• Des dépenses d’investissements de 12.379 milliards FCFA
• Un financement de 64% par les ressources propres
• Pour relever des défis dans plusieurs secteurs
A l’horizon 2030, le Burkina Faso ambitionne d’être « une Nation souveraine et prospère, bâtissant un développement endogène et durable au service du bien-être de tous ». Pour y arriver, le pays des Hommes intègres s’attèle à se doter d’un nouveau référentiel de développement, celui de 2021-2025 étant arrivé à terme. A cet effet, le Comité d’orientation et de supervision (COS) du dispositif d’élaboration du Plan national de développement 2026-2030 a tenu une session le 31 décembre 2025. Une rencontre qui a réuni les membres du gouvernement et les Gouverneurs des régions. Sous la présidence du Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, la session a permis d’examiner et d’adopter un avant-projet de PND qui avait déjà été validé par un comité technique.
L’objectif global du PND 2026-2030 est clair : impulser un développement socioéconomique endogène et inclusif fondé sur l’engagement patriotique et la souveraineté nationale, dans un environnement de sécurité et de paix. Pour l’atteinte de cet objectif, le nouveau référentiel est articulé autour de quatre piliers : la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix ; la refondation de l’Etat et l’amélioration de la gouvernance ; le développement du capital humain ; le développement des infrastructures et la transformation durable de l’économie. Ces quatre piliers sont assortis de 20 programmes, avec des impacts attendus sur plusieurs secteurs de développement, en réponse à des défis de l’heure.
Un financement sur fonds propres à hauteur de 23 135 milliards FCFA
La mise en œuvre des orientations stratégiques de ces piliers devrait permettre, notamment : la reconquête de l’intégralité du territoire face au terrorisme ; la réduction de l’incidence de la pauvreté de 43,2% en 2021 à 35% en 2030 ; l’amélioration de l’indice de perception de la corruption de 41/100 en 2024 à 46/100 en 2030 ; l’accroissement de la part des industries manufacturières dans le PIB de 9,6% en 2024 à 17,7% en 2030 ; l’accroissement de la puissance électrique installée de 678,5 MW en 2024 à 2585,6 MW ; l’amélioration de l’Espérance de vie à la naissance de 61 ans en 2023 à 67 ans en 2030 ; l’accroissement de la proportion des effectifs de l’Enseignement et la Formation technique et professionnels (EFTP) dans l’effectif total de l’enseignement post-primaire et secondaire de 5% en 2024 à 12% en 2030 ; la réduction de la part des produits alimentaires dans le total des importations de 11,5% à 8% ; l’amélioration de la part contributive des communautés dans le cadre de la mise en œuvre des initiatives communautaires de 33% en 2025 à 41% en 2030.
Selon le COS, le coût global de la mise en œuvre du PND 2026-2030 est estimé à 36 190 milliards FCFA. Les dépenses d’investissements représentent 34%, soit une enveloppe globale de 12 379 milliards FCFA. Le PND sera financé à hauteur de 23 135 milliards FCFA, soit 64% par les ressources propres. Le besoin de financement additionnel est de 10 955 milliards FCFA, ce qui correspond à 30,0% du coût total du plan.
En attendant les étapes du Conseil des ministres et du Parlement
Selon le Premier ministre, le Burkina, avec le PND 2026-2030, amorce un tournant majeur dans la conduite de son développement. « Nous faisons le choix assumé d’un État stratège , garant des grands équilibres économiques et intervenant avec discernement pour impulser les transformations prioritaires tout en préservant les intérêts supérieurs de la Nation », a déclaré Jean Emmanuel Ouédraogo.Pour lui, le nouveau document se présente comme « un véritable pacte national pour la transformation structurelle de notre économie, la consolidation de la sécurité et de la paix, la refondation de l’État et la promotion d’un développement endogène, inclusif et souverain ».
Après l’étape de l’examen par le COS, le nouveau référentiel sera soumis au Conseil des ministres, puis à l’Assemblée législative de transition, pour être enfin adopté en tant que nouvelle boussole du développement sur les cinq prochaines années. Mais d’ores et déjà, Jean Emmanuel Ouédraogo rassure que le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour « assurer une mise en œuvre rigoureuse du PND 2026-2030, dans un esprit de synergie et de gestion axée sur les résultats ».
B.K
Un plan assorti de plusieurs innovations
Le PND 2026-2030 se distingue par ses nombreuses innovations que sont :
• L’intégration de paradigmes nouveaux que sont la « souveraineté » et le « développement endogène » dans les principes directeurs devant présider à la conduite des actions de développement ;
• Le repositionnement stratégique de l’Etat qui, désormais, définit la vision et les orientations stratégiques de la conduite de l’action publique, réalise des investissements structurants et garantit la préservation des intérêts supérieurs de la Nation ;
• L’adoption d’instruments innovants de financement du développement comme l’actionnariat populaire, les contributions volontaires et communautaires, les revenus de portefeuille de l’Etat en sus des instruments classiques de financement qui seront optimisés ;
• L’implémentation de l’approche programme dans la mise en œuvre du PND avec les initiatives présidentielles, agissant comme des accélérateurs de résultats des différents programmes, en vue d’assurer la cohérence horizontale et verticale des interventions, de renforcer les synergies d’action à l’effet d’accroître l’impact sur les populations ;
• L’implication des communautés à la base pour la conduite d’une gamme d’investissements prioritaires en maîtrise d’œuvre ;
• La prise en compte des choix opérés par le président du Faso pour la conduite de la Révolution progressiste populaire (RPP).


