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Assemblée législative du peuple: l’Union interparlementaire propose un partenariat renforcé

• Basé sur 3 axes prioritaires de coopération

• Dr Tulia Ackson a apprécié les efforts engagés par les autorités

• Une relation vieille de 54 ans

En visite officielle sur la terre des Hommes intègres, du 19 au 25 juillet 2026, la présidente de l’Union interparlementaire (UIP), Dr Tulia Ackson, a prononcé une déclaration devant l’Assemblée législative du peuple (ALP), réunie en séance plénière. Reçue la veille en audience par le président de l’ALP, Dr Ousmane Bougouma, puis attendue à une rencontre avec des membres du gouvernement, la cheffe de l’organisation parlementaire mondiale a placé son déplacement sous le signe du renforcement de la coopération. Au-delà des marques de solidarité envers un pays confronté aux défis sécuritaires, son intervention a dessiné les contours d’un partenariat plus étroit entre l’UIP et l’ALP. Elle a aussi livré une lecture politique de la trajectoire actuelle du Burkina Faso.

L’Union interparlementaire ne veut pas limiter sa relation avec le Burkina Faso à des échanges protocolaires. « L’UIP ne vient pas seulement pour parler. Nous venons offrir un partenariat », a affirmé sa présidente, devant les Députés burkinabè, annonçant trois axes prioritaires de coopération destinés à accompagner l›Assemblée législative du peuple dans ses missions.

Le premier concerne la prise en charge des personnes déplacées internes. L’organisation entend mettre son expertise au service du Parlement, afin de renforcer le contrôle parlementaire des politiques publiques relatives à l’hébergement, à l’alimentation, à la santé, à l’éducation et à la protection des populations déplacées. Elle souhaite également favoriser une meilleure prise en compte de leurs préoccupations dans les travaux parlementaires et dans les futures législations portant sur leur retour et leur réintégration.

Le deuxième axe est consacré aux femmes et à la souveraineté économique. L’UIP propose, notamment, d’accompagner la création d’un caucus des femmes parlementaires à travers des formations en leadership et en suivi des politiques publiques. L’organisation souhaite également apporter un appui au contrôle parlementaire du secteur extractif, estimant que les revenus issus des ressources minières doivent être orientés vers des investissements sociaux, notamment dans les régions affectées par l’insécurité.

Enfin, la troisième priorité porte sur la jeunesse et la sécurité. L’Union interparlementaire prévoit l’organisation d’un atelier régional réunissant de jeunes parlementaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger autour des questions de prévention des conflits, de médiation et de cohésion sociale. Elle se dit également disposée à déployer au Burkina Faso son Groupe consultatif de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme, afin d’accompagner les réflexions parlementaires sur les réponses institutionnelles aux défis sécuritaires.

Au-delà de ces perspectives de coopération, la présidente de l’UIP a tenu à rappeler la place qu’occupe le Burkina Faso au sein de l’organisation. Revenant sur plus de cinquante années de relations entre les deux institutions, elle a souligné la participation active du Parlement burkinabè aux travaux de l’Union interparlementaire, rappelant, notamment, son retour au sein de l’organisation en 1979, son rôle au sein du Groupe africain depuis 1993, ainsi que l’accueil, à Ouagadougou, de la 106ᵉ Assemblée de l’UIP en 2001, marquée par l’adoption de la Déclaration de Ouagadougou.

Elle a également salué l’implication de plusieurs parlementaires burkinabè dans les organes spécialisés de l’organisation, notamment au sein du Comité permanent des affaires des Nations unies et du Groupe consultatif de haut niveau sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Autant d’engagements qui, selon elle, contribuent à renforcer la voix du Burkina Faso dans les débats parlementaires internationaux.

La résilience burkinabè appréciée

Si son discours est demeuré fidèle aux principes de l’Union interparlementaire en faveur de la paix, de la démocratie et du dialogue entre les peuples, il a également livré une appréciation particulièrement positive de la trajectoire suivie par le Burkina Faso dans un contexte marqué par les défis sécuritaires.

Dr Tulia Ackson  a exprimé la solidarité de son institution envers le Burkina Faso, mais également envers le Mali et le Niger, confrontés aux conséquences du terrorisme. Elle a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien aux pays du Sahel, estimant que « si le Sahel vacille, c’est la sécurité internationale qui est menacée », et plaidant pour une coopération internationale fondée sur la justice, le dialogue et des actions coordonnées.

Son intervention a également été ponctuée de plusieurs appréciations sur les efforts engagés par les autorités burkinabè. Elle a salué les progrès enregistrés dans la sécurisation de certaines localités, les initiatives favorisant le retour progressif des personnes déplacées, les réformes institutionnelles, ainsi que les politiques conduites dans les domaines de l’agriculture, du développement local et de la mobilisation des ressources nationales. Les initiatives telles que le Fonds de soutien patriotique ou Faso Mêbo ont été citées comme des exemples de solidarité nationale susceptibles d’inspirer d’autres pays confrontés à des défis similaires.

Dans la même dynamique, elle a rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la patrie, avant de saluer le travail de l’Assemblée législative du peuple qu’elle considère comme un acteur de la refondation institutionnelle du pays. Son discours s’est achevé par un hommage au « leadership » du président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, et à la vision panafricaniste qu’elle estime porteuse d’un débat sur l’avenir du continent.

NK

Coopération Burkina Faso-UIP: plus d’un demi-siècle de coopération parlementaire

Fondée en 1889, l’Union interparlementaire (UIP) est la plus ancienne organisation parlementaire multilatérale au monde. Basée à Genève (Suisse), elle rassemble aujourd’hui 181 Parlements membres, ainsi que plusieurs organismes parlementaires régionaux et associés. Elle œuvre au renforcement des actions parlementaires, de la paix, des droits humains, de l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que de la participation des jeunes à la vie publique.  Depuis octobre 2023, l’UIP est présidée par la Tanzanienne Dr Tulia Ackson, présidente de l’Assemblée nationale de Tanzanie. Élue lors de la 147ᵉ Assemblée tenue à Luanda, elle est la 31ᵉ présidente de l’organisation.

Le Burkina Faso a adhéré à l’UIP en 1972. Après une interruption, il a repris sa participation en 1979, avant de redevenir membre de manière continue depuis 1993. Cette même année, il a renforcé sa présence au sein du Groupe africain de l’organisation. En 2001, Ouagadougou a accueilli la 106ᵉ Assemblée de l’UIP, qui s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Ouagadougou. Plus récemment, la délégation burkinabè a participé à la 152ᵉ Assemblée, tenue à Istanbul en avril 2026. La visite officielle de Dr Tulia Ackson à Ouagadougou, du 19 au 25 juillet 2026, s’inscrit dans cette relation de longue date et marque une nouvelle étape dans la coopération entre l’UIP et l’Assemblée législative du peuple.

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