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Plan national de développement (PND): la Banque mondiale apporte son soutien

• A travers les nouveaux cadres de partenariat pays

• Alignés sur les priorités nationales

• Et l’accélération d’une croissance inclusive portée  par le secteur privé

Le Groupe de la Banque mondiale a décidé de soutenir les nouveaux cadres de partenariat pays (CPF) avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad pour la période 20262031. L’information a été donnée le 7 avril 2026, sur le site web de l’institution de Bretton Wood. Ces cadres visent à stimuler la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, en renforçant le capital humain, les infrastructures et la productivité agricole, tout en appuyant des réformes ciblées et le développement du secteur privé.

Pour le cas du Faso, c’est l’aboutissement d’un processus qui a pris un coup d’accélérateur en juin 2025, à l’occasion de la visite à Ouagadougou de l’Administrateur Harold Tavares. Ce dernier a eu un entretien avec Dr Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances, Gouverneur du Burkina Faso auprès du Groupe de la Banque mondiale, et une audience avec le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo.

 M. Tavares, l’Administrateur du Groupe Afrique II de la Banque mondiale, avait effectué une visite officielle au Burkina Faso, une mission qui s’inscrivait dans le cadre du dialogue stratégique en amont de la préparation du nouveau Cadre de partenariat pays (CPF).

Les discussions avec les autorités ont porté sur les grandes orientations de développement du pays, avec un accent particulier sur la sécurité, le développement territorial, et la résilience économique. Les autorités ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération avec la Banque mondiale pour répondre aux besoins urgents des populations tout en poursuivant les réformes structurelles. En retour, l’Administrateur a partagé les grandes lignes du nouveau cadre d’élaboration du CPF, qui met l’accent sur la simplification des procédures et l’appropriation par les pays de leurs politiques de développement. Il a souligné l’importance d’une approche inclusive et alignée sur les priorités nationales. Début avril 2026, soit près d’un an après, la Banque mondiale annonce soutenir un nouveau Cadre partenariat pays. « Ce partenariat inédit renforce la collaboration entre les quatre pays du Sahel et le Groupe de la Banque mondiale, grâce à une approche intégrée d’« Un seul Groupe de la Banque mondiale ». Il mobilise les atouts complémentaires de l’Association internationale de développement (IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), afin d’élargir l’accès des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) au financement, de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de créer davantage d’emplois de meilleure qualité », peut-on lire dans le communiqué de l’institution.

« Les CPF placeront les populations au cœur de l’action, appuieront les leviers indispensables à l’accélération de la croissance et du progrès, et renforceront l’intégration transfrontalière, afin de promouvoir un développement équilibré dans le Sahel », a déclaré Clara de Sousa, Directrice de division du Groupe de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. « Ils cibleront des secteurs à fort potentiel d’emplois, soutiendront des programmes régionaux et des projets transfrontaliers à fort impact. Soutenant les initiatives clés du Groupe de la Banque mondiale en santé (Couverture santé universelle), électricité (Mission 300) et agriculture (Agriconnect), ils accompagnent la vision d’un Sahel pacifié et réconcilié, offrant des perspectives économiques durables aux millions de jeunes sahéliens. »

Alignés sur les priorités nationales

Les nouveaux CPF sont étroitement alignés sur les priorités nationales de développement des pays du Sahel central : le Programme de refondation de la République (PRR) du Niger, le Plan national de développement Tchad Connexion 2030, la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 20242033) du Mali, ainsi que le Plan national de développement (PND) 20262030 – Relance du Burkina Faso. Ces cadres stratégiques mettent l’accent sur le renforcement de la gouvernance, la diversification économique et l’accélération d’une croissance inclusive et résiliente portée par le secteur privé.

Axés sur les résultats, les CPF visent à traiter les causes profondes de la fragilité, des conflits et de la violence, notamment, en améliorant l’accès aux services sociaux essentiels et en favorisant de meilleures opportunités économiques, avec une attention particulière aux populations vulnérables, y compris les réfugiés et les personnes déplacées internes.

Olivier Buyoya, Directeur de division d’IFC pour l’Afrique de l’Ouest, a précisé que : « un secteur privé fort et innovant est primordial pour attirer l’investissement, accroître la productivité, créer des emplois et renforcer la résilience économique face aux chocs exogènes et endogènes ». Pour lui, « Dans les pays du Sahel central, un écosystème dynamique de petites et moyennes entreprises, appuyé par des investissements privés et des réformes incitatives, notamment dans l’énergie et l’agro-industrie, est essentiel pour convertir le potentiel économique de la région en progrès socioéconomiques tangibles ».

Dans un contexte contraignant du Sahel central, marqué par l’insécurité, l’enclavement, les défis liés à la gouvernance, et les obstacles à l’investissement, « la MIGA compte jouer un rôle clé en capitalisant sur les points d’entrée créés par les interventions de l’IDA et de l’IFC, ainsi que par l’opérationnalisation de la Plateforme de garanties du Groupe de la Banque mondiale, tout en maintenant une collaboration étroite avec les investisseurs actifs, afin de soutenir durablement les flux d’investissement au bénéfice des MPME », a annoncé, pour sa part, Muhamet Bamba Fall, Directeur Industries, MIGA.

ESS

 

Retour sur le CPF 2018-2023 avec le Burkina Faso

C’est en juillet 2018 que le Groupe de la Banque mondiale a adopté son Cadre de partenariat (CPF) avec le Burkina Faso pour la période 2018-2023. Ce cadre a guidé l’action du Groupe de la Banque mondiale pour accompagner le pays dans la mise en œuvre de son Plan national de développement économique et social (PNDES).

Fruit de larges consultations auprès des secteurs public et privé, de la société civile, y compris des jeunes, des femmes et des partenaires au développement, l’objectif du CPF c’est aussi aider le Burkina à renforcer la gouvernance économique et la participation citoyenne.

« Lors de la table ronde sur le financement du PNDES à Paris, en décembre 2016, le Groupe de la Banque mondiale avait pris l’engament d’accompagner le Burkina Faso dans la mise en œuvre de son plan de développement ambitieux. À ce jour, ce sont plus de 800 millions de dollars qui ont été alloués au pays.  Au total, grâce à ce nouveau cadre, plus de 2 milliards de dollars en dons et crédits concessionnels seront injectés dans l’économie burkinabè, avec notamment, un financement record de 300 millions de dollars récemment alloué au secteur stratégique de l’eau et de l’assainissement », avait expliqué Cheick Kanté, responsable des programmes de la Banque mondiale pour le Burkina Faso.

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