• A l’occasion de la troisième édition de la SEI
• Par des experts de l’éducation et de l’inclusion financière
• Dans une dynamique d’éduquer la population financièrement
La troisième édition de la Semaine de l’épargne et de l’investissement (SEI), qui a refermé ses portes le 7 février dernier, a été riche en réflexions. Du panel inaugural aux communications sur les thèmes spécifiques, en passant par les keynotes et les met-up, le programme déroulé aura permis de cerner de multiples enjeux liés à l’épargne et à l’investissement. Cela, autour du thème central : « De l’épargne à la prospérité : bâtir aujourd’hui et transmettre demain ».

Coanimateur du panel inaugural, Dr Boubakar Thiombiano, expert en inclusion financière à l’Agence nationale de promotion de la finance inclusive (ANPFI), a centré son exposé sur la question de l’épargne. Selon le spécialiste en éducation financière, l’épargne doit être une préoccupation pour tout travailleur, même lorsque le revenu est modeste. Ce dont il faut pour constituer l’épargne, « c’est de la discipline et de la méthode », a suggéré Boubakar Thiombiano. Pour le spécialiste, l’épargne participe de la gestion rationnelle des revenus et est un socle de la sécurité financière.
Pour cette gestion rationnelle de ses ressources, Dr Thimobiano a suggéré quatre étapes. La première consiste à se fixer des objectifs de vie, avec à la clé des questions à se poser : « Qu’est-ce que je veux sécuriser, qu’est-ce que je veux construire et qu’est-ce que je veux transmettre ? ». Selon l’expert, ce questionnement permet d’avoir des résultats mesurables. La deuxième étape consiste à subdiviser l’épargne en trois niveaux correspondant à des besoins : une épargne sécurité (pour faire face à vos urgences), une autre destinée aux projets (logement, activité génératrice de revenus, acquisition d’équipements, etc.) et une épargne dite d’avenir (pour préparer la retraite, l’éducation des enfants, etc.).
La troisième et dernière étape, selon Dr Thiombiano, porte sur la transmission patrimoniale. Il s’agit, selon lui, de décider de ce que l’on épargne pour transmettre à ses enfants. Pour cette étape, le panéliste a suggéré de recourir aux institutions formelles existantes. Par exemple, les Sociétés de gestion et d’intermédiation financière (SGI), qui proposent des produits d’investissements adaptés. « Si vous arrivez à avoir un compte-titres pour vos enfants, cela peut, par exemple, leur permettre de payer leur scolarité eux-mêmes », a expliqué Boubakar Thiombiano. Pour lui, la transmission est un processus qui implique la traçabilité des actifs et une sensibilisation des héritiers à la bonne gestion financière. « Parce qu’on a vu des situations où des parents ont légué des biens et moins d’une année après, ces biens ont été dilapidés », déplore Boubakar Thiombiano.
Fancho Hermann Traoré, Directeur général de Coris Bourse, également panéliste de la conférence inaugurale, s’est, lui, attardé sur les instruments d’investissements accessibles qui existent aujourd’hui et qui permettent d’effectuer des placements d’argent. Selon lui, l’investissement en bourse offre de meilleures opportunités. Alors que la bourse est perçue dans l’imaginaire du grand nombre comme un domaine inaccessible, le patron de Coris Bourse soutient tout le contraire, invitant à s’affranchir de ces idées reçues et à saisir de réelles opportunités. « L’ouverture d’un compte-titres ne nécessite pas grand-chose : deux photos, une pièce d’identité, un justificatif de domicile et un investissement initial de 50 000 FCFA », a assuré Hermann Traoré. S’agissant des types d’instruments sur lesquels peuvent porter les investissements en bourse, M. Traoré a cité, entre autres, les emprunts obligataires (avec l’avantage de ne pas comporter de risques sur le retour sur investissement), les actions (autorisant à participer à la vie de l’entreprise et d’en être attributaire des bénéfices). En dehors du panel inaugural, il faut dire que l’ensemble des sessions techniques de cette troisième édition de la SEI a été riche en enseignements. Ce fut le cas, par exemple, du met-up avec deux figures de proue de l’entrepreneuriat burkinabè, pour ne pas citer le Président-Directeur général de la Société de production de savon, SPH, Moumouni Konaté, et le patron de Ismo international (spécialisée dans le curage des fosses septiques), Ismaël Ouédraogo. Deux parcours inspirants, pour avoir su bâtir durablement des empires économiques sur les valeurs du dévouement et la persévérance, malgré une modicité des moyens de départ.
Béranger KABRE (Collaborateur)
Motifs de satisfaction du Comité scientifique de la SEI à l’issue des réflexions
A l’issue des différentes réflexions, le Comité scientifique a affiché des motifs de satisfaction. Boubakar Thiombiano, président dudit comité, s’est réjoui de ce que la SEI 3 a permis de : sensibiliser un public diversifié aux enjeux de l’épargne et de l’investissement, ainsi qu’à la planification financière ; d’inculquer aux enfants des notions fondamentales d’épargne et de responsabilité financière, contribuant ainsi à l’émergence d’une culture financière précoce et la préparation citoyenne pour des choix économiques éclairés; de renforcer la compréhension des mécanismes financiers accessibles aux ménages, de promouvoir les produits et services financiers responsables et de consolider les partenariats entre les acteurs de l’écosystème financier. « Au-delà de son caractère pédagogique, la SEI a constitué un espace stratégique de réflexion collective sur la construction d’une prospérité durable, fondée sur la mobilisation de l’épargne nationale, l’investissement productif et la transmission intergénérationnelle des actifs financiers ».

