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Secteur bancaire: 2026, l’année où tout peut basculer

• Création d’une holding bancaire publique

• Une infrastructure qui peut redessiner le paysage national

• Retour sur les performances boursières des banques en 2025

À quoi va ressembler le secteur bancaire burkinabè pour cette année 2026 ? La question s’est imposée au cœur de l’actualité économique, à la faveur d’une annonce faite par le ministre de l’Économie et des Finances, le 18 décembre 2025, à Ouagadougou, lors de la 2ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM).

Réunis autour du thème « Intelligence artificielle : opportunité stratégique pour le ministère de l’Économie et des Finances », cette rencontre a permis de faire le bilan de 2025 et de définir les perspectives à venir pour 2026. Parmi les annonces faites par Dr Aboubakar Nacanabo, une retient l’attention des acteurs du secteur bancaire. Il s’agit de la création d’une holding bancaire destinée « à mieux gérer et valoriser les participations publiques dans les banques ».

Une décision discrète…

Cette annonce intervient après une autre, qui a eu lieu en mars 2025. Le chef de l’Etat, Ibrahim Traoré, avait alors instruit les banques nationales de reverser 25 % des Dépôts à terme (DAT) placés par les entreprises d’État auprès des établissements bancaires privés. Toutes deux concernent le secteur bancaire et marquent un tournant dans la relation entre l’Etat et le système bancaire, en lien avec la gestion des ressources publiques.

Selon les experts du secteur, ces décisions sont motivées par le fait que les autorités veulent un meilleur contrôle et suivi de l’utilisation des ressources publiques pour en améliorer l’impact sur l’économie nationale. Il faut savoir qu’une holding bancaire est une structure financière créée pour regrouper, organiser et piloter les participations d’un actionnaire-public ou privé dans plusieurs établissements bancaires. Elle permet d’harmoniser la gouvernance, de définir une stratégie commune, d’optimiser les performances financières et de renforcer la capacité d’influence de l’actionnaire au sein des banques détenues.

Ainsi expliquée, la future holding bancaire serait l’outil que va utiliser le ministère de l’Economie pour atteindre les objectifs fixés. Cette holding devra ainsi canaliser, structurer et redéployer les liquidités de l’État en cohérence avec les priorités nationales, tout en préservant une relation de partenariat avec les acteurs bancaires privés. Au Burkina, l’Etat, à travers les sociétés publiques, possède des participations dans plusieurs banques. « La création d’une holding bancaire publique lui permettra de regrouper et en piloter ses actifs comme un véritable portefeuille financier. Il s’agit ainsi de passer d’une présence parfois symbolique à une posture d’actionnaire stratégique, capable d’influencer les orientations et les choix d’investissement », a expliqué un expert du secteur, contacté par L’Economiste du Faso. Si elle se concrétise en 2026, cette holding pourrait permettre à l’État d’améliorer la rentabilité de ses participations et, surtout, d’orienter davantage le crédit vers les secteurs jugés prioritaires pour le développement économique du pays.

Cette initiative publique intervient dans un contexte où les holdings bancaires privées ont pris une place centrale dans le paysage financier burkinabè. La future holding bancaire de l’État vient en complément de ce système. Là où les groupes privés recherchent la rentabilité et la croissance, la structure publique pourrait jouer un rôle de stabilisation et de cofinancement, notamment, sur des projets lourds ou stratégiques. Banques publiques et privées pourraient ainsi mutualiser leurs capacités pour financer des projets structurants, réduire les risques et élargir l’accès au crédit. L’on devrait donc s’attendre à une meilleure coordination entre acteurs bancaires, ce qui peut se traduire par : des financements plus accessibles pour les PME ; une meilleure couverture des zones moins bancarisées, etc.

NK

Coris Bank International dans le secteur minier

Coris Bank International s’est affirmée comme l’un des principaux partenaires financiers du secteur minier au Burkina Faso, avec une approche à plusieurs niveaux :

Appui aux mineurs artisanaux

La banque a participé à la mise en place d’un fonds renouvelable de crédit d’un montant minimum de 250 millions FCFA pour les artisans miniers, visant à faciliter l’accès au financement et à encourager des pratiques plus responsables, notamment en matière environnementale. La phase pilote, lancée en 2024, va bénéficier à 7 sociétés coopératives.

Financement de projets industriels majeurs

Coris Bank a accordé des lignes de crédit significatives pour les grandes exploitations minières, notamment : environ 35 milliards FCFA pour l’expansion de la mine de Bomboré, exploitée par Orezone Gold ; une implication dans une facilité de financement globale de près de 265 millions USD pour la construction de la mine de Kiaka, aux côtés de partenaires internationaux.

Ces financements montrent que Coris Bank n’est pas seulement une banque de dépôts, mais un acteur clé du financement de l’économie réelle, capable d’accompagner des projets d’envergure dans un secteur essentiel comme l’or, tout en renforçant son positionnement institutionnel et financier au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest.

 

Au niveau régional, la BCEAO change la donne

Pendant que le paysage bancaire national se redessine, la BCEAO a posé, en 2025, les bases d’une transformation régionale majeure avec le lancement de la Plateforme de paiement instantané interopérable (PI-SPI).

Concrètement, cette plateforme permet désormais : des paiements instantanés, à toute heure ; des transactions interopérables entre banques, mobile money et fintechs ; une réduction progressive de la circulation du cash.

En parallèle, la Banque centrale a renforcé l’encadrement des fintechs et modernisé ses outils de supervision. Des évolutions moins visibles, mais essentielles pour sécuriser un système bancaire de plus en plus numérique.

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