
• 3 fois plus de recettes propres mobilisées entre 2021 et 2025
• La digitalisation dans l’administration publique payante
• Des résultats probants dans la lutte contre la fraude et la corruption
La souveraineté économique et financière prônée par le gouvernement, sous l’impulsion du président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a réorienté les priorités en privilégiant la mobilisation des ressources endogènes et innovantes. Cette nouvelle vision politique assumée a amené l’Exécutif à faire une analyse sans complaisance des maux qui freinaient la collecte desdites ressources financières. Trois ans après, cette politique souverainiste se révèle payante, surtout au regard du contexte des tensions de “guerre” dans le monde, qui engendre une raréfaction des ressources financières.
Mais au juste, quelles ont été ces différentes mesures fortes engagées et qui portent déjà leurs fruits ?
Des éléments de réponses ont été fournis par le nouveau référentiel qu’est le Plan national de développement (PND) sur la période 2026-2030, rendu public en janvier 2026. Les acquis engrangés en trois ans seulement montrent que le gouvernement actuel a mis en exergue l’utilisation des plateformes numériques dans l’administration publique, une lutte acharnée contre la fraude et la corruption, et surtout une bonne gestion des ressources publiques. Selon le document du PND (2026-2030), les recettes propres sont passées de 1.928,8 milliards FCFA en 2021 à 3.309,7 milliards FCFA en 2025. Ainsi, le taux de pression fiscale est passé de 15,6% en 2021 à 17,1% en 2025.
Cette hausse de la mobilisation des ressources propres a été rendue possible grâce à l’opérationnalisation de la facture normalisée, à l’informatisation du cadastre foncier national, à l’opérationnalisation de la télédéclaration et du télépaiement, à l’interconnexion du système d’information douanier du Burkina Faso avec ceux des pays voisins, à l’informatisation du système de recouvrement des recettes de service et à la révision du Code minier, avec le relèvement du taux des redevances minières.
187 structures publiques auditées
Pour une bonne gestion des ressources publiques, le gouvernement a retroussé ses manches pour auditer les finances publiques, lutter contre la corruption, la fraude et le faux, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Cette volonté d’assainir les comptes publics s’est révélé probante, à en croire le rapport. Ces résultats concrets obtenus portent sur la réalisation d’une enquête sur les flux financiers illicites dans le secteur extractif ; l’audit de 187 structures publiques ; le contrôle de 58.622 commerçants et la prise de 25 mesures urgentes dans le cadre de la lutte contre la crise alimentaire et du maintien de l’inflation ; la répression de 1.057 cas de fraude, d’usage de faux ; l’adoption de la loi 046-2024 ALT du 30 décembre 2024 relative à la Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP), et le retrait du Burkina Faso de la liste des juridictions sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI), communément appelée « liste grise », en octobre 2025, dans le cadre du processus du Groupe d’examen de la coopération internationale (GECI ou ICRG) en matière de LBC/FT/FP.
Dans la même dynamique, l’Etat a aussi engagé l’amélioration de la gestion budgétaire et du patrimoine de l’Etat, traduite par l’opérationnalisation de la phase II du SI N@folo, l’audit des ministères et institutions, la consolidation des comptes, la mise en place du circuit intégré des missions, la centralisation accrue des soldes sur le Compte unique du Trésor (CUT), ainsi qu’une surveillance continue des flux de trésorerie et l’exécution budgétaire. Toujours sur l’assainissement des finances publiques, plus de 22 milliards FCFA ont été recouvrés à la date du 31 décembre 2025, auprès des détourneurs des biens mal acquis au détriment du bien-être des populations.
Cette prouesse est à mettre à l’actif de l’Agence judiciaire de l’Etat (AJE) et de l’Agence nationale de gestion et de recouvrement des avoirs saisis ou confisqués (ANAGRASC). Mieux, les Burkinabè ont décidé de faire leur guerre, pour cela, ils ont cotisé près de 500 milliards FCFA, dans le cadre du Fonds de soutien patriotique en trois ans.
Fraude d’or: plus de 11 milliards FCFA recouvrés en 3 ans
L’or, premier produit d’exportation du Burkina Faso, se révèle être le moteur de croissance du pays. Des actions fortes ont été engagées dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances minérales, entre 2021 et 2024. Celles-ci ont permis de saisir 103.016,84 grammes d’or et de recouvrer 11.619.696.714 FCFA au profit du Trésor public. De 2021 à 2024, ce sont 845 conventions de financement qui ont été signées pour un montant total de 8.551,51 milliards FCFA. Toutefois, sur la période 2016-2024, le nombre et la valeur des conventions signées par le Burkina Faso sont en baisse, due à la suspension des décaissements de certains partenaires en lien avec le contexte institutionnel.
Ambéternifa Crépin SOMDA
La bonne gestion des finances publiques de 2021 à 2024 a permis:
– la création de 65.908 emplois décents à travers le financement des projets de jeunes et des femmes ;
– (ii) le financement des start-up à hauteur de 9 milliards FCFA ;
– le financement des PME/PMI à hauteur de 12,371 milliards FCFA ;
– la création de la Caisse des dépôts et d’investissement, la Banque des dépôts du Trésor (BDT), la Banque postale du Burkina Faso et l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC). Ces instruments contribuent à renforcer l’accès au financement des PME/PMI.


