Plan d’urgence de la campagne sèche 2026-2027: 254,79 milliards FCFA pour dix opérations commando

• Pour rendre productif un patrimoine existant inexploité
• Et créer de la superficie irriguée neuve
• Des résultats dès cette campagne sèche pour le volet conjoncturel et au 31 octobre 2027 pour le volet structurel
«Très bonne leçon ». C’est ainsi que le chef de l’État a qualifié la faible pluviométrie et les poches de sécheresse de la campagne 2026, lors de son grand oral avec la presse, le dimanche 27 septembre 2026. Pour mieux saisir cette opportunité, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a élaboré un Plan d’urgence de la campagne sèche 2026-2027. Pour les détails, trois cadres du ministère étaient face à la presse dans l’après-midi du jeudi 08 octobre 2026 : le Secrétaire technique de l’Offensive agro-pastorale et halieutique (OAPH) 2026-2030, Amos Kiénou ; le Directeur général en charge des aménagements agro-pastoraux et du développement de l’irrigation (DGADI), Moussa Poulmawendé Zida, et le Directeur général de la Société Faso Agropôles, Oula Damien Ouattara. C’est lui d’ailleurs qui a présenté ledit Plan. Il s’agit d’un ensemble de dix (10) opérations en deux volets qui vont coûter 254,79 milliards FCFA hors taxes. Les cinq opérations conjoncturelles visent à rendre productif un patrimoine existant inexploité : forages à prix subventionné, un bas-fond, un forage ; zéro parcelle non exploitée autour des points d’eau ; zéro périmètre irrigué inachevé non exploité et zéro parcelle non exploitée dans les périmètres. Les cinq autres opérations sont structurelles et vont contribuer à créer de la superficie irriguée neuve en nombre et dans un délai contraint : prospection de nouveaux périmètres à aménager ; terrassement urgent de 60 000 ha ; aménagement commando de 50 000 hectares, mobilisation des VDP agricoles et mobilisation des artisans nationaux. Les résultats sont attendus dès cette campagne sèche pour le volet conjoncturel et au 31 octobre 2027 pour le volet structurel.
En termes de mobilisation des moyens, le Plan compte démarrer avec ce que la Nation possède. Pour le parc d’engins, Faso Mêbo, SONATER, ONBAH et le Génie militaire seront mobilisés. Dix-sept (17) ateliers de forage, dont cinq (05) publics et douze (12) loués au privé national. Les artisans nationaux, à travers le réseau Burkina Suudu Bawdè, seront chargés de la conception des 4 626 vannes. Les 8 000VDP agricoles auront un droit prioritaire d’attribution de parcelle. Trois conditions commandent le résultat : un approvisionnement en carburant sans rupture ; le terrassement exécuté au préalable et l’exécution en régie, qui fait gagner six à neuf mois de procédure.
La première opération est lancée depuis le 09 octobre. Au total, sept cent cinquante (750) forations seront réalisées à titre gratuit, durant soixante (60) jours de campagne de foration, pour un débit minimum de 5 m³/h requis par forage. L’Etat prend en charge la foration, pour un seul essai, le développement du forage, la fourniture et la pose du tubage PVC, l’essai de pompage, l’analyse de l’eau, et l’accompagnement technique pour l’installation de la pompe. Le bénéficiaire devra financer la prospection géophysique préalable d’identification du point à forer, la pompe immergée, le champ solaire et les accessoires afférents.
Sur les délais impartis, la constitution des dossiers de candidatures, la superficie requise, les conférenciers se sont voulus rassurants. Le projet a été pensé pour permettre à toutes les couches d’en être bénéficiaires, et surtout d’être productives immédiatement. « Si nous continuons de forer jusqu’en janvier, février, ça ne serait pas forcément utile pour cette campagne sèche, alors que nous prévoyons d’autres mesures de grandes envergures pour renforcer notre capacité structurelle à faire face à ce type de stress, de pluie tel que nous l’avons vécu », a prévenu Oula Damien Ouattara. « Nous aurions pu dire que même si tu as 0,25 hectare, on peut aller faire cette foration à ton niveau. Mais avouons que c›est un investissement important que l›État est en train d›assumer, et qu›il faut un minimum de superficie pour pouvoir rassurer de la rentabilité de l›investissement à faire. Tout cela contribue à une logique globale d›une production attendue. Voilà pourquoi il faut un minimum de superficie qui est de 2 hectares, pour nous permettre de nous rassurer que l›investissement à faire sera effectivement rentable, au regard des superficies en perspective d’être exploitées », a-t-il ajouté pour expliquer le choix d’une superficie minimale pour bénéficier de l’opération.o
Moumouni SIMPORE
