• Lors d’un Symposium national sur la RSE
• L’expérience de IAMGOLD Essakane partagée
• Les attentes du gouvernement déclinées
Ouagadougou a abrité le 14 avril 2026, un rendez-vous majeur pour le monde économique. Le Symposium national sur la responsabilité sociétale d’entreprise, c’est de cet évènement qu’il s’agit, a réuni des acteurs d’horizons divers (secteur privé, institutions publiques, société civile, banques, etc.). Une initiative du Centre d’analyse des politiques économiques et sociales (CAPES), dans le but de faire l’état des lieux de la RSE au Burkina et trouver des stratégies de son institutionnalisation.

L’une des activités phares de ce symposium a été la tenue d’un panel de haut niveau sur les convergences, les défis et les opportunités de la RSE en lien avec la souveraineté nationale. Sous la modération de l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Alkassoum Maïga, ce panel a été animé par le Conseiller technique du ministre de l’Economie et des Finances, Léa Zagré, et le Directeur général de IAMGOLD Essakane SA, Tidiane Barry.
La représentante du ministre a surtout décliné la vision du gouvernement qui est de promouvoir un développement responsable qui s’accompagne d’une amélioration du bien-être de la population, d’une protection durable de l’environnement et d’une gouvernance exemplaire des entreprises. Selon Léa Zagré, la volonté du gouvernement, dans sa dynamique actuelle, est de bâtir « une relation nouvelle avec l’entreprise » qui doit « placer l’humain et la durabilité au cœur du projet ». Selon Léa Zagré, c’est de cela la responsabilité sociétale de l’entreprise. Cette responsabilité, selon le Conseiller technique, implique, notamment, une meilleure prise en compte des conditions de travail, de la sécurité et de la dignité des travailleurs.
La communication du patron d’Essakane SA a permis de percevoir les efforts d’un secteur privé déjà engagé dans cette vision du gouvernement. Et cela, à travers l’expérience de la société minière qui opère au Burkina depuis plus de 15 ans.
Selon Tidiane Barry, la mine d’Essakane a su développer, dès le départ, une stratégie RSE qui, au fil des années, a conforté l’ancrage de la société dans les paysages institutionnel, économique, social, culturel et communautaire. Toute chose qui, selon le Directeur général de IAMGOLD Essakane, a permis de bâtir de la confiance, un déterminant de premier plan pour toute RSE. « La résilience d’Essakane, qui opère dans une zone à fort défi sécuritaire, est le fruit de la confiance bâtie avec l’ensemble des parties prenantes depuis le départ », a déclaré Tidiane Barry.
Pour Léa Zagré, la RSE ne devrait pas être perçue par les entreprises comme une contrainte mais comme une opportunité d’investissement stratégique. « Dans un contexte de mondialisation des échanges et de montée en puissance des méthodes de durabilité, les entreprises qui l’intègrent dans leurs principes renforcent leur crédibilité et leur attractivité auprès des investisseurs et leur accès aux marchés internationaux », a expliqué la représentante du ministre de l’Economie. Tidiane Barry est de cet avis. « C’est un outil qui permet à l’entreprise d’optimiser la façon dont elle crée de la richesse, parce que c’est sa mission, et de maximiser la répartition de cette richesse à travers les différentes parties prenantes.
L’institutionnalisation de la RSE, selon Tidiane Barry, appelle à la mise en place d’un cadre de référence face à une disparité dans les pratiques. Selon lui, ce cadre de référence aidera beaucoup au reporting, estimant que beaucoup d’actions sont souvent perçues comme juste de la publicité et de la communication sans impact réel. Au-delà des standards comme la protection de l’environnement et la citoyenneté en matière de fiscalité, Tidiane Barry croit que l’investissement dans le capital humain relève aussi de la responsabilité sociétale des entreprises. « Tous les acteurs économiques devraient s’engager fortement dans le développement du capital humain. C’est aussi simple que s’efforcer à offrir des stages à des apprenants, à octroyer des bourses d’études », a indiqué Tidiane Barry
Pour le gouvernement, des réformes sont envisagées, au regard des insuffisances dans les pratiques. A en croire Léa Zagré, la première de ces réformes sera la mise en place d’un cadre juridique et règlementaire pour encadrer les pratiques. Selon Léa Zagré, ce cadre juridique devrait s’accompagner d’une nécessité de faire de la RSE un sujet de gouvernance d’entreprise, tout en rendant visible l’impact de la RSE.
B.K
Elargir le Contenu local pour créer plus de la valeur
Dans le cadre d’une RSE en phase avec les objectifs de souveraineté, des champs d’actions restent à approfondir, selon le DG de IAMGOLD Essakane. L’un de ces champs d’actions, selon lui, est le Contenu local, cette forme d’incitation des entreprises à la consommation des produits locaux. « C’est dommage que le Contenu local ne s’applique aujourd’hui qu’à un secteur qui est le secteur minier », déplore Tidiane Barry, qui suggère d’élargir le Contenu local à l’ensemble des acteurs économiques. « L’intégration des chaînes de valeurs au niveau local peut créer de la valeur sur place, y compris les sociétés d’Etat », a expliqué le patron de IAMGOLD Essakane.



