• D’un montant d’environ 69 milliards FCFA
• Valable jusqu’en septembre 2027
• Afin de renforcer la stabilité extérieure et la résilience au changement climatique
Les relations entre le Burkina Faso et le Fonds monétaire international sont au beau fixe. Le 6 février 2026 déjà, le Directeur général adjoint de l’institution, Kenji Okamura, était en visite pays auprès du président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. « Je réaffirme le soutien et l’engagement du FMI aux côtés du Burkina Faso. Nous sommes impatients de poursuivre notre partenariat productif dans les années à venir », affirmait-il, à l’issue de l’audience. Une dizaine de jours après cette déclaration, un communiqué en date du 18 février 2026 informe que le Conseil d’administration du FMI a achevé la 4e revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit. Une information qui ouvre ainsi la voie à un décaissement immédiat d’environ 18.464.344.904 FCFA (33,2 millions de dollars). Et qui porte le total du soutien financier accordé à ce jour par le FMI au titre de l’accord FEC à environ 165,8 millions de dollars.
Il a également approuvé un nouvel accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, d’environ 124,3 millions de dollars, valable jusqu’en septembre 2027, afin de renforcer la stabilité extérieure et la résilience au changement climatique.
En rappel, c’est en 2023 que le Conseil d’administration du FMI a approuvé l’accord de 48 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (voir encadré), pour un montant de 302,5 millions de dollars, avec un décaissement immédiat de 31,8 millions de dollars environ. Cet accord s’inscrivait dans un contexte de chocs exogènes persistants, graves et multiples, notamment, un environnement politique instable ; des conditions de sécurité fragiles et qui se dégradent ; l’impact de la guerre que mène la Russie en Ukraine sur les prix de l’énergie et des principales importations agricoles et la crise d’insécurité alimentaire qui en résulte, ainsi que les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement internationales après la pandémie. Tous ces chocs ont perturbé l’activité économique, affecté les moyens de subsistance et exacerbé les déséquilibres macroéconomiques. En conséquence, les marges de manœuvre extérieures et budgétaires se sont considérablement affaiblies en 2022.
Pour y remédier, le programme s’est articulé autour de trois piliers. Le premier, créer une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses prioritaires, ensuite accroître la résilience aux chocs tout en diminuant la pauvreté, et renforcer la discipline budgétaire, la transparence et la gouvernance.
Des résultats satisfaisants…
4 ans après sa mise en œuvre, les résultats du programme sont satisfaisants. « Tous les objectifs quantitatifs ont été atteints sauf deux, qui ont été manqués de peu, la plupart des repères structurels ont été réalisés et des mesures préalables ont été mises en œuvre pour remédier au repère non atteint en matière de gouvernance », précise le Conseil d’administration du FMI. On apprend ainsi que les autorités burkinabè ont fait avancer leur programme de réformes structurelles. Elles ont atteint huit repères structurels sur dix. Le repère structurel à fin juin relatif à la réforme du secteur de l’énergie a été manqué, mais il a été mis en œuvre ultérieurement. Les autorités ont également mis en œuvre trois mesures préalables pour atténuer les effets du non-respect du repère structurel à fin juin sur la publication de l’évaluation diagnostique de la gouvernance. Elles ont démontré leur ferme volonté d’améliorer encore la gouvernance et ont déjà mis en œuvre six des onze recommandations prioritaires issues de l’évaluation diagnostique de la gouvernance, les cinq autres devant l’être dans le cadre du programme actuellement appuyé par le FMI.
D’après les estimations du FMI [NDLR : voir le tableau], la croissance du PIB réel s’est accélérée pour atteindre 5,0 % en 2025, contre 4,8 % en 2024. La réaction de l’offre de l’exploitation minière artisanale à la hausse des cours de l’or et aux réformes du secteur minier aurait plus que compensé le ralentissement dans le secteur des services. La croissance du PIB réel devrait rester dans la fourchette de 4,5 à 5,0 % à moyen terme, sous réserve de l’amélioration attendue de la situation sécuritaire. L’inflation moyenne a ralenti en 2025 à -0,5 %, en raison d’une baisse des prix des denrées alimentaires et devrait converger vers 2,0 % à moyen terme.
Autre indicateur, le secteur extérieur. Il s’est renforcé, grâce à la hausse des exportations nettes et à l’amélioration des termes de l’échange. À la faveur des cours élevés de l’or, le compte des transactions extérieures courantes devrait passer d’un déficit de 3,4 % du PIB en 2024 à un excédent de 1,1 % en 2025 et de 0,8 % en 2026. La volonté d’accroître la production d’or devrait entraîner une augmentation des importations d’équipements, tandis que les importations d’énergie devraient rester limitées, dans un contexte de perspectives stables des cours du pétrole. L’assainissement budgétaire est aussi en bonne voie. Grâce à la forte mobilisation des recettes et à la discipline en matière de dépenses, le déficit budgétaire en 2025 est resté bien en deçà de l’objectif du programme de 4,0 % du PIB. Il s’agirait d’un resserrement de 2,3 points de pourcentage du PIB depuis 2024, principalement en raison de la hausse des recettes provenant de l’exploitation aurifère, de la maîtrise de la masse salariale et de la modération des dépenses d’investissement. Les progrès accomplis dans le cadre de l’accord appuyé par la FEC ont été satisfaisants.
…qui ont ouvert la voie à un nouvel accord
Sur la base de ces résultats, le Conseil d’administration a aussi approuvé un accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant d’environ 69.248.375.240 FCFA (124,3 millions de dollars), qui s’étendra jusqu’au 20 septembre 2027, les premiers décaissements devant intervenir après l’achèvement de la première revue de l’accord. Ces réformes au titre de la FRD visent à renforcer la résilience budgétaire aux chocs, à intégrer les questions climatiques dans la gestion des finances publiques, à améliorer les résultats des entreprises publiques dans les secteurs sensibles au climat et à mobiliser des financements verts.
