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Commerce extérieur: de ces suspensions salvatrices

• Le bétail, le riz, la tomate, le karité…

• Suspension d’exportation en cours ou temporairement levée

• Afin de protéger l’économie locale

La tomate a été interdite d’exportation du 16 au 31 mars 2026. (Ph:Yvan Sama)

Il arrive fréquemment que l’État décide de la suspension de l’exportation et de l’importation de certains produits pour protéger l’économie locale. La dernière mesure similaire date du 08 mai 2026, avec la suspension de l’exportation du bétail sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre, dans le souci d’”assurer la disponibilité du bétail sur le marché national”. Suite logique de telles mesures, la suspension également des Autorisations spéciales d’exportation (ASE).

Un communiqué interministériel signé le 29 avril 2026, par les ministères en charge du commerce, de l’agriculture et de l’économie, a décidé de suspendre l’importation du riz sur toute l’étendue du territoire national. Cette mesure vise à favoriser l’écoulement de la production nationale de riz et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Selon la note gouvernementale, la délivrance des Autorisations spéciales d’importation (ASI) de riz est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Les importateurs disposant déjà d’autorisations en cours de validité bénéficient, toutefois, d’un délai de deux mois pour finaliser leurs opérations d’importation. 

Tout exportateur d’amandes de karité devra céder au moins 25 % de sa production aux unités nationales de transformation. (Ph:Yvan Sama)

La tomate a été interdite d’exportation du 16 au 31 mars 2026.  L’objectif de cette suspension était de garantir la disponibilité de la tomate fraîche au profit des unités industrielles de transformation, confrontées à des difficultés d’approvisionnement. Selon les deux départements ministériels, celui en charge du commerce et celui de l’agriculture, l’évolution de la situation s’est révélée satisfaisante au cours des dernières semaines. Les unités industrielles disposent désormais d’un niveau d’approvisionnement jugé acceptable. Par ailleurs, les acteurs de la filière ont pris des engagements formels en vue d’assurer la disponibilité des quantités nécessaires à la transformation locale. Tout en rétablissant les exportations, les autorités appellent, les acteurs de la filière tomate à respecter strictement les engagements pris. Le gouvernement a insisté, notamment, sur la nécessité de garantir l’approvisionnement prioritaire des unités industrielles de transformation, afin de soutenir la production locale et de renforcer la valorisation des produits agricoles.

Longtemps suspendue, l’exportation des amandes de Karité connait une levée temporaire de l’interdiction de son exportation allant du 1er décembre 2025 au 31 mai 2026. Des mesures accompagnent cette levée temporaire. Dans un souci de soutenir la transformation locale et d’assurer l’approvisionnement des unités industrielles nationales, l’État a fixé un prix plafond de cession des amandes variant selon les régions. À titre d’exemple, les prix maximums sont établis à 310 FCFA le kilogramme dans la région du Kadiogo et à 300 FCFA dans la région des Koulsé. Les négociations restent libres entre acteurs mais ne doivent pas excéder ces plafonds. Par ailleurs, l’exportation des amandes de karité sera désormais soumise à un prélèvement de 200 FCFA par kilogramme, directement reversé au budget de l’État. Le communiqué levant temporairement l’interdiction précise également que tout commerçant ou exportateur désirant obtenir une Autorisation spéciale d’exportation (ASE) devra céder au moins 25 % de sa production aux unités nationales de transformation, avec la présentation de contrats fermes et de bordereaux de livraison dûment signés.

Moumouni SIMPORE

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