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Actionnariat populaire: 141 664 souscripteurs pour 7 milliards mobilisés dans le Kadiogo

• Sur plus de 324 000 souscripteurs pour 19 milliards FCFA au plan national

• Trois projets en cours et d’autres en perspectives

• François Lompo et Issiaka Ouédraogo pour porter la voix de la région

L’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire poursuit la structuration de sa gouvernance, avec la désignation de délégués régionaux par les souscripteurs. Après 11 régions, c’était au tour du Kadiogo d’élire ses représentants auprès de l’Agence, le 2 juillet 2026, à Ouagadougou. 

Présidant l’Assemblée régionale, la Secrétaire générale de la région du Kadiogo, Angelina Traoré (milieu), a invité les Burkinabè à souscrire davantage pour un développement socioéconomique aux retombées partagées. (Ph;YS)

Le principe veut que chaque région désigne deux personnes, un délégué et son suppléant, pour la représenter dans les instances décisionnelles de l’APEC. Les deux délégués sont votés lors d’une Assemblée régionale. De ce fait, le Député et Secrétaire général du Comité international mémorial Thomas Sankara, François Lompo, ainsi que le professeur des lycées et collèges, Issiaka Ouédraogo, ont été désignés pour le compte du Kadiogo. Le premier au poste de délégué, le second en tant que suppléant. Ce fut à l’issue d’un processus électoral qui a enregistré au total 13 candidatures et 643 votants. Les délégués élus des régions devraient siéger au sein de deux « importantes » instances de gouvernance de l’APEC, à savoir le Conseil d’administration et le Conseil de surveillance. L’une, le Conseil d’administration, est chargée d’orienter les actions de l’équipe opérationnelle, tandis que l’autre s’assure de la régularité des décisions prises et des actions menées. Objectif, rassurer les souscripteurs de la bonne utilisation des ressources collectées, mais aussi inscrire les actions dans la vision de long terme pour un développement souverain.

Pour le Directeur général de l’APEC, la mise en place et le fonctionnement des différentes instances reste déterminante dans la gouvernance de l’institution. « Le manifeste de la Révolution progressiste populaire a clairement indiqué, au niveau du chapitre consacré au développement économique et social de notre pays, que l’actionnaire populaire est un outil puissant de mobilisation des ressources qui va contribuer à financer la vision de cette Révolution », a déclaré Karim Traoré. Selon lui, l’efficacité, la pérennité et la crédibilité de l›outil dépendent fortement de l’inclusivité des instances de gouvernance.

François Lompo (à g.) et Issiaka Ouédraogo veulent constituer un pont entre l’APEC et les souscripteurs de la région. (Ph;YS)

Outre la désignation des délégués régionaux, l’Assemblée régionale a été l’occasion de dresser, à l’attention des souscripteurs, le bilan de la mise en œuvre de l’actionnariat populaire, trois ans après son lancement. En effet, Karim Traoré s’est félicité de plusieurs acquis engrangés. A l’en croire, plus de 19 milliards F CFA ont été mobilisés, grâce aux souscriptions de plus de 324 000 personnes au plan national. La palme des souscriptions revient au Kadiogo qui a mobilisé environ 7.107.000.000FCFA, pour plus de 141 664 souscripteurs.

Les fonds mobilisés ont permis de lancer trois projets. En premier, le DG de l’APEC cite la Société burkinabè des tomates (SOBTO SA, basée à Bobo- Dioulasso. Un projet à maturité et déjà en phase de production, avec à la clé, 150 emplois directs et près de 1000 emplois indirects créés. A SOBTO SA s’ajoute l’usine de transformation de tomates SOBTO/ Tenkodogo, dont le taux de réalisation serait de 90% et l’ouverture prévue avant fin 2026. Sans oublier la mine d’or semi-mécanisée de Gaoua qui, selon Karim Traoré, est « en bonne voie », avec la coulée du premier lingot attendue courant ce mois de juillet. L’APEC veut aller plus loin avec l’ouverture de nouveaux projets en perspective. C’est le cas d’une mine industrielle basée dans la région des Koulsé, qui devrait être lancée bientôt, après l’obtention d’un permis d’exploitation. Il est également prévu un projet dans le domaine des textiles. « Parce que le coton burkinabè va d’abord servir à habiller les citoyens burkinabè, suivant la vision souverainiste du camarade Capitaine Ibrahim Traoré », a commenté Karim Traoré, soulignant le potentiel que renferme ce secteur. L’APEC compte également miser dans la production de fruits et légumes, avec pour base l›ananas dont la production s’est avérée possible au Faso.

Aux souscripteurs de la région du Kadiogo, l’APEC n’a pas vendu qu’un bilan prometteur, elle a aussi expliqué davantage un modèle économique « efficace » qui fonde l’actionnariat populaire. Un modèle qui repose sur le moyen et long terme. « Il est demandé à l›ensemble des souscripteurs qu’on puisse faire le choix entre des actions de court terme, capables de générer tout de suite et maintenant des petites ressources à distribuer, ou le choix du moyen et long terme qui nous permettra d’inscrire nos projets dans la durée. Cela doit profiter à nos enfants, nos petits-enfants qui viendront trouver un tissu économique et surtout un tissu industriel ancré », a déclaré Karim Traoré. Pour lui, seul ce modèle permettra aux Burkinabè de financer eux-mêmes leurs emplois, de transformer leurs matières premières, de contribuer à la souveraineté économique de leur pays.o

Béranger KABRE (Collaborateur)

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