Burkina Faso & Bénin: la visite qui a tout changé
• Le président béninois, Romuald Wadagni, était à Ouaga le 02 juin
• Pour “ un nouvel élan aux relations séculaires entre les deux pays”
• Des échanges commerciaux en dent de scie
Ouagadougou a accueilli, le 02 juin 2026, le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, pour une visite d’amitié et de travail en vue de “donner un nouvel élan aux relations séculaires qui unissent les peuples béninois et burkinabè”, précise le communiqué ayant sanctionné la rencontre. Cette visite avait alors permis aux deux chefs d’État de procéder à un examen approfondi des relations bilatérales, ainsi que des principales questions d’intérêt sous-régional, africain et international.
Sur la situation sécuritaire dans la sous-région, ils ont souligné l’impérieuse nécessité de renforcer la coopération, la solidarité et la concertation entre États voisins face aux menaces communes, notamment le terrorisme, la criminalité transfrontalière organisée et toutes les formes d’extrémisme violent. Ils ont réaffirmé leur détermination à œuvrer ensemble en faveur de la paix, de la stabilité et du développement durable dans l’espace ouest-africain.
Les choses sont allées vite sur le terrain un peu plus d’un mois après. En effet, le 14 juillet 2026, les Forces armées béninoises et l’armée burkinabè ont lancé une opération conjointe à Koualou, une localité béninoise située à la frontière avec le Burkina Faso. Des unités burkinabè ont rejoint les forces béninoises déjà déployées dans cette zone frontalière, afin de renforcer le dispositif sécuritaire face aux incursions de groupes armés. Nos confrères béninois, Le Matinal et La Nouvelle Tribune, précisent que cette opération prévoit, notamment, la multiplication des patrouilles, le renforcement de la surveillance des axes de passage, ainsi que la protection des populations vivant le long de la frontière. Les deux armées entendent également mieux contrôler les voies de circulation, afin de dissuader les groupes armés opérant dans cette partie de la sous-région.
Au cours de la visite du président béninois, lui et son homologue ont réaffirmé leur attachement au renforcement du dialogue politique et à l’approfondissement de la coopération entre leurs pays sur le plan bilatéral. Ils ont souligné la nécessité de bâtir un partenariat renouvelé fondé sur la confiance, le respect mutuel, la solidarité et la recherche de solutions concertées aux défis communs. En ce qui concerne les questions économiques particulièrement, les deux chefs d’État se sont félicités du potentiel et des perspectives prometteuses de coopération dans les domaines du commerce, de l’industrie, de l’artisanat, de la formation technique et professionnelle, des infrastructures de transport, de la logistique, du transit, ainsi que de la promotion des investissements. Ils ont convenu d’encourager davantage les échanges économiques et les investissements croisés au bénéfice des opérateurs économiques et des populations des deux pays. Les échanges commerciaux ont évolué en dents de scie entre les deux pays, avec une tendance à la baisse ces dix dernières années, au regard des données de l’INSD. A titre d’exemple, on est passé de 29.279.962 tonnes de marchandises en 2015 à 2.373.812 tonnes en 2025 à l’exportation. Et pour la même période en importation, on est passé de 45 596 042 tonnes à 27 400 049 tonnes de marchandises. Ces trois dernières années, les exportations du Burkina vers le Bénin ont même baissé de plus de la moitié : 4.597.627 tonnes en 2023; 4.069.529 tonnes en 2024; 2.373.812 tonnes en 2025. Les importations ont drastiquement diminué en 2023 et 2024, avant de recommencer à partir de 2025. En termes de chiffre, cela donne 29 553 460 tonnes en 2023; 19.494.965 tonnes en 2024; 27.400.049 tonnes en 2025.
Les Présidents Ibrahim Traoré et Romuald Wadagni, dans l’appréciation du rôle stratégique du Port autonome de Cotonou dans l’approvisionnement du Burkina Faso et l’importance de la fluidité des corridors de transport pour les économies des deux pays, ont marqué leur engagement à renforcer la coopération en matière de facilitation du transit, du transport et de la logistique. Pour mieux dynamiser la coopération entre les deux pays d’ailleurs, les deux chefs d’État ont instruit leurs ministres chargés des Affaires étrangères de prendre les dispositions nécessaires en vue de la tenue, dans les meilleurs délais, de la cinquième session de la Grande Commission mixte de coopération Burkina Faso–Bénin. Ils ont également encouragé l’accélération de la finalisation des projets d’accords en instance, afin de renforcer le cadre juridique de la coopération entre les deux États.
Moumouni SIMPORE



