
- Une formation de trois semaines
- 100 agents concernés
- Deux ans après une première session
Après une première session en 2024, le ministère burkinabè de l’agriculture bénéficie à nouveau d’une formation de ses agents sur la technologie chinoise, Juncao. Cette deuxième session a été lancée le 24 août 2026 à Ouagadougou, pour s’achever le 16 septembre prochain. La deuxième cohorte de participants est constituée d’une centaine d’agents du département en charge de l’Agriculture. Durant trois semaines, ils apprendront auprès d’experts de l’Université d’agriculture et de sylviculture de Fujian, cette session étant organisée dans le cadre d’une collaboration entre cette université et la Direction générale des productions végétales du ministère de burkinabè de l’Agriculture. Concrètement, les nouvelles connaissances théoriques et pratiques qui seront acquises devraient permettre aux participants d’appliquer la technique à la production fourragère et des champignons comestibles au Faso.

Rappelons que la technologie de Juncao est une innovation chinoise dont le principe consiste à remplacer le bois par l’herbe. De manière pratique, cette technologie utilise de façon combinée et efficace les trois ressources agricoles que sont la lumière, la chaleur et l’eau, pour réaliser un cycle de production associant plantes, animaux et champignons. Les bénéfices de cette technologie sont à la fois économiques, sociaux et environnementaux, puisqu’elle contribue à la sécurité écologique, alimentaire et énergétique.

A en croire la Directrice de la formation continue de l’Ecole nationale d’élevage et de santé animale du Burlkina (ENESA), l’expérience de la technique de Juncao, réalisée lors de la session de 2024, s’est révélée « productive et adaptée aux conditions climatiques du Burkina Faso ». Cécile Sarambé estime donc que cette technique peut contribuer à améliorer la disponibilité du fourrage de qualité pour le bétail et offrir une source de revenus supplémentaires aux agriculteurs burkinabè via la culture des champignons comestibles. Le Directeur du centre Juncao de l’Université d’agriculture et de sylviculture de Fujian, a ajouté que cette technique offre de réelles opportunités pour le Faso. Lin Hui a expliqué que la production fourragère et de champignons contribuera à réduire les pressions sur les pâturages naturels et renforcer la résilience du secteur de l’élevage face aux risques climatiques tout en soutenant les exploitations familiales.
Dans un sens plus large, la présente session de formation traduit un renforcement des liens de coopération entre la Chine et le Burkina Faso dans le domaine agricole. Selon l’Ambassadeur de Chine au Burkina, l’agriculture et la sécurité alimentaire sont placés au premier plan des relations entre Ouagadougou et Pékin. Zhao Deyong en veut pour preuve des missions agricoles que son pays a envoyées au Faso au cours des dernières années pour travailler aux côtés d’experts burkinabè dans le domaine du riz et du mil. Objectif, améliorer le niveau de production des agriculteurs burkinabè. Par ailleurs, la Chine a invité, cette année, des dizaines de techniciens agricoles burkinabè à participer à des séminaires en Chine, notamment dans les domaines du commerce des produits agricoles, la culture du coton, et l’utilisation intégrée des technologies relatives aux cultures céréalières.
Le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture l’a confirmé, cette deuxième session de formation est le fruit de « la bonne et la parfaite collaboration entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine ». Et Gaoussou Sanon de préconiser la pérennisation de cette initiative de la Chine qui permet de renforcer les compétences burkinabè. A l’en croire, les connaissances acquises dans le cadre de ces formations seront disséminées sur l’ensemble des régions du pays, de sortent qu’elles servent à la nation entière.
Béranger Kabré (Collaborateur)
Le Juncao, une technologie qui séduit le monde depuis plus de 30 ans
La Chine a partagé avec le monde la technologie du Juncao. Une technologie agricole pratique et déjà adopté dans de nombreux pays en développement. Depuis son inscription en 1994 parmi les projets de coopération sud-sud des Nations-Unies, la technologie Juncao a conquis le monde et c’est peu de le dire. A en croire le Directeur du centre Juncao de l’Université d’agriculture et de sylviculture de Fujian, la prouesse chinoise a été adoptée par plusieurs pays en développement. Le professeur Lin Hui en veut pour preuve les plus de 400 sessions de formations à l’international qui ont permis de renforcer les connaissances de lus de 17 000 cadres techniques issus de 118 pays. Le Juncao, c’est aussi plus de 60 projets d’assistance extérieure, de formation et de coopération internationale mises en œuvre depuis trois décennies. Cette technique a également permis à la Chine de nouer relations de coopération avec de gouvernements, des institutions de recherche et des entreprises de plus de 40 pays à travers le monde.

