• Sur les 5 ans à venir pour le décollage économique
• Un taux de croissance du PIB de 7,1% en 2030
• Faire reculer l’indice de la pauvreté de 43,2% en 2023 à 35% en 2030
Le Burkina Faso accuse un retard abyssal en matière de développement. Pour le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le pays accuse un retard de 100 ans et il faut que les Burkinabè se mettent rapidement au travail pour amorcer un décollage économique. Loin d’être irréaliste, le chef de l’Etat l’a une fois de plus affirmé, le 26 janvier 2026, à la montée des couleurs au Palais de Koulouba, en disant : “c’est bien possible”. A ce titre, le gouvernement burkinabè, sous son impulsion, s’est doté d’un ambitieux Plan national de développement (PND) sur la période 2026-2030. L’Exécutif n’a pas lésiné sur la mobilisation des moyens financiers, car sa mise en œuvre ambitionne de déclencher une croissance économique accélérée, portée par l’industrialisation. 36.190,7 milliards FCFA, soit un coût moyen annuel d’environ 7.238,1 milliards FCFA, tel est le coût global du PND sur la période 2026-2030. Exit le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2021-2025, place au PND qui est la nouvelle feuille de route pour les 5 années à venir.
A terme, le taux de croissance du PIB passera de 6,5% en 2025 à 7,1% en 2030, afin de faire reculer l’indice de la pauvreté de 43,2% en 2023 à 35% en 2030. Mieux, pour reconquérir à 100% le territoire du Burkina Faso en 2030, confronté à une insécurité depuis 2015. Pour la mobilisation de plus de 36.000 milliards, l’Etat burkinabè compte sur des dépenses d’investissement (y compris les transferts en capital) représentant 34,5% de ce montant, soit une enveloppe globale de 12.494,9 milliards FCFA sur la période (soit environ 2.499,0milliards FCFA en moyenne par an).
L’amélioration de l’efficience et de l’efficacité de l’exécution de l’investissement public reste une condition essentielle pour maximiser l’impact des investissements sur la croissance économique. Cela passe par la maturation rigoureuse des projets structurants à fort impact et le développement des capacités des acteurs de la chaîne.
Financement endogène privilégié
Dans un contexte de raréfaction des ressources financières, où est-ce que l’Exécutif burkinabè va-t-il trouver les financements nécessaires ? Aussi, avec la nouvelle vision du pouvoir actuel qui opte pour la souveraineté au détriment de l’asservissement, vers quels partenaires financiers se tourner ? L’Etat burkinabè a anticipé à tous ces goulots d’étranglement en privilégiant des approches novatrices. Souveraineté oblige, l’Exécutif compte mobiliser le montant requis à travers deux grandes sources de financement : le financement interne et le financement externe.
Le Burkina Faso entend exploiter non seulement les sources classiques (mobilisation fiscale, emprunts sur le marché financier régional, etc.), mais aussi des instruments innovants (PPP, les financements verts, le financement participatif, etc.), afin d’optimiser la couverture des besoins.
Dans le financement endogène, en plus des efforts de l’Etat, il est attendu la contribution des collectivités territoriales, des entreprises à capitaux publics, du secteur privé, de la société civile, de la diaspora et des partenaires techniques et financiers.
Besoin additionnel de plus de 10.000 milliards FCFA
Sur la stratégie de financement, il ressort que sur la base des données actuelles, les ressources propres couvriraient environ 63,9% du coût total (soient 23.135,7 milliards FCFA), et les ressources extérieures déjà engagées représentent environ 5,8% (soient 2.099,78 milliards FCFA).
Il se dégage ainsi un besoin de financement additionnel estimé à 10.955,3 milliards FCFA (30,3% du coût total). Ce besoin additionnel devra être couvert dans le cadre d’une stratégie d’optimisation des ressources et des dépenses pour accroître l’efficacité de la politique publique et se prémunir du risque de surendettement. Dans cette dynamique, en complément des ressources propres, la stratégie de financement consistera en un recours simultané aux titres de longues maturités sur le marché financier régional et aux emprunts extérieurs non concessionnels de long terme, en considérant une répartition en financements extérieurs de 35% et en financements intérieurs de 65% en moyenne par an.
Une partie du financement intérieur, soit 5% du besoin de financement (547,81 milliards FCFA), sera financée par actionnariat populaire. Le PND 2026-2030 se fonde également sur la vision prospective « Burkina 2060 ». En rappel, avant le PND, le Burkina Faso a expérimenté le PNDES, la SCADD, etc.
Ambéternifa Crépin SOMDA
Les impacts du PND attendus à l’horizon 2030 :
-la reconquête de l’intégralité du territoire à l’horizon 2030;
– la réduction de l’incidence de la pauvreté de 43,2% en 2021 à 35% en 2030 ;
– l’amélioration de l’indice de perception de la corruption de 41/100 en 2024 à 46/100 en 2030 ;
– l’accroissement de la part des industries manufacturières dans le PIB de 9,6% en 2024 à 17,7% en 2030 ;
– l’accroissement de la puissance électrique installée de 678,5 MW en 2024 à 2585,6 MW ;
– l’amélioration de l’espérance de vie à la naissance de 61,9 ans en 2019 à 68 ans en 2030 ;
– l’accroissement de la proportion des effectifs de l’Enseignement, de la Formation technique et professionnelle (EFTP) dans l’effectif total de l’enseignement post-primaire et secondaire de 5% en 2024 à 12% en 2030 ;
– la réduction de la part des produits alimentaires dans le total des importations de 11,5% à 8% ;
– l’amélioration de la part contributive des communautés dans le cadre de la mise en œuvre des initiatives communautaires de 33% en 2025 à 41% en 2030.
Source : Document PND 2026-2030 publié en janvier 2026