ESS
« L’économie du Burkina Faso a fait preuve de résilience », dixit Kenji Okamura, Directeur général adjoint du FMI
À l’issue de la réunion du Conseil d’administration, M. Kenji Okamura, Directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante :
« L’économie du Burkina Faso a fait preuve de résilience, malgré des difficultés sur le plan sécuritaire et humanitaire. En dépit de ces contraintes, la mise en œuvre du programme a été satisfaisante. Des politiques économiques judicieuses visant à améliorer la gouvernance et à accroître la mobilisation des recettes intérieures ont permis de dégager des marges de manœuvre budgétaires et de soutenir la reprise, tout en maîtrisant l’inflation et en maintenant la dette publique sur une trajectoire viable.
Le programme appuyé par le FMI au Burkina Faso continue de mettre l’accent sur une croissance généralisée à moyen terme, susceptible de relever le niveau de vie. À cette fin, les autorités intensifient la mise en œuvre des réformes et poursuivent des investissements stratégiques en capital. Dans ce contexte, il sera essentiel de promouvoir un environnement favorable au développement du secteur privé et de protéger l’économie contre les chocs extérieurs, notamment, en gérant l’exposition accrue aux fluctuations des prix des produits de base. La mise en œuvre résolue de réformes destinées à renforcer l’efficacité de l’investissement public sera également déterminante pour atteindre les ambitieux objectifs de développement des autorités burkinabè. Il sera tout aussi important de mettre en œuvre le plan d’action des autorités en s’appuyant sur les conclusions de l’évaluation diagnostique de la gouvernance. Si la poursuite de l’assainissement budgétaire demeure cruciale pour maintenir la stabilité macroéconomique, les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et à la protection sociale devront être préservées et priorisées dans les plans de dépenses pluriannuels.
Les autorités burkinabè poursuivent un programme de réformes ambitieux visant à renforcer la gouvernance budgétaire, guidé par une stratégie couvrant un large éventail de mesures. Dans ce cadre, les priorités comprennent l’élaboration de plans d’audit pour l’ensemble des ministères, fondés sur leurs profils de risque, ainsi que la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer l’intégrité des procédures d’octroi des licences minières.
Les autorités burkinabè ont également placé la résilience au cœur de leur programme de réformes. L’agriculture de subsistance assurant la sécurité alimentaire de 80 % de la population, le renforcement de la résilience du secteur agricole face à des conditions climatiques difficiles constitue une priorité. En plus d’accroître la résilience, le programme des autorités dans le cadre de l’accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) atténuera les risques pesant sur la balance des paiements, notamment, en réduisant les besoins récurrents d’importations alimentaires d’urgence. »
La Facilité élargie de crédit (FEC) en bref
La Facilité élargie de crédit (FEC) apporte une aide financière à moyen terme aux pays à faible revenu qui connaissent des difficultés prolongées de balance des paiements. La FEC est l’un des mécanismes du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds fiduciaire RPC).
Finalité : aider les pays admissibles au fonds fiduciaire RPC en proie à des difficultés prolongées de balance des paiements à mettre en œuvre des programmes économiques permettant d’accomplir des progrès notables vers une situation macroéconomique stable et viable, dans le respect des objectifs d’une réduction de la pauvreté et d’une croissance forte et durable. Aider à mobiliser une aide extérieure.
Conditions d’admissibilité : les programmes économiques doivent comporter des mesures pour tendre vers une situation macroéconomique stable et viable, qui soient compatibles avec une réduction de la pauvreté et une croissance forte et durable. Les programmes doivent être en phase avec la stratégie de développement du pays et ambitionner de faire progresser les objectifs de réduction de la pauvreté et de croissance du pays. La conditionnalité est axée sur des mesures des pouvoirs publics qui sont indispensables pour atteindre les objectifs du programme. Elle se compose, en principe, de mesures préalables, de conditions quantitatives (critères de réalisation et objectifs indicatifs) et de repères structurels. En savoir plus sur la conditionnalité. Une stratégie de réduction de la pauvreté et de croissance doit être présentée au Conseil d’administration du FMI pour l’achèvement de la deuxième revue et des revues ultérieures. Une stratégie de réduction de la pauvreté et de croissance décrit les politiques macroéconomiques, structurelles et sociales qui favorisent la croissance et la réduction de la pauvreté, les besoins de financement extérieur correspondants et les principales sources de financement. Dans les situations où le pays a une faible capacité institutionnelle qui l’empêche de remplir les conditions requises pour une stratégie de réduction de la pauvreté et de croissance au moment de la deuxième revue de l’accord au titre de la FEC, dans les cas de fragilité par exemple, le pays peut solliciter un prolongement.
Conditions :
Durée : 3-5 ans, avec une durée maximale totale de 5 ans.
Remboursement : différé d’amortissement de 5½ ans et échéance finale de 10 ans.
Taux d’intérêt : actuellement nul.
Accès : l’accès total aux mécanismes du fonds fiduciaire RPC est limité à 145 % de la quote-part par an, et le montant total cumulé des crédits concessionnels, déduction faite des rachats prévus, à 435 % de la quote-part. Ces limites peuvent être dépassées dans des circonstances exceptionnelles, sans plafonds stricts d’accès annuel ou cumulé, à condition que les critères d’accès exceptionnel au fonds fiduciaire RPC soient remplis.
Après qu’un accord au titre de la FEC a expiré, a été annulé ou s’est achevé, de nouveaux accords au titre de la FEC peuvent être approuvés.
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