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UEMOA: le crédit bancaire plus cher

• Au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso et au Niger

• Avec un taux moyen de 6,93%, en janvier 2026

• Baisse du taux d’intérêt sur l’épargne constatée

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié, à la mi-avril 2026, sa note de conjoncture économique sur les pays de l’UEMOA. Ce document, qui présente les principales évolutions macroéconomiques des premiers mois de 2026, a soulevé deux constats dans le secteur bancaire. Dans le chapitre Taux d’intérêt, liquidité et monnaie, la note fait ressortir d’un côté, le fait que le crédit bancaire devienne plus coûteux, et de l’autre, la rémunération de l’épargne qui tend à reculer.

Premier fait majeur dans le secteur bancaire en ce début d’année 2026, les taux d’intérêt débiteurs ont progressé. Selon le document publié par la Banque centrale, en janvier 2026, le taux débiteur moyen — c’est-à-dire le taux appliqué par les banques lorsqu’elles accordent des crédits — s’est établi à 6,93%, contre 6,80% le mois précédent, soit une hausse de 13 points de base. Sur un an, ce taux reste légèrement supérieur à celui observé en janvier 2025 (6,81%), confirmant ainsi la tendance haussière du crédit bancaire.

Ainsi, emprunter auprès des banques a été globalement plus coûteux, durant le mois de janvier 2026, dans la région.

Toutefois, cette évolution n’est pas uniforme selon les pays de l’Union. Le coût du crédit a fortement augmenté au Mali (+56 points de base), au Sénégal (+30 points de base), au Burkina Faso (+24 points de base) et au Niger (+19 points de base), tandis qu’il est resté relativement stable en Côte d’Ivoire (+1 point de base). À l’inverse, des baisses ont été enregistrées en Guinée-Bissau (-46 points de base), au Togo (-22 points de base) et au Bénin (-19 points de base), selon les données de la BCEAO.

Les dépôts bancaires ont moins rapporté

Parallèlement à la hausse du coût du crédit, la rémunération des dépôts à terme s’inscrit en baisse. Les taux d’intérêt créditeurs — c’est-à-dire les intérêts versés par les banques aux clients qui placent leur épargne — se sont établis à 5,26% en janvier 2026, contre 5,49% un mois plus tôt et 5,35% un an auparavant. En d’autres termes, les dépôts bancaires rapportent moins qu’auparavant. Cette tendance est observée dans plusieurs pays, notamment au Burkina Faso (-42 points de base), en Côte d’Ivoire (-24 points de base), en Guinée-Bissau (-23 points de base), au Mali (-22 points de base) et au Bénin (-9 points de base). À l’inverse, une hausse de la rémunération de l’épargne est relevée au Sénégal (+50 points de base), au Niger (+41 points de base) et au Togo (+5 points de base).

Dans ce contexte, l’écart entre les taux débiteurs et créditeurs, communément appelé marge d’intérêt, constitue un indicateur clé de la rentabilité des banques. La combinaison d’une hausse des taux de crédit et d’une baisse de la rémunération des dépôts est susceptible d’améliorer ces marges, même si elle peut également pénaliser les clients.

La Banque centrale a réduit ses taux directeurs…

Cette évolution apparaît d’autant plus notable qu’elle intervient dans un contexte d’assouplissement de la politique monétaire. En effet, le 4 mars 2026, le Comité de politique monétaire de la BCEAO a décidé de réduire de 25 points de base ses principaux taux directeurs. Ainsi, le taux directeur principal, auquel la Banque centrale refinance les banques, a été ramené à 3%, tandis que le taux du guichet de prêt marginal a été fixé à 5%. Cette décision vise, en principe, à faciliter l’accès des banques aux ressources financières et à soutenir le financement de l’économie.

Dans le prolongement de cette orientation, les taux observés sur le marché monétaire ont effectivement enregistré une baisse en février 2026. Ainsi, sur les guichets de refinancement de la BCEAO, le taux moyen pondéré des appels d’offres à une semaine s’est établi à 3,92% en février 2026, contre 4,43% en janvier, tandis que le taux marginal est ressorti à 3,26%, en recul par rapport à 3,60% le mois précédent. Sur le marché interbancaire, où les banques se prêtent des liquidités entre elles, le taux moyen pondéré à une semaine a également diminué pour s’établir à 4,23%, contre 4,84% en janvier. Plus globalement, toutes maturités confondues, les échanges se sont effectués à un taux moyen de 4,47% en février 2026, en baisse par rapport à 5,01% un mois plus tôt et à 6,11% un an auparavant.

Malgré cette amélioration des conditions de financement pour les banques, les taux appliqués à la clientèle ne suivent pas encore la même trajectoire.

ESS

Créances intérieures en hausse

Par ailleurs, les données monétaires font état d’une progression des créances intérieures dans l’Union. Celles-ci ont augmenté de 6,2% en rythme annuel à fin janvier 2026, après une hausse de 6,5% observée à fin décembre 2025. Autrement dit, le volume total des financements accordés à l’économie et à l’État continue de croître, à un rythme modéré.

Cette évolution s’explique principalement par l’augmentation des créances nettes des institutions de dépôt sur l’Administration centrale, ainsi que par la hausse des créances sur l’économie. Concrètement, les banques ont davantage financé les États, à hauteur de 1.852,8 milliards, mais aussi les agents économiques, pour un montant de 1.961,9 milliards. Dans le détail, les créances sur l’économie — c’est-à-dire les crédits accordés aux entreprises et aux ménages — ont progressé de 5,5% en glissement annuel à fin janvier 2026. Ce taux est toutefois en léger recul de 0,1 point de pourcentage par rapport à celui enregistré un mois plus tôt, traduisant un ralentissement modéré de la dynamique de crédit.

Cette évolution reflète des tendances différenciées selon les catégories d’emprunteurs. Les crédits accordés aux sociétés non financières privées ont ainsi augmenté de 5% à fin janvier 2026, contre 5,6% le mois précédent. En revanche, les crédits destinés aux ménages et aux institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) ont enregistré une progression plus soutenue, avec une hausse de 8,8% sur la période, après 5,1% un mois plus tôt.

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