Burkina Faso-Banque mondiale: un nouveau Cadre de partenariat 2026-2031, mêmes priorités que le Plan RELANCE

• Des priorités communes définies
• Santé, éducation et infrastructures parmi les secteurs qui comptent plus
• Un portefeuille de 29 projets pour 2 342 milliards FCFA en 2025
Pour les cinq prochaines années, une nouvelle feuille de route va guider le partenariat entre le Burkina Faso et la Banque mondiale. Le Cadre de partenariat pays (CPP) 2026-2031, c’est de ce référentiel qu’il s’agit, a été lancé le 2 octobre 2026, à Ouagadougou. Ce fut au cours d’une cérémonie marquée par la présence de la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, et du vice-président Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, Ousmane Diagana.

Le cadre de collaboration convenu entre les deux parties se veut être le fruit d’un processus de « co-construction », élaboré sous le leadership du Burkina Faso, avec les équipes de la Banque mondiale, selon la ministre déléguée, Fatoumata Bako. En effet, sous le titre « Consolider les acquis, promouvoir la croissance et favoriser la création d’emploi pour la jeunesse », la feuille de route commune s’articule autour des priorités nationales inscrites dans le Plan RELANCE, référentiel de développement du Burkina Faso pour 2026-2030. Ce programme d’envergure, faut-il le rappeler, est évalué à environ 36 000 milliards FCFA, avec comme principale source de financement la mobilisation des ressources endogènes.
L’emploi des jeunes comme fil conducteur
Selon la ministre Bako, les priorités du Faso se concentrent sur les domaines de la santé et de l’éducation, de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire, ainsi que l’accès à l’électricité. Pour elle, l’investissement dans ces axes répond au besoin de renforcer le capital et l’accès aux services essentiels, à accroître la productivité agricole et à renforcer la sécurité alimentaire, tandis que l’énergie servira à booster l’industrialisation en cours.

Le vice-président de la Banque mondiale inscrit ce nouveau pacte dans la continuité de plus de six décennies de partenariat entre l’institution internationale et le pays des Hommes intègres. Il intervient également, au terme du Cadre de partenariat 2018-2024, mis en œuvre dans un contexte « particulièrement difficile », marqué, selon Ousmane Diagana, par « des défis sécuritaires et humanitaires, des crises mondiales successives et des contraintes opérationnelles ». Mais un contexte qui n’a pas empêché d’engranger des acquis. Parmi les acquis, il a, notamment, mentionné l’accès à l’eau potable d’environ 850 000 personnes, la réintégration d’environ 430 000 élèves déplacés dans le système scolaire ou encore l’accès de plus de Burkinabè à l’énergie, contribuant à améliorer leurs conditions de vie et à créer de la valeur. « Ce sont des enfants qui peuvent étudier le soir à la lumière, des hommes et des femmes qui développent leurs activités génératrices de revenus et des communautés entières qui gagnent en dignité, en opportunités et en espoir », se réjouit Ousmane Diagana. Pour le représentant de la Banque mondiale, l’idée de ce nouveau cadre de partenariat est donc de capitaliser sur les acquis, et d’ajuster les résultats à la lumière de la vision des autorités du pays et de leurs priorités. Et de souligner que les attentes de la population, des jeunes, en particulier, se concentrent sur la création d’emplois, ce qui nécessite d’investir dans le capital humain, l’éducation et la formation professionnelle, l’agriculture, l’énergie et les infrastructures plus résilientes face au changement climatique.
Passer de l’intention à l’action
Sur l’agriculture, Ousmane Diagana a plaidé pour un double effort de quantité et de qualité. « C’est le secteur de développement par excellence. C’est le secteur où il y a déjà de nombreux emplois, mais ces emplois peuvent augmenter davantage et surtout devenir des emplois de meilleure qualité », a-t-il affirmé, appelant les jeunes à devenir « eux-mêmes des entrepreneurs agricoles », créateurs d’emplois à leur tour. L’énergie, selon lui, conditionne tout le reste : « Sans énergie, aucune entreprise, quelle que soit sa taille, petite, moyenne ou grande, ne peut prospérer, ne peut durer. » Le nouveau cadre de partenariat lancé, il ne reste plus qu’à passer à l’action. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de vite y aller. « Il s’agit maintenant pour les différents acteurs ministériels d’aller vers la définition des différentes initiatives sectorielles, pour pouvoir aller concrètement vers l’opérationnalisation et capter un maximum de ressources. », a indiqué la ministre Bako. Et d’inviter les deux parties à poursuivre la dynamique de collaboration, afin d’aboutir à des résultats concrets au bénéfice de la population.
Béranger KABRE (Collaborateur)
Un portefeuille passé de 1 580 à 2 342 milliards FCFA en cinq ans
Après plus de 60 ans de collaboration, la Banque mondiale se positionne comme un partenaire de premier plan du Burkina Faso, au regard de la récente évolution de son portefeuille pour le pays des Hommes intègres. En effet, selon le vice-président Afrique de l’Ouest et du Centre, ce portefeuille est passé de 1 580 milliards FCFA en 2020 à environ 2342 milliards FCFA en 2025, avec 29 projets actifs couvrant les secteurs clé du développement.


