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Contribution de la diaspora burkinabè: « Diaspora Bonds» pour consolider la souveraineté économique

• Plus de 240 milliards FCFA attendus

• Pour financer des unités industrielles, des routes, etc.

• La diaspora engagée au profit du Fonds de soutien patriotique

Le gouvernement burkinabè est résolument engagé sur la voie de la souveraineté économique. Et pour preuve, en lieu et place des aides au développement, le gouvernement a opté pour des mécanismes financiers innovants et surtout endogènes. Sur ce premier ressort, on peut citer le Fonds de soutien patriotique (FSP), instrument financier endogène qui a permis de mobiliser, en 2025, plus de 222 milliards FCFA, contre 175 milliards FCFA en 2024. Depuis son lancement en 2022, cette initiative a permis de mobiliser plus de 496 milliards FCFA au profit de la défense nationale et des projets stratégiques. 

Et depuis le 23 février 2026, l’Etat burkinabè a franchi un autre cap en lançant un nouvel outil de mobilisation des ressources destinées à la diaspora burkinabè dénommée la « Diaspora Bonds». Pour le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, qui a présenté le projet, il s’agit d’une nouvelle initiative du gouvernement visant à renforcer la mobilisation des ressources auprès de la diaspora burkinabè pour le financement des secteurs de développement structurants.

Début des souscriptions : 16 mars 2026

Les « Diaspora Bonds » sont des obligations émises par l’État et spécialement conçues pour les Burkinabè résidant à l’étranger en leur offrant la possibilité d’investir directement dans le développement économique et social du Burkina Faso. L’initiative est portée par le ministère de l’Economie et des Finances, en collaboration avec Vista Group Holding et le ministère des Affaires étrangères. A l’occasion de la présentation du projet, les parties prenantes ont expliqué les conditions de souscription, les mécanismes de transfert des fonds vers le Trésor public, les avantages pour la diaspora de participer à cet investissement, la communication autour du projet, etc. Il est aussi attendu qu’à travers cette forme de financement endogène, la diaspora burkinabè puisse une fois de plus exprimer leur “patriotisme”. Le montant global attendu de cette mobilisation de ressources est de 240 milliards FCFA, destinés à financer la mise en place d’unités industrielles, d’infrastructures routières, et plusieurs autres projets structurants au Burkina Faso. Pour sa souscription, la diaspora devra attendre le 16 mars 2026 pour laisser parler son cœur envers la mère Patrie.  

Des transferts courants à hauteur de plus de 200 milliards FCFA

En attendant que le projet « Diaspora Bonds » porte ses fruits, il faut retenir que les Burkinabè qui se sont retrouvés à l’extérieur du pays n’ont jamais rompu le lien avec la mère Patrie. Dans son exposé sur la situation de la Nation, prononcé devant l’Assemblée législative de transition (ALT) le 30 janvier 2026, le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, est revenu sur leur énorme apport financier à l’économie de leur pays. « Outre les transferts courants à hauteur de plus de 200 milliards FCFA, leur contribution au développement national s’est traduite, en 2025, par la mobilisation de près de 494 millions FCFA au profit du Fonds de soutien patriotique », a-t-il révélé. Pour le chef de l’Exécutif, cela représente plus du quart des contributions volontaires.

Ambéternifa Crépin SOMDA

Retour sur les Diaspora Bonds en Afrique

Les États francophones de l’Afrique de l’Ouest rejoindront-ils bientôt la poignée de leurs confrères anglophones, Éthiopie, Ghana, Kenya, Rwanda et Nigeria,  parmi les émetteurs d’obligations ciblant la diaspora ? C’est le souhait d’Edoh Kossi Amenounvé,  Directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), à Abidjan. «La diaspora africaine, qui transfère chaque année plus de 38 milliards de dollars vers le continent, a envie d’investir et de participer au développement des pays d’origine. Elle recherche un moyen sécurisé et rémunérateur pour le faire, nous voulons lui en proposer un », affirmait-il, de passage à Paris, début août 2025. Et selon l’ancien économiste en chef de la BAD, Mthuli Ncube, aujourd’hui ministre zimbabwéen des Finances, « près de 10 milliards de dollars peuvent être collectés chaque année auprès de la diaspora africaine ».

Connus depuis les années 1930, ces instruments financiers sont populaires en Asie et au Moyen Orient. Israël en émet pour plus de 1 milliard de dollars par an depuis 2013. Leur adoption par les pays africains est plus récente et n’a pas été aisée. Certes, le Nigeria a émis avec succès un Diaspora Bond de 300 millions de dollars en 2017, tandis que l’Éthiopie a obtenu 58 millions de dollars en mars pour son Renaissance Dam Bond, adossé au barrage de la Renaissance, en construction. Mais les débuts ont été poussifs. Entre 2007 et 2011, l’Éthiopie, le Ghana et le Kenya ont échoué à mobiliser suffisamment de demandes pour trois Diaspora Bonds. Selon Cyrus Rustomjee du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, les membres de la diaspora « insistent pour investir dans un environnement économiquement stable, sans risque pour le rapatriement des intérêts et des capitaux et sans risque monétaire ».

Source:https://www.brvm.org/fr/mediacentre/actualites/diaspora-bonds-la-brvm-se-reve-en-premier-de-cordee

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