• Le rôle central de l’ALT dans l’adoption de la loi de finances
• Retour sur les questions centrales des Députés au gouvernement
• Inflation, les mesures pour réduire les chocs
La loi de finances exercice 2026 a été votée par les Députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) et abrogée par le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le 30 décembre 2025. Le Décret n°2025-1660/PF promulguant la loi n°021-2025/ALT du 27 décembre 2025 portant loi de finances pour l’exécution du Budget de l’Etat, exercice 2026, a été publié au Journal officiel du Faso, le 2 janvier 2026, marquant ainsi le début d’une nouvelle année budgétaire au Faso. Durant tout le processus, la représentation nationale a été au cœur des travaux. L’audition des membres du gouvernement par la Commission des finances et du budget (COMFIB) s’est imposée comme l’un des temps forts de la vie parlementaire. À travers ces sessions de questions-réponses, les Députés ont joué pleinement leur rôle de représentants du peuple, en posant les questions que se posent les citoyens : d’où viendra l’argent public, comment sera-t-il dépensé et avec quelles garanties de transparence et d’efficacité ?
Le rapport au fond de la COMFIB, le texte issu des travaux de la Commission, ainsi que la loi de finances adoptée permettent aujourd’hui de revenir sur ces échanges, d’analyser les réponses du gouvernement et de mettre en lumière les recommandations formulées par les Députés pour une meilleure gestion du Budget de l’État en 2026.
Les recettes de l’État : des prévisions réalistes ?

Lors de l’audition, les Députés ont structuré leurs interventions autour de grandes préoccupations, directement liées aux attentes des populations. Plusieurs Députés ont interrogé le gouvernement sur la crédibilité des prévisions de recettes inscrites dans le Budget 2026. Ils ont voulu savoir si les objectifs de mobilisation des recettes fiscales et non fiscales tiennent compte du contexte économique, marqué par les défis sécuritaires et sociaux.
Ainsi, ils se sont interrogés si les réformes fiscales annoncées permettront réellement d’augmenter les recettes sans alourdir la pression sur les citoyens et les entreprises ?
A cette question, l’Exécutif a expliqué que les prévisions reposaient sur des hypothèses prudentes. Il a mis en avant la modernisation des administrations financières, le renforcement de la digitalisation et la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales comme leviers essentiels pour améliorer les recettes sans créer de nouveaux impôts excessifs. Les Députés ont également attiré l’attention sur le poids des dépenses courantes, notamment, les dépenses de personnel et de fonctionnement, par rapport aux dépenses d’investissement. Autre question : comment le gouvernement compte-t-il contenir les dépenses de fonctionnement, afin de dégager davantage de ressources pour les investissements productifs ?

Selon l’Exécutif, le Budget 2026 traduit une volonté de rationalisation des dépenses. Des mesures de maîtrise des charges non essentielles sont prévues, tandis que les investissements structurants et à fort impact socioéconomique sont privilégiés.
Inflation : quels sont les produits concernés par la baisse des prix ?
C’est la question qui a été posée par les Députés. Les représentants du peuple ont demandé les mesures envisagées par le gouvernement pour pallier un éventuel choc exogène. Pour le gouvernement, « la baisse anticipée de l’inflation en 2026 s’inscrit dans une tendance déjà observée en 2025, où l’inflation annuelle devait atteindre 1,8%, après 4,2% en 2024. Cette diminution repose principalement sur le recul des prix dans plusieurs secteurs clés qui sont les produits alimentaires et boissons non alcoolisées, notamment les céréales, sous l’effet de production accrue, l’information et communication, le logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles et les services d’enseignement (dans une moindre mesure).
Et pour prévenir et atténuer l’impact des chocs externes, le gouvernement a mis en place un dispositif complet articulé autour de 3 axes.
Le premier est la régulation des marchés et contrôle des prix à travers le renforcement des prérogatives de la SONAGESS, désormais centrale d’achat et de commercialisation des produits agrosylvopastoraux, pour mieux réguler l’offre, le contrôle régulier des prix des produits de première nécessité et l’interdiction d’exporter les céréales de grande consommation pour privilégier l’approvisionnement du marché intérieur.
Le deuxième axe est l’augmentation structurelle de l’offre, à travers la mise en œuvre de l’Offensive agropastorale et halieutique pour booster la production nationale, en particulier, céréalière, et assurer la sécurité alimentaire.
Le troisième axe porte sur des mesures sociales d’accès aux biens essentiels, à savoir la relance du concept « Faso Yaar », un réseau de boutiques témoins proposant des produits de première nécessité à des prix sociaux. Cette combinaison d’actions vise à consolider la stabilité des prix tout en renforçant la résilience de l’économie face aux risques externes.
Les secteurs sociaux et prioritaires : répondre aux urgences
Santé, éducation, sécurité, action humanitaire et accès aux services de base ont occupé une place centrale dans les échanges. La question sur l’efficacité des allocations budgétaires prévues, notamment dans les zones vulnérables, a été évoquée. Et le gouvernement a affirmé que le Budget 2026 reflétait les priorités nationales. Des ressources importantes sont orientées vers les secteurs sociaux et sécuritaires, afin de renforcer la résilience des populations et d’améliorer l’offre de services publics essentiels. La question de l’endettement de l’État a elle aussi suscité de nombreuses interrogations. Le gouvernement a assuré que la politique d’endettement respectait les normes communautaires. Il a insisté sur la recherche de financements concessionnels et sur le renforcement de la transparence dans la gestion de la dette publique.
Dans l’ensemble, le gouvernement a défendu la cohérence globale du Budget 2026. Il a souligné que les choix opérés visaient à concilier rigueur budgétaire, impératifs de sécurité et besoins sociaux. L’Exécutif s’est également engagé à améliorer la qualité de l’exécution budgétaire, condition essentielle pour transformer les crédits votés en résultats concrets pour les populations.
L’audition du gouvernement devant la COMFIB sur le Budget de l’État, exercice 2026, aura permis de mettre en lumière les attentes du peuple à travers la voix de ses représentants. Les questions des Députés, les réponses du gouvernement et les recommandations formulées traduisent une volonté commune d’aller vers une gestion plus rigoureuse, plus transparente et plus efficace des finances publiques. Le véritable enjeu demeure désormais l’exécution du budget, afin que les orientations retenues se traduisent concrètement par une amélioration des conditions de vie des citoyens.o
ESS
Les prévisions de contrats PPP pour 2026-2028
La liste des PPP annoncés dans l’exposé des motifs est-elle exhaustive ? Quelles sont les perspectives en matière de PPP en 2026 ?
A cette question de la COMFIB, le gouvernement explique que sur la période 2026-2028, dans le cadre de la nouvelle dynamique impulsée par le Bureau national des grands projets (BNGP), plusieurs contrats sont en cours de finalisation et devraient être signés. Ces projets concernent des secteurs clés : transports, infrastructures, mobilité, agriculture, santé mines et énergie, habitat, etc.
Parmi les projets structurants concernés, on note l’interconnexion ferroviaire entre le Burkina Faso et le Ghana ; la mise en œuvre des Zones économiques spéciales de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso ; la création d’une université polytechnique ; la construction de l’autoroute Yamoussoukro-Ouagadougou, etc.


