
Ouvert officiellement le dimanche 26 avril 2026 par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Karamoko Jean-Marie Traoré, le Village des communautés s’impose comme l’un des sites les plus attractifs de la SNC. Situé au Village artisanal, dans le quartier Bindougousso de Bobo, il ne désemplit pas. Accueillant des communautés venues du Burkina Faso et d’ailleurs en Afrique, ce site constitue un véritable carrefour d’échanges et de découvertes.
Déjà, aux abords du site, l’espace s’est transformé en une véritable rue marchande. Installés derrière des tables ou se faufilant dans la foule, de nombreux vendeurs sont venus proposer leurs produits aux festivaliers. Des boissons aux brochettes, en passant par les jouets pour enfants, chacun y trouve son compte.

À côté de ces commerçants, les gérants de parking profitent également de l’affluence pour faire des affaires: les motos sont récupérées et stationnées à 200 F l’unité.
À l’intérieur du site, ce sont les mélodies des terroirs qui accueillent les visiteurs, plongeant chacun dans une ambiance culturelle riche et festive. Fidèle à sa vocation, cet espace met en lumière la diversité culturelle du Burkina Faso et du continent africain, tout en valorisant le brassage entre peuples.
Pour cette édition 2026, le Village des communautés rassemble 31 communautés burkinabè et 15 communautés africaines, confirmant son rôle de plateforme d’intégration et de solidarité.
Les expressions artistiques telles que la musique et la danse traditionnelle coexistent en harmonie avec les pratiques sociales comme la parenté à plaisanterie, depuis l’ouverture officielle du site. Également, l’art culinaire n’est pas en reste, avec une variété de mets et de boissons traditionnelles qui témoignent du savoir-faire local et de la richesse des terroirs.

Ici, chaque communauté présente ses traditions, son patrimoine et son identité, contribuant à faire du Village une vitrine vivante du patrimoine culturel immatériel. Pour ce faire, une soirée est organisée chaque après-midi, dédiée à différentes communautés, afin de mettre en avant leur diversité culturelle. Elle se déroule à tour de rôle.
Immersion au cœur de la communauté Koromba
S’il y a bien une communauté qui retient l’attention des visiteurs, c’est celle des Koromba. Longtemps assimilé aux Mossis Yadcé ou même aux Gourmantché, selon le guide, M. Badini Issa, les Koromba sont un peuple à part entière faisant partie des groupes ethniques autochtones du Burkina Faso, et installé depuis le 7e siècle. Ils sont principalement dans les régions du Soum, du Yadga, du Liptako et des Kuilsé.
Historiquement, les Koromba, avec une soixantaine de patronymes, sont organisés autour de quatre royaumes, notamment, Lorum (Pobé Mengao), Karu (Arbinda), Pèla(Toulfé), et Tèra (Bourzanga), constituant un espace géographique appelé le Koromwondè, avec pour langue parlée le koronfé.
« Nous sommes à cette SNC 2026 pour présenter la communauté koromba. En 22 éditions, c’est notre première participation en tant que Koromba. Nous vivons dans des régions administratives dont les chefs-lieux ne correspondent pas aux capitales de nos royaumes. Ainsi, nos troupes, nos artistes, nos personnes ressources, notre savoir-faire endogène et notre patrimoine culturel étaient jusque-là présentés à la SNC au nom d’autres communautés comme les Mossi, les Yadcé ou les Peuls. Or, nous ne sommes ni Peuls, ni Mossi, ni Yadcé, ni Gourmantché. Pour cette édition, nous avons donc plaidé pour que notre communauté soit reconnue comme telle, à part entière », a déclaré Badini Issa. Dans le stand des Koromba, une panoplie de produits sont exposés. « Nous sommes venus avec des habits traditionnels koromba : des tenues d’initiation, de réjouissance, ainsi que des vêtements que l’on fait porter aux enfants lorsqu’on pense qu’ils sont envoûtés. » Sont également exposés des objets issus du savoir-faire endogène des Koromba.
« En ce qui concerne la gastronomie, le gapal, le babenda, la soupe de grenouille et le zamnè font partie, entre autres, des plats typiquement koromba» , selon Issa Badini.
Les Koromba vivent principalement de l’agriculture, de l’élevage et de l’artisanat , avec des cultures comme le mil et le sorgho. Leur culture repose sur des traditions, des rites et une organisation sociale guidée par les chefs coutumiers.


