Dr Victor Sanou, président du bureau provisoire: « …faire en sorte que l’ASFA joue les premiers rôles dans le Faso foot »
Le 4 juillet dernier, le comité central de l’Association sportive du Faso-Yennenga (ASFA-Yennenga) a tenu une Assemblée générale extraordinaire. Celle-ci a abouti à la présentation des membres du bureau exécutif provisoire, présidé par Dr Victor Sanou pour les 6 prochains mois.
L’Economiste du Faso l’a rencontré à l’issue de la rencontre. Dans cette interview, Dr Sanou revient sur les missions du bureau, les ambitions du club pour la prochaine saison, ainsi que sur le sort de l’entraineur, remercié par l’ancien bureau.
L’Economiste du Faso : L’ASFA a tenu son Assemblée générale extraordinaire le 4 juillet dernier, qu’est-ce qui a prévalu à cela ?
Dr Victor Sanou, président du bureau provisoire : Il faut déjà dire que je suis satisfait de la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire, parce que, comme de véritables VDP, nous avons réussi à sauver la situation administrative du club. L’Assemblée générale, avant celle du 4 juillet, s’était tenue le 7 juillet 2024. Il était impératif que l’Assemblée générale tienne ses instances pour ne pas être en porte-à-faux vis-à-vis des textes.
Le ministère de l’Administration territoriale est aujourd’hui regardant sur le respect de ces échéances. Dans ce sens-là, le PCA avait instruit le comité central d’organiser, avant le 7 juillet, l’Assemblée générale. Et c›est ce qui a été fait. Mais on n’avait pas eu le temps de trouver un consensus pour avoir un bureau, parce que les parties n’étaient pas toutes préparées et il y avait des avis divergents.
On a donc convenu de faire un bureau exécutif provisoire qui puisse nous permettre de mettre les structures organisationnelles en place et d’avoir un bureau consensuel pour l’avenir de l’Assemblée générale. Du coup, on est quand même dans la légalité vis-à-vis du ministère de l’Administration du territoire.
Vous avez mené les négociations ayant conduit à l’Assemblée générale du 4 juillet dernier, comment se sont déroulées ces négociations ?

On s’est retrouvé dans une situation un peu incongrue, difficile, parce que le bureau sortant, le Conseil d’administration et le Comité central auquel j’appartenais, du reste, a subitement décidé de ne plus continuer son mandat pour certaines raisons.
Lesquelles, par exemple ?
Officiellement, nous n’avons pas les raisons, parce qu’on n’a pas eu une réunion avec le PCA pour qu’il nous les donne. Mais il semblerait qu’il y a eu des mésententes avec certains membres du bureau sortant, parce que les derniers résultats de la saison n’ont pas satisfait le Conseil d’administration. Les quatre dernières défaites n›ont pas plu à certains. Donc, c’est une des raisons pour lesquelles le Comité central a décidé de ne pas continuer. Fort de cette situation, il fallait bien qu’on prenne le bâton de pèlerin pour pouvoir recoller les morceaux, pour pouvoir faire face à la situation. Nous sommes des Asphasiens de pur-sang. On ne peut pas être témoin de la déchéance de notre club.
C’est pour cela qu’on s’est investi pour aller voir toutes les parties, afin d’essayer de recoller les morceaux. Mais cela ne nous a pas permis de mettre un bureau consensuel en place. C’est pour cela qu’on a opté pour cette forme de transition.
Les avis divergents pourraient-ils expliquer l’absence de certains membres du Comité central à l’Assemblée générale, et même du PCA ?
Non, je ne pense pas que ce soit le cas, parce que le vice-président du Comité central est un entrepreneur et il avait des travaux d’urgence sur un chantier. C’est pour cela qu’il n’est pas venu. L’Assemblée générale était prévue pour le 28 juin. Mais après, on n›a pas pu faire les communiqués à temps. Le 28 juin, toutes les parties allaient être là. Le rapporteur était en déplacement et il s’est excusé. Le président du Conseil d’administration était à l’extérieur. Lui aussi il était en déplacement. Son vice-président était en mission en province. Le troisième vice-président, Ablassé Yaméogo, avait dit que par solidarité avec les membres du Conseil d’administration, il n›allait pas renouveler son mandat. Comme il est un personnage central de l’Assoir, il est sûr que s›il a dit qu›il n›allait pas renouveler son mandat, il n›allait pas prendre d›initiative. Sa présence pouvait influencer la situation. C’est du moins ce qu’il a dit.
Quelles sont les missions qui sont aujourd’hui dévouées au comité de transition que vous devez visiter ?
Le bureau provisoire a pour mission de préparer le début de la saison. On doit faire en sorte que l’ASFA soit bien préparée pour le début de la saison. C’est l’équipe de football qui va être notre priorité. On va faire un bon recrutement pour qu’on puisse être dans le haut du tableau, comme on le dit. Le deuxième mandat, c’est de travailler à la relecture des statuts et des règlements intérieurs pour les conformer aux textes du ministère des Sports aujourd’hui en vigueur, et surtout pour aller vers la société sportive. L’ancien bureau avait cette vision-là, mais qui n’a pas été partagée par les supporters. Mais on est revenu à la raison. Il faut qu’on aille à la société sportive, parce que le mécénat classique ne peut plus continuer.
