• Au titre de la FEC et de la Facilité pour la résilience et la durabilité
• Des mesures entreprises par le Faso pour anticiper
• Le choc sur la balance des paiements, en raison de la guerre au Moyen-Orient
«Je suis heureux de vous informer qu›à l›issue des discussions tenues à Ouagadougou du 4 au 13 mai 2026, les services du FMI et les autorités burkinabè sont parvenus à un accord au niveau des services sur les politiques économiques, permettant d’achever la cinquième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la première revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI, prévue fin juin 2026, cet accord ouvrira la voie à un décaissement de 76.62 millions de DTS (environ 104,89 millions de dollars) ». Cette bonne nouvelle, tombée le 27 mai dernier, a été annoncée par William Gbohoui, Représentant-résident du FMI au Burkina Faso.
L’équipe du FMI était dirigée par Jaraslow Wieczorek, chef de mission pour le Burkina Faso. Au cours du séjour, elle a mené des discussions dans le cadre des consultations de 2026 au titre de l’article IV de la 5e revue de l’accord au titre de la FEC. Cet accord, on se rappelle, a été approuvée par le Conseil d’administration du FMI le 21 septembre 2023. Il s’agit d’un accord de 48 mois qui porte sur le financement de 302 millions de dollars environ, avec un décaissement immédiat de 31,9 millions de dollars. La FEC contribue à créer une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses prioritaires, accroître la résilience aux chocs tout en diminuant la pauvreté, et renforcer la discipline budgétaire, la transparence et la gouvernance. L’autre sujet au cours de la visite de l’équipe du FMI a été la première revue du programme climatique appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), approuvée par le Conseil d’administration du FMI le 18 février 2026, pour un montant d’environ 124,3 millions de dollars, valable jusqu’en septembre 2027, afin de renforcer la stabilité extérieure et la résilience au changement climatique.
« Les discussions se sont poursuivies à distance jusqu’au 25 mai 2026, en réponse à la demande des autorités burkinabè d’une augmentation de l’accès au titre de l’accord FEC de 50 % de la quote-part (60,2 millions de DTS) qui, sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI, portera l’accès total au titre de l’accord FEC à 288,96 millions de DTS », selon le communiqué publié le 27 mai 2026 par le FMI. Cette demande d’augmentation de l’accès est motivée en raison du choc sur la balance des paiements résultant de la guerre au Moyen-Orient.
« Les cours mondiaux élevés de l›or, conjugués aux réformes menées par les autorités dans le secteur minier, ont dynamisé l›activité économique en 2025. La croissance du PIB réel est estimée à 5,3 %, alors que l›inflation a reculé en moyenne annuelle à -0,5 %, en raison de la baisse des prix locaux des produits alimentaires et de l’énergie. Une solide augmentation des exportations d’or a également soutenu la position extérieure, qui est passée d’un déficit courant de 3,5 % du PIB en 2024 à un excédent de 6,3 % du PIB en 2025 », a expliqué Jaraslow Wieczorek, chef de mission pour le Burkina Faso. Pour lui, les autorités du Faso ont enregistré de solides performances dans le cadre du programme. Tous les critères de réalisation quantitatifs au titre de la FEC jusqu’en fin décembre 2025 ont été respectés, à l’exception de l’objectif indicatif relatif au plafond des dépenses courantes et d’une accumulation temporaire d’arriérés de remboursement de crédits de TVA. « Les autorités ont aussi mis en œuvre tous les repères structurels et ont progressé dans leur agenda plus élargi d’amélioration de la gestion des finances publiques et de gouvernance. Elles sont également en bonne voie pour mettre en œuvre les engagements pris au titre de la première revue de la FRD. La réduction du déficit budgétaire global de 5,8 % du PIB en 2024 à 1,8 % du PIB (par rapport à l’objectif du programme de 4,0 %) a permis de dégager une marge de manœuvre budgétaire, particulièrement opportune, compte tenu de la volatilité actuelle de la conjoncture mondiale et régionale», a poursuivi le chef de mission FMI.
L’impact du conflit au Moyen-Orient
Sur la demande d’augmentation de l’accès au décaissement, le choc sur les cours des matières premières provoqué par le conflit au MoyenOrient représente un défi majeur pour le Burkina Faso, étant donné la dépendance du pays aux importations de produits pétroliers et d’engrais. Les perturbations de l’approvisionnement mondial, ainsi que la flambée des prix du pétrole, du gaz et des engrais ont détérioré les perspectives économiques à court terme, en particulier, dans le secteur agricole, appelant à une réponse robuste, notamment, sur le plan de la sécurité alimentaire.
Selon Jaraslow Wieczorek, ces perturbations ont également créé un besoin immédiat de financement de la balance des paiements, qui a incité les autorités à solliciter une augmentation de l’accès au titre de l’accord FEC. « Les mesures convenues à l’appui de la demande des autorités visent à faire en sorte que les ressources supplémentaires du FMI servent à atténuer l’impact socioéconomique du choc, tout en préservant la dynamique des réformes, afin de promouvoir la viabilité budgétaire ».
A noter que l’équipe du FMI a rencontré le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, le Directeur national de la BCEAO, M. Armand Badiel ; d’autres hauts fonctionnaires, des représentants du secteur privé, notamment, la Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF) et les partenaires au développement».
A l’issue de la mission, les services du FMI ont remercié les autorités du Burkina Faso « pour leur engagement envers le programme, pour des échanges constructifs et ouverts, leur réactivité, ainsi que leur l’hospitalité traditionnellement chaleureuse».
ESS
Les recommandations du FMI
La mission encourage les autorités à poursuivre le renforcement de la mobilisation des recettes et de la gestion des finances publiques, ainsi que de la gouvernance et la transparence. Pour aligner l’exécution du budget 2026 sur le programme, avec un objectif de déficit de 4 % du PIB (contre 3,5 % retenu lors de la quatrième revue du programme, assoupli pour faciliter l’atténuation des chocs), il convient, notamment, d’identifier des lignes contingentes dans le budget pour une réaffectation ciblée éventuelle en cas d’imprévus, et de bien gérer les risques budgétaires émanant des subventions à l’énergie.
« Dans le cadre des discussions au titre de l’article IV, la mission a recommandé de systématiser la gestion contracyclique des recettes minières, d’améliorer l’efficience des dépenses sociales, de promouvoir l’inclusion financière et de veiller à ce que les interventions de l’État dans l’économie attirent les investissements privés et favorisent une croissance inclusive.


