• 7.142.484 tonnes de production céréalière
• Un taux de couverture estimé à 126,6% des besoins
• « Nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire »

«Nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire au cours de l’année 2025 au Burkina Faso ». Ces propos du président du Faso, Ibrahim Traoré, extraits de son adresse à la Nation, le 31 décembre 2025, résument bien les résultats atteints dans le domaine agricole l’année passée.
Le Conseil des ministres du 17 décembre 2025 avait présenté un rapport relatif aux résultats provisoires de la campagne agropastorale 2025/2026 et de la situation alimentaire. On y apprenait qu’au terme de cette campagne, la production céréalière provisoire était estimée à 7.142.484 tonnes, en hausse de 17,63% et de 37,19%, respectivement par rapport à la campagne précédente et à la moyenne des cinq dernières années.

La production des autres cultures vivrières (niébé, voandzou, igname et patate) est estimée à 1.246.132 tonnes, en baisse de 1,29% par rapport à la campagne agricole 2024/2025 et en hausse de 27,9% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Quant à la production des cultures de rente hors coton, elle est estimée à 1.353.298 tonnes, en hausse de 3,03% par rapport à la campagne agricole précédente et de 37% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Pour ce qui concerne la production fourragère, elle est estimée à 10.147.741 tonnes de matière sèche constituée de résidus de récoltes et de fourrages cultivés.
Ainsi, sur les 47 provinces du pays, le bilan céréalier fait ressortir les résultats suivants : 15 provinces sont déficitaires, 8 en équilibre et 24 sont excédentaires. Au niveau national, le taux de couverture apparent des besoins céréaliers est ressorti à 126,6%, contre 111,5% pour la campagne 2024/2025.
Il convient de noter aussi que cette campagne agropastorale a été caractérisée par un démarrage tardif à normal dans la plupart des localités du Burkina Faso. Elle a été marquée par des attaques principalement dues à la chenille légionnaire d’automne sur le maïs et le sorgho. Sur 47.213 hectares prospectés, 20.568 hectares de cultures ont été infestés, dont 17.724 hectares traités.
Les mesures gagnantes
Ces résultats ont été obtenus grâce aux multiples appuis de l’Etat au profit des agriculteurs et éleveurs, notamment, par la dotation en intrants, en engrais et en équipements. Ces actions ont, notamment, porté sur l’aménagement et la maîtrise de l’eau, la mécanisation agricole, l’amélioration de l’accès aux intrants, ainsi que le renforcement des filières animales et halieutiques. À ce titre, 3.206 hectares de nouveaux périmètres irrigués et 20.527 hectares de bas-fonds ont été aménagés, tandis que 49.304 hectares de terres ont été labourés gratuitement. Pour faciliter l’accès aux intrants agricoles, 70.000 tonnes d’engrais et 15.000 tonnes de semences améliorées ont été distribuées aux producteurs à des prix subventionnés.

Dans le domaine de la mécanisation, 608 tracteurs et 1 102 motoculteurs ont été mis à la disposition des acteurs du monde rural, contribuant ainsi au renforcement des capacités de production. Par ailleurs, le sous-secteur halieutique a bénéficié de l’installation de 1.185 grandes cages flottantes dans les plans d’eau. Le secteur de l’élevage a, quant à lui, été soutenu par la mise à disposition de 8.288 tonnes d’aliments concentrés, complétées par 4.349 tonnes d’aliments pour volailles et 2.348 tonnes d’aliments pour poissons. En outre, 257.900 boutures de maralfalfa ont été distribuées aux producteurs, afin de renforcer la disponibilité des ressources fourragères.
Mieux faire en 2026
Les acteurs du ministère en charge de l’agriculture se sont retrouvés le 30 décembre 2025, à Ouagadougou, pour définir des orientations stratégiques pour le développement agropastoral et halieutique autour du thème « Consolidation des acquis de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 : quel dispositif efficace de production de semences de variétés et de souches améliorées ?». Dans cette perspective, la programmation des activités du ministère pour l’année 2026 sera essentiellement orientée vers la consolidation des acquis de l’Offensive agropastorale et halieutique. Cette orientation stratégique mettra l’accent sur l’amélioration de l’accès des producteurs à des intrants de qualité, le renforcement de la mobilisation, de la maîtrise et de la gestion efficiente de l’eau de production, l’amélioration de la couverture vaccinale contre les principales maladies animales, ainsi que le renforcement de l’accès des acteurs à des services financiers adaptés. Des actions et réformes structurelles seront également engagées, afin de résoudre durablement la problématique des semences, qu’elles soient végétales, animales ou halieutiques, considérées comme un levier stratégique de la transformation du secteur.
Pour l’année 2026, la vision est claire : à défaut de faire mieux que l’année 2025, il faut au moins maintenir les mêmes tendances. « Nous allons poursuivre les efforts dans le secteur de l’agriculture, notamment, en achetant des machines tant pour les labours que pour les récoltes. En faisant des labours gratuits ou fortement subventionnés, au profit de nos populations. En subventionnant les intrants et également en leur fournissant des semences de qualité produites par nos chercheurs. Beaucoup des terres sont en train d’être récupérées par nos Forces combattantes. Nous allons rapidement nous mettre à la tâche dès le début de l’année dans l’aménagement de ces terres, pour permettre à ces populations qui se réinstallent de pouvoir exploiter de façon sereine leurs terres et accroître nos productions », a précisé le président du Faso.o
Moumouni SIMPORE



