
• En santé, éducation, eau et assainissement, qualité des services publics
• Tensobtenga et Soaw, Communes modèles à l’échelle nationale
• Une étude du CERA-FP a enquêté dans 34 Communes
Le Centre d’études et de recherche appliquée en finances publiques (CERA-FP) a enquêté sur la certification citoyenne de la délivrance des services publics au Burkina Faso en matière d’éducation de base (IPQEB), de santé de base (IPSSB), d’eau et assainissement (IPS-WASH et de gouvernance locale (IPGBL). Cette enquête, publiée en mai 2026, a été réalisée dans 34 Communes de 9 régions du Burkina Faso et touchant 1.428 ménages. Elle a révélé que la Commune de Ouagadougou est moins performante dans la délivrance des services publics de base, et à l’inverse, Tensobtenga et Soaw sont des Communes modèles à l’échelle nationale. D’après l’enquête, un paradoxe urbain structurel traverse l’ensemble des indices : Ouagadougou/Kadiogo est moins performante et ce, dans tous les secteurs, malgré une densité d’équipements supérieure. L’enquête révèle aussi que les infrastructures physiques sont le maillon le plus faible dans tous les secteurs : scolaire, sanitaire, assainissement et redevabilité institutionnelle.
Koupéla, Dédougou, Guiba, Ziniaré et Nagréongo mieux notées
Fait notable, l’enquête révèle que Tensobtenga (région du Nakambé) et Soaw (région du Nando) s’imposent comme les deux Communes modèles à l’échelle nationale. De par ces scores obtenus, elles atteignent le seuil de performance élevé en matière d’éducation de base, de santé de base, d’eau et assainissement et de gouvernance locale. Tensobtenga et Soaw, en plus d’être les deux Communes modèles à l’échelle nationale, dominent encore les classements dans les quatre secteurs. C’est ainsi les points de convergence entre secteurs, Tensobtenga et Soaw témoignant d’un effet de contexte territorial favorable et de pratiques de gouvernance locale exemplaires. Le rapport souligne qu’en plus de Tensobtenga et de Soaw, les Communes de Koupéla, Dédougou, Guiba, Ziniaré et Nagréongo constituent un deuxième groupe aux performances très satisfaisantes et équilibrées.
Redevabilité budgétaire très faible
Sur la redevabilité budgétaire dans les 34 Communes enquêtées, il ressort que les leaders Tensobtenga (91,1) et Soaw (83,9) publient régulièrement leurs budgets primitifs et comptes administratifs. A l’opposé, la Commune de Dolo illustre l’asymétrie d’information préjudiciable au contrôle citoyen.
En matière de participation citoyenne, le document mentionne que les cadres de concertation existent statutairement mais se réunissent rarement avant les arbitrages budgétaires, et que la participation demeure purement symbolique dans la majorité des Communes. Pour ce qui est de la redevabilité et du contrôle, les séances de reddition de comptes sont rares et perçues comme des exercices de communication politique. Exception faite de Tensobtenga, grâce à une articulation vertueuse entre comités citoyens et exécutifs locaux. Au niveau de la gestion, l’équité et l’intégrité, elle reflète le respect des procédures formelles de gestion financière publique plus que l’efficacité managériale ou l’équité redistributive intra-communale.
Les conclusions des enquêteurs affirment l’existence de disparités régionales. Par exemple, la région de Oubri occupe la première place, portée par une animation citoyenne vivace. Dans le même temps, la région du Kadiogo s’en sort avec le score le plus faible. Un constat qui a amené les enquêteurs à faire remarquer un paradoxe de la métropole (Ouagadougou) combinant anonymat urbain, barrière technique et déficit institutionnel.
L’enquête souligne que les infrastructures sanitaires constituent le goulot d’étranglement structurel le plus répandu dans toutes les régions. L’eau et l’assainissement (IPS-WASH) est le secteur le plus préoccupant avec 17 Communes sur 34 qui se trouvent en zone de performance limitée.
Notons que cette enquête offre une base empirique solide pour éclairer les décideurs publics, les organisations de la société civile et les partenaires au développement dans la mise en œuvre de politiques publiques plus transparentes, participatives et redevables, en matière de décentralisation.
ACS
Sur la base de l’analyse comparative des quatre indices, les actions suivantes s’imposent de façon transversale :
Lancer un plan d’intervention multisectoriel intègre pour Yargo et Ouagadougou / Kadiogo, Communes vulnérables dans l’éducation, la santé, le WASH et la gouvernance ;
Prioriser les investissements en infrastructures physiques (scolaires, sanitaires, assainissement), maillon le plus déficient dans tous les secteurs ;
3- Combler le fossé urbain en ciblant le paradoxe de sous-performance des zones urbaines / péri-urbaines, malgré leur densité d’équipements ;
4- Renforcer la gouvernance locale participative : transparence budgétaire, participation parentale, comités de gestion sanitaire et WASH, budgets citoyens ;
5- Institutionnaliser les quatre indices (IPQEB, IPSSB, IPS-WASH, IPGBL) comme outils annuels de suivi communal et créer un tableau de bord intégré multisectoriel ;
6- Capitaliser sur les pratiques de Tensobtenga et Soaw (leaders dans les quatre secteurs) pour documenter et répliquer leurs modèles de gouvernance.
Source : Rapport CERA-FP

