
- La croissance économique devrait atteindre 4,4% entre 2026 et 2026
- Soutenue par la production aurifère et agricole
- L’Agence S&P confirme les notes souveraines de CCC+/C
« Malgré les pressions liées au conflit au Moyen-Orient, nous prévoyons que le Burkina Faso bénéficiera d’une croissance économique relativement forte, soutenue par l’amélioration de la production agricole et minière, ainsi que par les prix élevés de l’or. Le gouvernement poursuit ses efforts d’assainissement budgétaire » Voici l’aperçu de la notation de l’Agence S&P Global Ratings, sur le Burkina Faso, rendu publique le 8 mai 2026.
Standards & Poor’s a confirmé les notes souveraines à « CCC+/C », avec perspective stable du pays, estimant que l’économie du Burkina Faso reste résiliente, malgré un contexte sécuritaire fragile dans le Sahel. Les perspectives stables reflètent l’équilibre entre les difficultés politiques, économiques et budgétaires auxquelles le Burkina Faso est confronté dans un contexte régional et mondial difficile en matière de sécurité, d’une part, et la croissance relativement forte du pays ainsi que son appartenance à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui contribue à assurer la stabilité monétaire et des taux de change, d’autre part.
Elles sont établies sur la base de 2 scénarios : baissier et haussier. « Nous pourrions abaisser les notations si les tensions politiques entraînaient une instabilité institutionnelle supplémentaire qui compromettrait la capacité du Burkina Faso à assurer le service de sa dette commerciale », explique la note de S&P. Et d’ajouter que «nous pourrions relever la notation si les situations sécuritaire et politique s’amélioraient, parallèlement à une croissance du PIB supérieure aux prévisions et à un assainissement budgétaire solide ».
Ces perspectives s’expliquent du fait que selon S&P, l’instabilité politique régionale est restée élevée, bien que la continuité administrative et technocratique ait été largement préservée. De plus, la poursuite de la collaboration avec des partenaires multilatéraux clés, notamment le FMI et la Banque mondiale, a constitué un pilier important pour la politique budgétaire. « Nous prévoyons que le Burkina Faso restera membre de l’UEMOA. Le pays bénéficie de l’accès au marché des capitaux de l’union, de la stabilité des prix et de la couverture des réserves de change. Les relations avec la CEDEAO se sont améliorées ces derniers mois et l’adhésion à l’UEMOA garantit un accès continu au marché obligataire régional, une source de financement essentielle pour le Burkina Faso », poursuit l’agence de notation.
Nous prévoyons une croissance économique robuste, avec une moyenne de 4,4 % sur la période 2026-2029, tirée par l’amélioration de la production minière et agricole. Le soutien soutenu du gouvernement aux secteurs primaire et secondaire, notamment l’exploitation minière et les investissements stratégiques dans les équipements agricoles et les engrais, renforcera encore la production et la productivité, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des importations grâce à un développement industriel accru. Toutefois, la poursuite de ces performances économiques dépendra de conditions climatiques favorables et d’une amélioration de la sécurité dans les régions rurales et les principales zones minières.
Le maintien du soutien bilatéral et multilatéral, conjugué à des cours élevés de l’or, a permis de stabiliser la politique budgétaire et d’atténuer les pressions extérieures. En février 2026, le Conseil d’administration du FMI a achevé son quatrième examen dans le cadre de l’accord de facilité de crédit élargie (ECF) d’une durée de quatre ans approuvé en 2023, débloquant ainsi 33,2 millions de dollars supplémentaires et portant le soutien financier total du FMI à environ 165,8 millions de dollars. De ce fait l’agence S&P prévoit que le gouvernement maintiendra une gestion budgétaire prudente, même s’il doit consacrer des dépenses à la sécurité pour lutter contre le terrorisme, et que les dépenses liées à l’atténuation des chocs extérieurs actuels liés à la situation en Iran pourraient ralentir la réduction du déficit.
Des performances économiques soutenues
« Nous prévoyons que l’économie du Burkina Faso connaîtra une croissance annuelle moyenne de 4,4 % entre 2026 et 2029, portée par l’intensification des activités agricoles et minières », a estimé S&P, sur la notation souveraine du Faso. Si l’industrie manufacturière et les services contribueront également à la croissance économique, celle-ci reste principalement tirée par l’amélioration des conditions d’exploitation dans les secteurs minier et agricole, en particulier l’or et le coton, les deux piliers de l’économie. « Nous prévoyons qu’une implication croissante du gouvernement dans le secteur minier créera de l’incertitude pour les investisseurs. Le gouvernement renforce la surveillance de la production, de la transformation et de la vente d’or par le biais d’initiatives telles que l’amélioration de la gestion locale des déchets miniers et de l’affinage de l’or.
