• Une initiative de la COGEF
• Dans le cadre des Journées du patronat
• Des recommandations pour agir
Ouagadougou a abrité le 6 février dernier, un évènement majeur pour le monde économique. Le Forum sur l’investissement souverain (FIS), c’est de ce rendez-vous qu’il s’agit, est une initiative de la Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF). Point d’orgue des Journées du patronat burkinabè, ce cadre de réflexions et d’échanges a réuni un grand nombre de personnes (membres du gouvernement, acteurs du secteur privé, représentants d’institutions financières, …) autour du thème : « Souveraineté économique du Burkina Faso et investissement productif : enjeux et orientations stratégiques ».

Selon le président de la COGEF, Idrissa Nassa, ce thème s’inscrit dans l’engagement du patronat burkinabè à accompagner la dynamique impulsée par les plus hautes autorités du Faso en faveur de la souveraineté économique. Pour lui, le présent rendez-vous se veut être un cadre de mobilisation et de prise d’engagement entre acteurs économiques, institutions financières, acteurs publics, partenaires régionaux et investisseurs. C’est aussi une tribune de sensibilisation desdits acteurs sur l’importance de la production et de la transformation, de la création d’unités industrielles et de l’investissement dans l’extraction minière, en vue de contribuer efficacement à l’atteinte de la souveraineté économique nationale.
A travers des panels, il s’agissait d’identifier les freins persistants à l’investissement productif, de partager des expériences réussies, et surtout de définir des orientations stratégiques claires pour mobiliser davantage les acteurs économiques vers l’investissement privé dans les secteurs à fort potentiel. Par secteur à grand potentiel, il faut entendre l’agrosylvopastoral, l’agro-industrie, les mines et leur transformation, l’énergie, l’industrie manufacturière, les infrastructures, l’économie numérique et les services à haute valeur ajoutée, le but étant de renforcer la production locale et réduire la dépendance aux importations. « L’investissement que nous appelons de nos vœux est un investissement productif, responsable et transformateur. Un investissement orienté vers la transformation locale de nos ressources, la substitution aux importations, la promotion du contenu local et l’intégration des chaînes de valeurs régionales et continentales », a précisé Idrissa Nassa. Car, pour lui, « la souveraineté économique se construit par des choix courageux, des partenariats gagnantgagnant, une alliance stratégique et une confiance mutuelle entre l’État et le secteur privé national ».
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du chef du gouvernement, le ministre de l’Economie et des Finances a salué l’initiative de ce cadre. « A travers cet évènement, vous démontrez que le secteur privé n’est pas un simple acteur économique, il est un pilier de la souveraineté nationale », a-t-il déclaré, à l’attention des initiateurs du Forum. Pour Aboubakar Nacanabo, c’est aussi à l’actif du secteur privé si le pays des Hommes intègres a affiché une croissance de 6,3% en 2025, avec une inflation maîtrisée de -0,5%, produit plus de 7 millions de tonnes de céréales pour couvrir 126% de ses besoins alimentaires et enregistré plus de 2900 milliards FCFA de recettes d’exportations aurifères, avec à la clé, une balance commerciale excédentaire de près de 2000 milliards FCFA.
Pour le ministre des Finances, la souveraineté économique ne se décrète pas, « elle se construit dans nos usines et nos champs, nos mines et nos entreprises ». A quelques mots près, Al Assane Sienou, 1er vice-président de la COGEF, est du même avis : « La souveraineté économique n’est pas un slogan, mais une exigence stratégique pour notre pays. Elle repose sur notre capacité collective à produire davantage, à transformer localement nos ressources, à investir durablement dans l’économie réelle et à bâtir des entreprises nationales fortes, compétitives et résilientes ».
Le ministre de l’Economie et des Finances a souhaité que ce forum marque le point de départ pour de nouveaux partenariats, de nouveaux champions nationaux, de nouvelles usines et de milliers d’emplois. C’est dans ce sens que les réflexions ont débouché sur des résolutions et des recommandations qui traduisent la volonté commune des acteurs de passer du diagnostic à l’action.
A noter que le Forum sur l’investissement souverain, premier du genre, a connu la participation de patronats d’autres pays de la sous-région. Témoignant une confiance intacte envers le pays des Hommes intègres, selon le ministre de l’Economie et des Finances.
Béranger KABRE (Collaborateur)
Encadré : Résolutions et recommandations
Le secteur privé burkinabè s’est engagé à :
Accroître les investissements dans la production nationale et la transformation locale agricole, minière et énergétique, en vue de contribuer à la résolution de la dépendance aux importations ;
Orienter les investissements vers les secteurs prioritaires ;
Investir dans des projets de partenariat public-privé portés par l’Etat et à orienter prioritairement ses efforts vers les secteurs à fort impact économique ;
A réaffirmer son rôle de partenaire stratégique de l’Etat dans la construction d’une souveraineté économique fondée sur la création de valeur ajoutée, l’industrialisation et la création d’emplois durables ;
Mettre en place des mécanismes de suivi-évaluation, de concertation issus du Forum et à contribuer à l’institutionnalisation du cadre de dialogue.
Recommandations à l’endroit du gouvernement :
Poursuivre l’amélioration du climat des affaires ;
Poursuivre la simplification, la digitalisation des procédures administratives fiscales et douanières ;
Renforcer la sécurité des investissements ;
Favoriser l’accès au financement de long terme pour des projets productifs ;
Mettre en place des mécanismes de partage du risque entre l’Etat, le secteur bancaire et les investissements ;
L’élaboration d’un engagement opérationnel conjoint gouvernement/secteur privé assorti de responsabilités, de délais et d’indicateurs de performance ;
L’appui du gouvernement à l’institutionnalisation du Forum comme cadre périodique de concertation.



