
• A l’issue de l’opération « Fôlôkôto » (Tourbillon)
• Des produits d’une valeur estimée à plus de 1,6 milliard FCFA
• Le patriotisme des équipes salué par le DG

La Douane burkinabè veille au grain pour la sécurité des populations. Ces dernières années, les douaniers ont multiplié des saisies de plus en plus importantes de produits prohibés ou impropres à la consommation, garantissant de meilleures conditions de vie aux Burkinabè. C’était encore le cas, le mardi 24 février 2026, à Ouagadougou. Le Directeur général des Douanes, Dr Yves Kafando, a présenté à la presse un lot de produits interdits et impropres saisis par ses services, lors de l’opération «Fôlôkôto» ou Tourbillon en français, en cours depuis le 26 janvier 2026, sur l’ensemble du territoire.

L’opération a permis de saisir plusieurs produits de diverses natures dans différentes localités du Burkina Faso. Il s’agit, notamment, de Tenkodogo (région du Nakambé), de la zone de Gaoua, Banfora, etc. Les produits saisis par les services des Douanes se composent de 54 boules de chanvre indien (drogue), 150.000 œufs impropres à la consommation, 381 sacs de sucre, 5.295 bâtons d’explosifs utilisés dans les mines, 140 sacs de cyanure dissimilés dans des camions transportant du clinker, 3.744 cartons de biscuits. La fraude a aussi concerné les sociétés d’hydrocarbures Barka Energies (ex-Total) et Shell. En effet, des huiles-moteurs conditionnées dans des cartons et estampillées aux logos des deux sociétés et des batteries lithium, des sacs de sachets plastiques ont aussi été saisis par les limiers de la Douane.
Un gros lot de Tapentadol dans les mailles

La saisie spectaculaire est le Tapentadol qui est un antalgique opioïde de palier 3, puissant, utilisé en médecine pour le traitement des douleurs chroniques ou aiguës (arthrose, cancer, douleurs neuropathiques) chez l’adulte. Il présente des risques de dépendance, d’accoutumance et de dépression respiratoire, et ses effets secondaires sont les nausées, les vertiges, la somnolence et les maux de tête. «Je ne suis pas tout à fait sûr même que ce produit ait déjà été enregistré dans le circuit normal dans notre pays», s’est interrogé le Pr Elie Kabré, Directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé.
Ce puissant antalgique, qui fait, selon le Directeur général des Douanes, Dr Yves Kafando, une alerte dans les Douanes, allait être distribué dans un circuit hors médical. On se rappelle du tramadol qui continue de susciter des inquiétudes au sein de la population, au regard de sa très grande consommation par les jeunes. La mise hors circuit de ces 313 cartons dont la valeur marchande est estimée à 800 millions FCFA est un acte qui permet de préserver la santé des Burkinabè.
Le patriotisme des douaniers salué par le DG
Pour Dr Yves Kafando, ses hommes ont refusé la proposition indécente d’une forte somme de la part des importateurs de ce produit pour laisser entrer le Tapentadol sur le territoire burkinabè. «Des propositions ont été faites. 100 millions FCFA ont été proposés aux agents sur le terrain. Je pense qu’ils ont internalisé aujourd’hui que nous sommes dans une Révolution progressiste populaire. Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir résister face à cette proposition. Je mets un point d’honneur sur cette question, parce qu’ils ont fait preuve de patriotisme que je tiens à saluer », a insisté Dr Yves Kafando.
Dr Ruth Kaboré/Sawadogo de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique, Vincent Ouédraogo, Directeur général de Barka Energies, ont salué les efforts des douaniers qui ont permis de saisir ces produits et de mettre hors d’état de nuire ces individus qui s’adonnaient à ces pratiques interdites par la loi et la morale.
Tout en annonçant que la lutte contre la fraude va encore monter d’un cran en 2026, le Directeur général des Douanes a appelé les populations à contribuer à cette lutte en dénonçant auprès de ses services des cas de fraude. «C’est la population qui doit lutter contre la fraude. Les administrations techniques sont les bras policiers. C’est en cela que j’invite la population à collaborer et à dénoncer ces pratiques. Ce qui nous a été donné de voir pour le cas du cyanure, qui a été camouflé dans le clinker, ce n’est pas à travers le scanner que nous avons découvert cela. C’est un réseau de renseignement, nourri et entretenu, qui nous a permis de découvrir cela», a-t-il ajouté.
Jacques Théodore BALIMA (Collaborateur)