ESS
Production d’or en hausse jusqu’en 2029
« Nous prévoyons que la production totale d’or, y compris l’exploitation artisanale et semi-mécanisée, augmentera jusqu’en 2029. Cette amélioration est principalement due à une hausse substantielle de la production artisanale, qui passera de 7,1 tonnes en 2024 et d’une moyenne de 0,3 tonne au cours de la décennie précédente à plus de 40 tonnes en 2025. Nous prévoyons que des améliorations progressives en matière de sécurité permettront la réouverture de sites suspendus, ce qui stimulera davantage la production. Le code minier révisé de juillet 2024 a porté la participation obligatoire de l’État dans les projets miniers de 10 % à 15 %, et impose également aux entreprises de verser des contributions à une réserve nationale d’or. Fin 2024, la Société de Participation Minière du Burkina, l’entité publique chargée de la gestion et de l’exploitation des principaux actifs miniers, a nationalisé deux mines, et le gouvernement cherche à porter sa participation dans la mine de Kiaka à 40 % d’ici fin 2026, contre 15 % actuellement. Nous prévoyons que la participation accrue de l’État se poursuivra, le gouvernement cherchant à augmenter les recettes minières », peut-on lire sur la note de S&P.
Filet ouvert
« Nous ne prévoyons pas que le Burkina quitte l’Uemoa »
« Le retrait du Burkina Faso de la CEDEAO en janvier 2025 met en évidence les tensions régionales persistantes au sein du bloc. Nous prévoyons néanmoins un impact économique limité, compte tenu de la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis de l’UEMOA pour son cadre économique et sa politique monétaire. Nous anticipons un renforcement continu des liens au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), un cadre de coopération économique et sécuritaire mis en place en juillet 2024 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces trois pays, désormais dirigés par des régimes militaires, ont quitté la CEDEAO et ont créé l’AES à sa place. L’AES accélère la mise en place de la Banque confédérale d’investissement et de développement afin de financer des infrastructures essentielles et des projets de développement, de réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds extérieurs et de mobiliser les ressources locales. Les progrès de la banque marquent un élargissement de la coopération au sein de l’AES, qui dépasse le cadre de la sécurité pour s’orienter vers une intégration économique globale. Malgré des conséquences économiques directes limitées pour le Burkina Faso, le départ de l’AES de la CEDEAO met en évidence les divisions politiques régionales. Cependant, nous ne prévoyons pas que le Burkina Faso quitte l’UEMOA, car son économie bénéficie considérablement de la monnaie commune de l’union, des réserves de change mises en commun et de l’accès aux marchés de capitaux régionaux, un engagement renforcé par la prise de fonction du ministre des Finances du Burkina Faso à la présidence du Conseil des ministres de l’UEMOA en octobre 2025 », estime l’agence de notation S&P.
Notes des différents critères d’évaluation
L’analyse de la solvabilité souveraine réalisée par S&P Global Ratings repose sur l’évaluation et la notation de cinq facteurs clés : (i) l’évaluation institutionnelle ; (ii) l’évaluation économique ; (iii) l’évaluation externe ; (iv) la moyenne de la flexibilité et de la performance budgétaires, ainsi que du poids de la dette ; et (v) l’évaluation monétaire. Chacun de ces facteurs est évalué sur une échelle allant de 1 (le plus fort) à 6 (le plus faible).
La « Méthodologie de notation souveraine » de S&P Global Ratings, publiée le 18 décembre 2017, détaille la manière dont nous calculons et combinons les scores, puis déterminons la notation souveraine en devises étrangères. Conformément à la méthodologie de notation souveraine de S&P Global Ratings, une modification de la note n’entraîne pas systématiquement une modification de la notation, et une modification de la notation ne repose pas nécessairement sur des changements dans une ou plusieurs notes.
Source: S&P (https://www.spglobal.com/ratings/en/regulatory/article/-/view/type/HTML/id/3559551)


