
• Pour matérialiser le financement souverain du développement en Afrique
• Le Burkina Faso annonce une contribution financière issue de ses ressources
• « L’Afrique doit prendre son destin en main»
La 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17) a permis de mobiliser un programme de financement historique de 7,6 milliards d’UC (environ 11 milliards de dollars) pour couvrir le cycle 2026-2028. Elle fait état des résultats de consultations approfondies menées entre mars et décembre 2025 : la première réunion s’est tenue en ligne du 11 au 13 mars 2025 ; la deuxième réunion, organisée en présentiel à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les 31 mai et 1ᵉʳ juin 2025 ; la troisième réunion, également tenue en présentiel à Lusaka, en Zambie, du 7 au 9 octobre 2025, ainsi que lors des sessions techniques qui se sont déroulées en juillet, en septembre et en décembre 2025. Au cours de ces réunions, les plénipotentiaires ont examiné et approuvé les priorités stratégiques et opérationnelles du FAD-17, qui s’inscrivent dans la continuité des piliers stratégiques du FAD-16 et s’appuient sur les succès des précédentes reconstitutions des ressources. Le rapport de la FAD-17 a été rendu public courant juin 2026.
Ce mécanisme, guichet concessionnel de la BAD, soutient directement les 37 pays africains les plus vulnérables. Cette reconstitution inclut quatre principales avancées et modalités. Le nouveau paquet de financement, adopté pour la période 2026-2028, vise à bâtir une Afrique prospère, inclusive, résiliente et intégrée. Elle voit le renforcement de la participation africaine, car des pays africains ont soutenu l’effort de contribution, renforçant ainsi l’appropriation africaine de l’architecture financière du continent. Des partenaires comme la Finlande ont accru leur collaboration et des pays comme le Maroc ont doublé leur contribution pour atteindre 10 millions de dollars, consolidant ainsi le soutien international. La reconstitution entraine un effet de levier, car chaque dollar investi dans le FAD permet de mobiliser plus de 2,50 dollars de cofinancement, soutenant les infrastructures et le secteur privé.
Le Burkina Faso a apporté une contribution de 100 millions FCFA (environ 167.000 dollars) au titre de la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17). « La contribution du Burkina Faso au FAD-17 reflète notre conviction que l’Afrique doit prendre son destin en main et participer activement au financement de sa propre transformation », a indiqué le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, pour expliquer l’importance de la première contribution du Burkina au Fonds. Le pays renforce l’un des principaux instruments de financement du développement du continent et fait progresser un mouvement plus large vers une appropriation africaine de l’architecture financière du continent. Le Burkina Faso rejoint un groupe de 24 Nations africaines mobilisées sous la dynamique de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), afin de réduire la dépendance aux fonds extérieurs.
Cette initiative intervient dans un contexte où les économies africaines recherchent des solutions durables pour financer leurs infrastructures, stimuler la croissance et renforcer leur résilience face aux chocs économiques. En participant au FAD-17, le pays du Capitaine Ibrahim Traoré s’inscrit dans la dynamique de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), qui encourage une mobilisation accrue des ressources africaines au service des ambitions du continent.
Le partenariat entre le Burkina Faso et le Fonds africain de développement s’est construit sur plusieurs décennies. Depuis le début des années 70, l’institution a accompagné plus de 120 projets dans le pays pour un volume d’engagements dépassant 2,4 milliards de dollars. Ces financements ont soutenu des secteurs clés comme les infrastructures routières, l’agriculture, l’énergie, l’accès à l’eau, l’assainissement, ainsi que les programmes sociaux.
C’est le cas, par exemple, du renforcement des corridors reliant le Burkina Faso aux marchés régionaux. Le Projet de réhabilitation du corridor Lomé-Cinkansé-Ouagadougou, d’un montant de 325 millions de dollars, financé à 70 % par le Fonds africain de développement et la Facilité pour les États fragiles, a permis de moderniser l’une des principales voies commerciales du pays, grâce à la réhabilitation de 303 kilomètres de route, dont 153 kilomètres au Burkina Faso et 150 kilomètres au Togo. Le projet a permis d’améliorer la fluidité du trafic, les services logistiques et la sécurité routière le long du corridor, tandis que les échanges commerciaux entre le Burkina Faso et le Togo ont augmenté de 33 %, après la réhabilitation du tronçon Koupéla-Bitou-frontière du Togo. Ce projet a également permis d’améliorer la connectivité locale grâce à 40 kilomètres de routes rurales et à la construction ou la réhabilitation d’une vingtaine d’infrastructures socioéconomiques. Pour un pays enclavé, ce type d’infrastructures est essentiel à la compétitivité. Il relie les producteurs aux marchés, réduit les contraintes de transport, renforce l’intégration régionale et crée des conditions plus favorables aux activités du secteur privé. « Forts des succès obtenus grâce aux investissements du Groupe de la Banque africaine de développement, nous renforçons aujourd’hui cet engagement mutuel en faveur d’un partenariat axé sur l’innovation et la transformation structurelle de nos économies. En contribuant au Fonds africain de développement, nous affirmons notre volonté de construire un partenariat équilibré, axé sur des résultats concrets au service de nos populations », a souligné M. Nacanabo à la BAD.
Moumouni SIMPORE
Un exemple en cinquante ans de partenariat
Financé initialement à hauteur de 38,4 millions d’euros par le Groupe de la Banque africaine de développement dans le cadre de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, le Projet d’urgence pour le renforcement de la production agricole a aidé le Burkina Faso à accroître sa production alimentaire à un moment où les ménages et les marchés subissaient de fortes pressions. Le projet a permis de distribuer près de 8.500 tonnes de semences à plus de 275.000 producteurs et de fournir plus de 34.000 tonnes d’engrais à près de 325.000 producteurs. Les rendements agricoles ont augmenté de 224 % pour le riz, de 165 % pour le maïs, de 91 % pour le niébé et de 33 % pour le sorgho, ce qui a permis d’accroître la production agricole du pays de plus de 1,18 million de tonnes.
Source : BAD



