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BRVM: saison de moisson pour les investisseurs burkinabè

• Plus de 56 milliards FCFA redistribués aux actionnaires burkinabè

• Les actions de Coris, Onatel et BOA appréciées sur le marché régional

• Période fructueuse aussi pour les détenteurs d’obligations du Trésor public

A la fin de la saison des pluies, vient la saison des moissons. Le cultivateur se voit récompensé de ses mois de patience, d’efforts et d’investissement. Il est temps de remplir le grenier. Ce principe est le même sur les marchés financiers. En ce mois de juin 2026, une autre forme de moisson est en cours au Burkina Faso. Des milliers d’actionnaires de sociétés cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) s’apprêtent à percevoir leur part des bénéfices réalisés par les entreprises dans lesquelles ils ont investi. Pour certains, il s’agit de quelques dizaines de milliers de francs CFA. Pour d’autres, de plusieurs millions. Mais derrière ces montants, se cache une même réalité : celle d’un capital qui travaille et produit des revenus.

Le 19 juin, Coris Bank International versera ainsi 28,8 milliards FCFA à ses actionnaires sous forme de dividendes. Quelques jours plus tôt, Onatel-BF aura distribué près de 9,9 milliards FCFA, tandis que BOA Burkina Faso aura déjà versé plus de 17 milliards FCFA. Au total, plus de 56 milliards FCFA retourneront cette année dans les poches des investisseurs ayant choisi de devenir copropriétaires de ces entreprises.

Onatel-BF, la valeur de rendement par excellence

Héritière de l’ancien opérateur public des télécommunications, l’entreprise bénéficie d’une position stratégique dans les services mobiles, Internet et de transmission de données. Son actionnaire de référence est le Groupe Maroc Telecom, qui lui apporte une assise financière et une expertise technique reconnue. Onatel-BF demeure l’une des actions les plus détenues par les investisseurs particuliers du Burkina Faso. Pour l’exercice 2025, la société distribuera près de 9,9 milliards FCFA à ses actionnaires, soit un dividende net de 145,32 FCFA par action, versé le 15 juin 2026. Pour mémoire, l’exercice précédent avait donné lieu à une distribution d’environ 12,9 milliards FCFA, avec un dividende proche de 190 FCFA par action. Certes, le dividende est inférieur aux niveaux observés ces dernières années, conséquence d’une pression accrue sur les marges du secteur télécoms. Toutefois, le titre conserve un profil apprécié des investisseurs à la recherche de revenus réguliers. Avec un rendement qui demeure attractif, au regard des standards du marché régional, Onatel-BF continue d’incarner une valeur défensive, davantage orientée vers la distribution de revenus que vers une forte croissance boursière.

A noter que l’actionnaire de référence reste le Groupe télécom marocain Orange, à travers ses participations dans l’opérateur. Historiquement, une part importante des dividendes revient donc à l’actionnaire stratégique, tandis que le reste est distribué au flottant et aux investisseurs institutionnels.

BOA- BF, la régularité bancaire

Bank of Africa Burkina Faso demeure aussi l’une des valeurs les plus solides du compartiment bancaire de la BRVM. Contrôlée par le Groupe Bank of Africa, lui-même intégré à l’écosystème financier de BMCE Bank of Africa, la banque bénéficie d’un actionnariat stable et d’une longue expérience du financement de l’économie burkinabè. Au titre de l’exercice 2025, elle distribuera 17,468 milliards FCFA à ses actionnaires, correspondant à un dividende net de 397 FCFA par action. Le paiement est intervenu le 23 avril 2026.

Même si le bénéfice net a légèrement reculé par rapport à l’exercice précédent, BOA Burkina Faso conserve des fondamentaux robustes et un rendement parmi les plus attractifs du marché régional. Pour de nombreux investisseurs, le titre représente un compromis intéressant entre stabilité, rentabilité et potentiel de valorisation à moyen terme.

Coris Bank International : le dividende record

Le 19 juin 2026, les actionnaires de Coris Bank International (CBI) percevront un dividende net de 900 FCFA par action. Avec un capital composé de 32 millions d’actions, Coris Bank International versera au total 28,8 milliards FCFA à ses actionnaires au titre de l’exercice 2025. La date de détachement du dividende est fixée au 18 juin 2026, tandis que le paiement interviendra le lendemain, le 19 juin. Introduite à la BRVM le 23 décembre 2016, Coris Bank International s’est progressivement imposée parmi les valeurs les plus suivies du compartiment bancaire régional. Fondée autour de la vision entrepreneuriale de Idrissa Nassa, la banque a construit sa croissance sur une stratégie combinant expansion régionale, financement de l’économie et maîtrise de ses coûts opérationnels.

Aujourd’hui, le contrôle de la banque demeure assuré par Coris Holding, qui détient 63,61 % du capital. Les investisseurs institutionnels, les personnes physiques et le flottant boursier se partagent le reste du capital.o

ESS

La moisson ne concerne pas que les actionnaires

La période de juin-juillet marque également un rendez-vous important pour les détenteurs d’obligations du Trésor public burkinabè. Selon les avis publiés par la BRVM, les porteurs des emprunts obligataires « TPBF 6,50 % 2020-2028 » et « TPBF 6,50 % 2021-2031 » percevront respectivement leurs intérêts semestriels les 9 et 6 juillet 2026. Contrairement aux actionnaires qui reçoivent une part des bénéfices de l’entreprise sous forme de dividendes, les détenteurs d’obligations perçoivent des intérêts prédéfinis correspondant à la rémunération du prêt accordé à l’émetteur.

Le Trésor public, notons, est l’institution chargée de gérer les finances de l’État. Il collecte les recettes publiques, exécute les dépenses et mobilise des ressources pour financer les besoins du pays. Lorsqu’un investisseur souscrit à une obligation du Trésor, il devient en quelque sorte créancier de l’État. En contrepartie, il perçoit périodiquement des intérêts, appelés coupons. À l’échéance de l’emprunt, l’État rembourse également le capital emprunté. C’est ce mécanisme qui explique les paiements d’intérêts annoncés chaque année sur les emprunts obligataires du Burkina Faso cotés à la BRVM.

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