
• Au moins 50 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires
• Au profit de l’eau potable, des productions agropastorales et halieutiques
• Un volume total de 600 000 mètres cubes de sédiments à retirer des barrages de Ouaga

Au Burkina Faso, 40 % des barrages sont fortement dégradés, 50 % moyennement dégradés, et 10 % seulement sont en bon état, pour un âge moyen estimé à 30 ans. Cette situation impacte directement l’approvisionnement en eau potable, l’élevage, la pisciculture et, de façon particulièrement sensible, les productions maraîchères. Comme réponse, le gouvernement a opté pour une campagne nationale de mobilisation des eaux de surface à travers le curage et la confortation de 100 barrages sur l’ensemble du territoire national. Elle couvre 12 régions sur 17, avec pour objectif de mobiliser au moins 50 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires au profit de l’eau potable et des productions agropastorales et halieutiques. Financée par le budget de l’État, exercice 2026, l’opération représente un investissement de plus de 19 milliards FCFA, pour une durée de mise en œuvre estimée à cinq mois. Elle est pilotée par le ministère de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales et halieutiques, à travers l’Office national des barrages et des aménagements hydroagricoles (ONBAH) et la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER).

Le top de départ de cette campagne a été donné le samedi 31 janvier 2026, à Gonsé, Commune rurale de Koubri, dans la province du Kadiogo, par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Le barrage de Gonsé a été réalisé en 1984, avec l’appui financier de Secours catholique. D’une capacité de stockage initiale de 300 000 m³, l’ouvrage est ramené aujourd’hui à environ 211 000 m³, en raison de l’envasement. Les travaux, prévus alors sur une durée de 30 à 45 jours, permettront de curer près de 100 000 m³ de sédiments et de conforter la digue, afin de restaurer pleinement la capacité de stockage du barrage. Cet ouvrage soutient l’exploitation d’environ 100 hectares de périmètres agricoles et bénéficie à 200 exploitants, dont 110 femmes et 90 hommes, issus, notamment des villages de Gonsé et de Nougou. Les usages de l’eau concernent le maraîchage, l’arboriculture fruitière, la pêche, l’abreuvement du bétail, ainsi que diverses activités génératrices de revenus.
Les cuvettes des barrages n°1, 2, 3 et de Boulmiougou feront ainsi l’objet d’un nouveau curage soixante ans après leur mise en service. Depuis le 1er mai 2026, les machines de l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH) et la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural vrombissent sur le site. Elles ont un délai de trois semaines pour curer un volume total de 600 000 mètres cubes de sédiments. « En termes simples, cela équivaut à 90 000 camions de 20 mètres cubes. C’est pour vous donner une idée de l’ampleur de l’ensablement. Comment en est-on arrivé là ? Cela est dû non seulement aux mauvaises pratiques, même si après plus de 60 ans, un entretien régulier s’impose, mais également aux actions humaines », a précisé le ministre en charge de l’eau, le Commadant Ismaël Sombié. « Nous visons une augmentation significative de la production halieutique pour contribuer à notre souveraineté alimentaire », a ajouté Boukaré Sabo, Directeur général de l’Agence de l’eau du Nakanbé. La restauration de ces cuvettes permettra de renforcer la desserte en eau de la ville, d’améliorer durablement la qualité de la ressource et de revitaliser la vie aquatique.
Plus de 100 hectares ont été mobilisés dans la Ceinture verte de la ville et la réalisation de forages à gros débit sur ces sites est enclenchée pour accueillir les maraîchers qui occupaient les berges. Le gouvernement a également apporté un soutien direct aux producteurs, à travers la remise de vivres, d’intrants agricoles et de kits d’irrigation.
Moumouni SIMPORE
Voici des exemples de barrages inclus dans cette liste
prioritaire, souvent cités dans les premières phases
de la campagne de curage 2026 :
Mouhoun : Barrages de Karouka (Dédougou), Tia (Bondoukuy), Tchériba, Sao.
Balé : Ouroubonon, Sipohin (secteur 3), Vy (Bagassi).
Ioba : Barrage Ioba (Dissihn), Koper, Ténoulé (Gueguéré).
Poni : Barrage de Bonko, Loropéni.
Tuy : Koumbia, Bouendé, Fafo.
Sud/Sud-Ouest : Lokosso (Poni), Kaya Naviou (Nahouri).
Cascades : Tiefora, Bodadiougou, Niangoloko.
Pour obtenir la liste exhaustive des 100 sites, voir le site du ministère en charge de l’eau.