Donc pour cela, il faut que les textes soient revus pour qu’on aille à la société sportive avec un système d’actionnariat. Et le troisième mandat du bureau, c’est de faire en sorte de recoller les morceaux pour qu’à l’Assemblée générale, on puisse convoquer toutes les parties pour avoir un bureau consensuel qui va être mis en place. Voilà un peu les trois missions majeures du bureau transitoire que j’ai présenté.
L’entraîneur avait été suspendu par l’ancien bureau, quel sera son sort ?
Oui, l’entraîneur avait été suspendu par l’ancien bureau pour des divergences sur l’interprétation des résultats. Mais le bureau provisoire s’est réuni, parce qu’immédiatement, on a rencontré l’entraîneur. On lui a demandé de nous faire un rapport technique sur son mandat, pour qu’on puisse faire le point des joueurs. Et après cela, on a décidé de lever la suspension de l’entraîneur pour qu’il reprenne l’équipe. C’est un des premiers actes que nous avons faits.
En termes de recrutement, y a-t-il des départs ? Avez-vous des visées sur certains joueurs ?
Là, c’est un domaine technique, donc il y a un comité qui est en place. Le comité est donc présidé par le premier vice-président, qui a rencontré l’entraîneur qui a fait ses projections de la liste des joueurs. On a aussi fait le bilan de nos joueurs à partir du rapport de l’entraîneur.
On va certainement procéder à des réajustements effectifs.
Le bureau sortant a rendu son rapport financier, peut-on se dire que vous disposez d’assez de ressources pour commencer les activités ?
Non. Le bureau a fait son bilan. Ce qui reste dans la caisse, ça ne vaut même pas 100.000 francs. Donc, on ne peut pas dire qu’on peut commencer la saison avec ça. Mais on s’est auto-organisé pour faire face à la situation. En tout cas, on se donne les moyens de pouvoir commencer la saison et on doit pouvoir commencer sans problème.
Comment comptez-vous mobiliser les ressources?
L’ASFA est une grande famille. C’est un grand club historique, parce que depuis 1947, elle existe. On a eu comme vision de rencontrer tous les anciens du club. On a fait le tour de tous les anciens du club, jusqu’au Baloum Naaba. On doit repartir à Tenkodogo, Manga pour voir les chefs. Donc, on a fait le tour. Et en même temps, il y a des personnes au-dessus du club qui sont là. Les anciens PCA ont déjà tous été contactés. Et chacun va nous donner son carnet d’adresse et nous aider avec des contributions diverses. Je crois qu’à ce niveau-là, ce n’est pas cela qui va manquer. Les bonnes volontés sont à l’ASFA et on va pouvoir faire face aux attentes.
L’ASFA avait l’habitude de recruter des joueurs qui viennent de l’extérieur, vous y pensez encore ?
Si, il y a des noms à ce niveau-là. Il y a des noms, il y a des filières extérieures qu’on est en train de pister. Mais comme ce n’est pas encore officialisé, je ne peux pas donner les noms.Mais c’est sûr qu’on est en contact avec l’extérieur pour avoir un effectif compétitif. Donc, en tout cas, on ne veut pas jouer les derniers rôles. Et puis, on a comme vision aussi de réveiller notre section jeune. A l’ASFA, on appelle ceux qui sont dehors, l’équipe junior, l’équipe de petite catégorie. Donc, c’est un peu comme l’école de football de l’ASFA. On veut vraiment mettre l’accent sur ça, parce que ça va être un peu la pépinière pour la relève. Il y a beaucoup de joueurs qui sont sortis de cette équipe réserve-là. On va mettre l’accent sur ça.
Vous avez de grands projets mais rien ne va se faire sans union. Comment comptez-vous vous y prendre ?
Alors, comment on va s’y prendre? Ce n’est pas seul qu’on pourra le faire. Une seule main ne ramasse pas la farine. Donc, dans ce sens-là, nous nous sommes confiés aux anciens. Les anciens du club, qui vont nous aider dans cette tâche-là. Les anciens, même les chefs, le fils de Maître Pacéré, qui est le chef de Manéga, les anciens PCA et le doyen d’âge du club nous aideront.
Après analyse, quelles sont aujourd’hui les forces et les faiblesses de l’ASFA?
La principale force de l’ASFA, c’est son bilan historique. C’est son histoire. C’est un grand club qui a connu de grands moments.
Nous avons des personnes de ressources d’envergure.Il y a des gens qui sont ASFA de père en fils. C’est quand même une valeur qu’on ne peut pas perdre.
C’est un vivier positif. Et puis, nous avons des idées, si on les valorise, ça va être un capital. Si on donne corps à ces idées-là, ça va pouvoir nous aider à avancer.
Propos recueillis par Jacques Theodore Balima (Collaborateur)


