le commerce, l’agriculture et les relations internationales. Au niveau du C-K’INGDOM GROUP, les visiteurs ont pu suivre la chaîne de la manufacture et de la transformation jusqu’aux produits finis que sont le cuivre et les câbles électriques. Dans cette entreprise privée créée en 1997 et dont les produits sont distribués dans une quarantaine de pays à travers le monde, l’esprit du partage y est manifeste à travers la présence dans le personnel de deux Africains : une Ougandaise et un Kenyan. Le Changsha Tongguan Kiln Museum ou le Musée de la céramique et le Character Art Museum ou le Musée du caractère chinois ont illustré aux yeux des Burkinabè la présentation de Changsha comme une ville culturelle. Le premier conserve des objets datant de plusieurs siècles, démontrant que la céramique chinoise a servi de courroie de transmission de la culture chinoise à travers la planète. Le second expose les mutations de l’écriture chinoise traditionnelle, jadis en colonnes verticales et lue de la droite vers la gauche, et a finalement rejoint les usages occidentaux qui privilégient largement l’écriture horizontale, de la gauche vers la droite. Les hommes de médias se sont essayés à la reproduction des caractères chinois à l’aide de moule, d’encre, de papier.

qui a conservé l’apparence d’une demeure rurale traditionnelle.
Changsha Sunlight Agricultural Machinery Facilities est un constructeur chinois qui intervient dans la conception et la production des équipements agricoles, notamment les tracteurs, les épandeurs d’engrais, les motoculteurs rotatifs, des machines semis directs, etc. En échangeant avec le premier responsable, Marco Zhou, les visiteurs ont pu avoir la mesure de l’adaptabilité des différents produits et leur excellent rapport qualité-prix.A Changsha, les hommes de médias se sont retrouvés dans leur biotope le plus grand : le Changsha Media Group. Un immeuble de 23 étages, 05 chaînes de télévision, 04 fréquences radio, et 13 filiales, dont une cotée en bourse, la Zhongguang Tianze.
L’hommage à Mao
Que serait un séjour dans la province du Hunan sans un hommage au père fondateur de la Chine moderne. Le jeudi 13 août, les Burkinabè ont sacrifié cette tradition à Shaoshan, ville de naissance de Mao Zedong. Le lieu attire des visiteurs venus de différentes régions de Chine et, de plus en plus, des visiteurs étrangers, parce qu’il l’a vu naître le 26 décembre 1893, passer une partie de son enfance et de sa jeunesse. L’ancienne résidence a conservé l’apparence d’une demeure rurale traditionnelle. L’environnement immédiat aussi. Les rizières, arbres, étang de lotus et reliefs montagneux composent un décor qui permet aux visiteurs de replacer le jeune Mao dans son milieu social et géographique. Tout rappelle le monde rural de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Mais d’autres infrastructures sont venues se greffer à cet environnement pour matérialiser la place de l’homme dans la vie des Chinois et de la Chine. La place Mao constitue le cœur monumental du site et a été achevée en 1993.
Elle a ensuite connu une importante transformation. En 2008, après approbation du projet d’extension, sa superficie est passée de 3 970 m² à 102 800 m². L’aménagement distingue, notamment des espaces de recueillement, de commémoration, de rassemblement et de détente. Le paysage, l’architecture et la statue sont intégrés dans une même composition destinée à guider le regard et le déplacement du visiteur.
Et les guides des différents groupes savent décliner la portée historique de chaque endroit. Au centre, se dresse une statue en bronze de Mao Zedong, haute de six mètres, installée sur un socle de 4,1 mètres, soit une hauteur totale de 10,1 mètres. La hauteur totale fait symboliquement référence au 1er octobre, date de la proclamation de la République populaire de Chine en 1949. La statue a été réalisée à l’occasion du centenaire de la naissance de Mao. La délégation burkinabè s’est inclinée devant la statue en hommage à l’homme.Au terme d’un séjour de 21 jours, ponctué de cours, de visites, de rencontres professionnelles, les 23 participants de ce « Séminaire pour les leaders des médias au Burkina Faso » ont regagné Ouagadougou dans l’après-midi du vendredi 28 août 2026. « La quasi-totalité des objectifs de la formation ont été atteints et nous retournons au pays avec des connaissances et compétences renforcées. (…) Cette expérience nous inspirera sans doute à poursuivre notre combat dans la quête d’un Burkina Faso souverain, prospère et fier de ses leaders éclairés, ainsi que de ses valeurs ancestrales », a indiqué leur porte-parole à la cérémonie de clôture.
Moumouni SIMPORE (De retour de Chine)
Le 7e forum sur la coopération sino-africaine dans les médias
A l’ouverture du séminaire, le Directeur général adjoint de la CBIC, He Dongbo, a profité de la tribune pour inviter officiellement les participants burkinabè au 7e Forum sur la coopération sino-africaine dans les médias, qui devait se tenir à Pékin du 19 au 21 août 2026. Coorganisée par la NRTA, la municipalité de Pékin et l’Union africaine de radiodiffusion, cette rencontre attendait 180 représentants des médias de plus de 40 pays africains, dont plus de 30 invités de rang ministériel. Elle s’est ouverte officiellement le jeudi 20 août 2026 autour du thème : « Partager de nouvelles opportunités de développement, bâtir conjointement un nouvel avenir audiovisuel ». Cette 7e édition revêt une dimension particulière, puisqu’elle intervient dans le cadre du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique et de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels.
Les travaux mettent l’accent sur trois grandes priorités : faire de la radio, de la télévision et de l’audiovisuel des instruments d’échanges humains, des leviers de développement économique et commercial et des espaces favorisant les interactions entre les jeunes.Le Burkina Faso était présent avec l’une des plus fortes délégations, conduite par le ministre en charge de la communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo. Celui-ci a donné une communication dans le sous-forum 1 sur le thème « Innovation de contenus stimulant la coopération culturelle et les échanges entre les peuples ». Il s’est réjoui de la tenue de cette importante rencontre qui traduit la volonté commune de la Chine et des pays africains de renforcer leur coopération dans le domaine des médias et de la communication. Il a insisté sur le fait que la technologie devrait rester au service de la diversité culturelle qui fait notre richesse. « L’innovation ne doit pas uniformiser nos cultures ; elle doit permettre à chacune d’elles de mieux faire entendre sa voix », a-t-il affirmé. Les participants ont adopté la « Déclaration commune du 7e Forum sur la coopération sino-africaine dans les médias ». Celle-ci vient traduire la volonté affichée par les deux parties de donner une nouvelle dimension à leur partenariat médiatique.


