- Plusieurs producteurs agricoles réunis autour d’une foire
- Trois groupements primés pour la quantité et la qualité de leurs productions
- La rencontre est organisée par l’Union fraternelle des croyants (UFC)
Les années passent et les Journées du maraîcher du Sahel se positionnent comme une activité phare dans la promotion des productions locales. Les 27 et 28 février 2026, ces journées se sont te- nues pour la 21e fois consécutive au Centre social de l’Union fraternelle des croyants (UFC) à Dori, sous le thème «Les Journées du maraîcher du Sahel, une contribution locale pour une souveraineté alimentaire et une résilience des communautés du Liptako face aux chocs climatiques et sécuritaires».
Pour le Coordonnateur de l’UFC, le choix du thème s’explique par 3 principales raisons. Il s’agit d’œuvrer au renforcement de la souveraineté alimentaire, à la résilience face à la double crise (climatique et sécuritaire) et la valorisation des solutions endogènes. Cadre d’échanges, de valorisation des productions locales, les JMS sont aussi une occasion d’écoulement des productions.
Les JMS de ces dernières années se tiennent dans un contexte climatique et sécuritaire très difficile pour la région du Liptako. Cette situation fait de leur tenue des actes de bravoure. « Les régions du Liptako et du Soum (ex-Sahel), tout comme le reste de notre chère patrie le Burkina Faso, traversent des moments difficiles. La crise sécuritaire et humanitaire a profondément bouleversé la vie des populations et fragilisé les moyens de subsistance. Nombreux ont dû abandonner leurs terres, leurs outils de production, leurs repères. D’autres sont restés, travaillant avec courage malgré la peur et l’incertitude. Produire est devenu un acte de bravoure. Cultiver la terre est devenu un acte de résistance », a relevé Boureima Dango, représentant le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, parrain de l’édition.
Il a aussi ajouté que la tenue de cette 21e édition était une victoire morale. Selon
lui, c’est aussi la preuve que la vie conti- nue, la preuve que la terre répond encore à l’effort de l’homme et aussi la preuve que l’espoir est toujours possible. Abondant dans le même sens, Yaya Koné, Haut-Commissaire représentant le Gouverneur de la région du Liptako, a souligné avec force la nécessité d’avoir une agriculture qui répond aux attentes des populations.
« Face aux défis sécuritaires, la réponse doit être globale : sécuritaire, certes, mais aussi économique, sociale et morale. Une agriculture dynamique, des coopératives fortes, des marchés fonctionnels et des communautés solidaires constituent les fondements d’une région stable et prospère », a indiqué le Haut-Commissaire.
Des producteurs distingués
C’est ce qui a convaincu François Paul Ramdé, Coordonnateur de l’UFC, que les producteurs sont les acteurs silencieux de la résilience au Sahel. Au total, 15 groupe- ments de producteurs ont pris part à l’expo- sition-vente organisée lors des JMS. Trois d’entre eux ont été primés pour la quantité et la qualité de leurs productions. Il s’agit
de ceux de Kalo (1er), de Amsia (2e) et de Bouloye (3e). Ils ont reçu des moyens et des outils de production. Depuis 2006, les JMS contribuent chaque année à la promotion de la production locale réalisée avec le soutien de l’Union fraternelle des croyants et ses partenaires. A noter que l’Union fraternelle des croyants de Dori est une association inter- confessionnelle née de la tourmente de la famine de 1969, sous l’impulsion du Révérend Père Lucien Bidaud. Portée à sa création par le Père Bidaud et 12 volontaires musulmans ; 6 catholiques manda- tés par leurs communautés respectives, elle avait pour mission, dès sa création, d’organiser la distribution des vivres reçus de partenaires aux populations démunies. Après cette période de famine et d’urgence humanitaire l’UFC-Dori s’est engagée dans des programmes de développement auprès des populations locales, à travers la réalisation d’ouvrages hydrau- liques (puits et bouli), (le bouli est une retenue d’eau de surface), l’organisation et l’accompagnement des populations locales pour leur auto-prise en charge, etc.
Jacques Théodore BALIMA (Collaborateur)
Aménagement de périmètres maraîchers : le gouverne- ment engagé à Dori
Le ministre Directeur de Cabi- net du président du Faso, le Capi- taine Martha Céleste Anderson Medah, a ouvert, le 3 mars, à Dori, une série de remises de périmètres maraîchers aménagés au profit des femmes sur l’ensemble du territoire national. Dans la région du Liptako, c’est un site clôturé de 2 hectares, avec un château de 10 mètres cubes alimentant 14 bassins, qui a été re- mis aux femmes de Dori. Selon le ministre Directeur de Cabinet, ce site a été aménagé au profit des femmes sur instruction du président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. C’est une suite logique de l’action réalisée l’année dernière dans le village de Zongo, à Loumbila, dans le cadre de la com- mémoration du 8-Mars. « Cette initiative se poursuit dans plusieurs régions. Cette année, 6 régions sont bénéficiaires et nous allons continuer le travail pour les autres régions », souligne le Capitaine Medah. Le ministre Directeur de Cabinet du président du Faso rappelle qu’il est important d’accompagner les femmes et de leur donner les moyens pour leur permettre de s’épanouir, de s’exprimer et d’agir dans la dynamique commune du développement du Burkina Faso.



