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Campagne agricole 2026-2027: les tendances météo se dessinent

• Un démarrage tardif des pluies dans la moitié sud du pays

• Une installation proche de la normale dans certaines zones du Nord

• Semer seulement après avoir observé une pluie d’au moins 20 mm

Alors que les producteurs s’activent pour préparer la prochaine campagne agricole, la question revient sur toutes les lèvres : la saison 2026-2027 sera-t-elle pluvieuse, sèche ou normale ? Si l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) n’a pas encore publié ses prévisions saisonnières officielles, plusieurs indicateurs permettent déjà d’anticiper les grands enjeux.

La Directrice générale de l’ANAM, Dr Mariam Tidiga.

Le vendredi 24 avril 2026, à Ouagadougou, un atelier national de communication des résultats des prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques (PRESASS) 2026 a réuni des acteurs des secteurs clés, des partenaires techniques et les médias. Organisée par l’ANAM, cette rencontre avait pour objectif de partager les tendances de la prochaine saison de pluies et de favoriser une appropriation concertée des informations climatiques. Selon les analyses issues de l’atelier national de coproduction, la campagne agricole 2026 devrait enregistrer un démarrage tardif des pluies dans la moitié sud du pays, tandis que certaines zones du Nord connaîtraient une installation proche de la normale. Globalement, la pluviométrie attendue sera normale à tendance déficitaire, avec des disparités selon les régions et une fin de saison tardive.

En effet, il est attendu un démarrage tardif de la saison des pluies, soit un début des pluies après le 7 juin pour les régions de Bankui, du Goulmou, du Kadiogo, du Nakambé, du Nando, de Oubri, de la Sirba, de la Tapoa, et après le 19 mai pour celles du Djôrô, du Guiriko, du Nazinon, des Tannounyan.

Il est également prévu des dates d’installation des pluies proches de la normale, avec une tendance précoce, soit entre le 20 mai et le 7 juin pour les régions du Kadiogo, des Koulsé, du Nando, de Oubri, de la Sirba, du Sourou, du Yaadga, et entre le 8 juin et le 28 juin pour celles du Liptako et du Soum.

Les prévisions de l’ANAM indiquent aussi des séquences sèches de longueurs normales en début de saison sur l’ensemble du pays et qui se situent entre 8 et 10 jours pour les régions du Liptako et du Soum, entre 7 et 10 jours pour les régions de Bankui, du Goulmou, du Kadiogo, des Koulsé, du Nakambé, du Nando, de Oubri, de la Sirba, du Sourou, de la Tapoa, du Yaadga, entre 7 et 9 jours dans le Djôro, le Guiriko, le Nazinon, les Tannounyan.

Une pluviométrie normale à tendance déficitaire entre juin et août

Chaque producteur, en fonction de sa zone de production, devrait utiliser des semences adaptées.

Durant la période juin-juillet-août 2026, c’est une pluviométrie normale à tendance déficitaire qui est attendue dans les régions de Bankui, du Guiriko, du Kadiogo, du Liptako, de Oubri, des Koulsé, de la Sirba, du Soum, du Sourou et du Yaadga, ainsi que le nord des régions du Goulmou, du Nando, du Nakambé, du Nazinon et des Tannounyan. Alors que les régions du Djôrô, de la Tapoa et le sud des régions du Goulmou, du Nakambé, du Nando, du Nazinon et des Tannounyan devraient connaitre une pluviométrie déficitaire à tendance normale.

Pour ce qui est de la période juillet-août-septembre 2026, les régions de Bankui, du Kadiogo, du Liptako, de Oubri, des Koulsé, de la Sirba, du Soum, du Sourou et du Yaadga et le nord des régions du Goulmou, du Nakambé, du Nando, du Nazinon et de la Tapoa devraient se préparer à une pluviométrie normale à tendance déficitaire. Tandis que les régions du Djôrô, du Guiriko, des Tannounyan, et le sud des régions du Goulmou, du Nakambé, du Nando, du Nazinon et de la Tapoa seraient appelés à faire face à une pluviométrie déficitaire à tendance normale.

A cela s’ajoute une probabilité accrue d’évènements météorologiques extrêmes, notamment des pluies intenses et des vents violents. Au regard des risques identifiés pour les secteurs agricole, sanitaire et infrastructurel, des recommandations ont été formulées, en vue de renforcer les capacités d’anticipation et de réponse. Les autorités appellent ainsi l’ensemble des acteurs à suivre régulièrement les informations météorologiques et à adapter leurs activités, afin de mieux faire face aux aléas annoncés et de consolider la résilience des populations.

Moumouni SIMPORE

Ces prévisions peuvent engendrer, entre autres, des risques de baisse de rendement des cultures, de remplissage tardif des mares et retenues d’eau, d’accroissement de maladies zoo-sanitaires, de pertes post-récolte, d’inondations dans les grandes villes relatives aux évènements pluviométriques extrêmes. Pour mieux faire face à ces risques, l’ANAM recommande, entre autres, après la date probable de début de saison indiquée, de semer seulement après avoir observé une pluie d’au moins 20 mm, d’utiliser des semences adaptées, de mettre en place des systèmes de drainage sur les parcelles agricoles, de promouvoir l’utilisation d’espèces ou de variétés tolérantes à l’inondation, d’inciter les producteurs à souscrire à une assurance agricole, de promouvoir les pratiques agroécologiques.

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