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Mois du consommer local dans l’UEMOA: A l’épreuve des mutations du commerce mondial

• Une invite à repenser l’espace économique

• Et à définir la place de l’Union dans le commerce mondial de demain

• A travers conférence, exposition-vente, remise des prix du mérite

Le 2 octobre, une conférence sur le thème de l’édition a permis aux participants de cerner les enjeux du moment. (Ph: Yvana SAMA)

Et de sept pour le mois consacré au consommer local dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le siège de l’institution a abrité la cérémonie officielle de lancement, le jeudi 1er octobre 2026, à Ouagadougou.     

On se rappelle que le « Mois d’octobre, Mois du consommer local » a été institué par la Réunion des ministres chargés du commerce des États membres, le 25 octobre 2019, à Ouagadougou, et a connu depuis lors six éditions qui ont permis de rapprocher producteurs et consommateurs, de multiplier les espaces de rencontres entre les opérateurs économiques et de faire progresser, dans chacun de nos huit (8) États, la réflexion sur les conditions d’une meilleure valorisation de notre potentiel productif.

Le commissaire, Pr Filiga Michel Sawadogo, a présidé la cérémonie d’ouverture au nom du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop.

Pour l’édition 2026, la réflexion va porter, tout au long du mois d’octobre, sur « Consommer local, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique de l’UEMOA face aux mutations du commerce mondial ». Il s’agit de la confirmation de l’attachement de tous les États membres à cette initiative, comme l’a précisé le commissaire chargé du département du marché régional et de la coopération, Pr Filiga Michel Sawadogo, en présidant la cérémonie d’ouverture au nom du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop:  « Ce thème n’a pas été choisi par routine. Il traduit une lecture attentive du contexte actuel par la Commission de l’UEMOA et les États membres. Les conflits au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine, la multiplication des barrières tarifaires et non tarifaires, ainsi que la réduction des facilités d’accès aux marchés, y compris de certaines préférences commerciales accordées à nos États membres, fragilisent nos économies et accentuent les tensions commerciales. Parallèlement, la décision de la Chine de supprimer, depuis le 1er mai 2026, les droits de douane sur les produits provenant de cinquante-trois (53) pays africains ouvre une opportunité que nous devons saisir pleinement ».

Venue du Togo, cette exposante espère faire de bonnes affaires.

Le programme a prévu, notamment, une conférence sur le thème de l’édition, le 2 octobre, une exposition-vente et une cérémonie de remise des prix du mérite destinés à promouvoir les produits locaux de l’espace communautaire. Tout au long du mois d’octobre, plusieurs activités seront également organisées dans les États membres de l’UEMOA, afin de sensibiliser les populations à l’importance de consommer les biens et services produits dans l’espace communautaire. La conférence autour du thème de l’édition a permis aux participants de mieux cerner la stratégie de l’UEMOA qui vise à renforcer la compétitivité des entreprises et la structuration des chaînes de valeur régionales. Il ne s’agit plus non seulement de les identifier, mais de les faire fonctionner à l’échelle régionale, en reliant chaque maillon de la chaîne, de la production à la distribution. La foire régionale qui s’est ouverte après la cérémonie d’ouverture a réuni sous un même toit, l’offre productive des huit (8) États membres et donné à voir, concrètement, ce que les entreprises sont déjà capables de produire, de transformer et de vendre les unes aux autres. C’est aussi pour chaque exposant l’occasion de rencontrer des clients, des partenaires et des marchés qu’il lui aurait fallu, autrement, des années pour atteindre.

Pour le Burkina Faso, le « Mois du consommer local » rejoint directement son orientation en matière de transformation structurelle de l’économie. Le pays, sans littoral, entend  développer les petites, moyennes et grandes industries manufacturières fondées sur la transformation des produits locaux et la diversification des exportations. La transformation locale et l’ouverture vers les marchés voisins sont présentées comme des éléments de résilience face aux aléas du commerce international. Représentant le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, le conseiller technique, Raoul Tiéné, a établi un lien avec l’histoire récente du Burkina Faso en matière de promotion des produits locaux, en rappelant les idéaux associés à Thomas Sankara et le mot d’ordre « Consommons ce que nous produisons, produisons ce que nous consommons ». Citant le Faso Danfani, le poulet bicyclette et le chapeau de Saponé comme des produits illustrant déjà cette volonté, il a aussi énuméré plusieurs initiatives de transformation en cours, notamment dans la tomate, l’anacarde et le textile, pour renforcer cette politique.

Moumouni SIMPORE

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