
L’Economiste du Faso : On connait le bilan provisoire de la campagne agricole humide, notamment, la production céréalière. Quelles sont les mesures et actions qui ont permis d’atteindre de tels résultats ?
Prosper Zemba, Directeur général des productions végétales : Il y a d’abord eu la vision éclairée du chef de l’Etat et du gouvernement qui a défini comme priorité après la lutte contre le terrorisme, l’atteinte de la souveraineté alimentaire et l’autosuffisance alimentaire. Cette volonté s’est traduite de façon concrète par un appui important à la production ASPH. A titre d’exemple, cette année, en termes d’aménagement : de moins de 5.000 ha par an avant 2022, on a réalisé 25.000 ha cette année ; de moins de 15.000 t par an, on a atteint 63.000 tonnes en 2024 et 70.000 tonnes d’engrais en 2025, dont 15.000 tonnes pour la campagne sèche en cours ; de moins de 5.000 ha labourés par an, on a atteint 58.000 ha de labours réalisés par les BMA cette année. Ensuite, on peut noter une mobilisation de la population derrière son leader, l’accompagnement des chefs coutumiers et religieux, les producteurs qui ont emblavé toutes les superficies possibles, l’implication des FDS et des structures étatiques dans la production à travers les champs institutionnels. Les agents d’appui technique ont mobilisé également les producteurs pour les aménagements, l’application des bonnes pratiques de production et les ont appuyés pour que ces résultats soient atteints.
Pendant longtemps, l’objectif un million de tonnes de riz a été poursuivi pour finalement être atteint cette année. Quelle variété a donné le plus? Quelle est la capacité d’absorption du pays ?
L’objectif de production de 1.000.000 de tonnes de riz paddy par an a été initié depuis 2020, plusieurs efforts ont été consentis en matière d’aménagement, d’appui en fertilisants et en semences de variétés améliorées. Ces variétés sont nombreuses et les plus pratiquées qui ont permis l’atteinte de ce résultat cette année sont la FKR19, la TS2, Orylux6.
La première année de production de blé n’a pas donné les résultats attendus en termes de chiffres. Comment s’est passé le renouvellement de cette expérience ?
Il faut se rappeler que l’introduction du blé au Burkina Faso, ancienne Haute Volta, date de 1975 dans le Sourou. Relancée plusieurs fois en 1992, 2004 et 2006, elle vient d’être relancée en 2022-2023, grâce à l’OAPH. Les premières initiatives ont toutes connues des problèmes de portage politique qui n’a pas été très ferme mais également à un lobby des importateurs qui estiment que l’importation était plus bénéfique pour eux que le développement de la production au niveau national. En plus, des difficultés techniques et opérationnelles comme la maîtrise des variétés adaptées et des techniques de production. La relance de la production du blé actuellement bénéficie d’une volonté politique assumée pour un appui conséquent en matière de maîtrise d’eau d’irrigation, d’appui en intrants (semences, fertilisant) et en matériels de production, récolte et post-récolte ; des chercheurs et techniciens engagés à relever le défi de la maîtrise des variétés et technique de production avec des producteurs également très engagés pour la production.
On a vu la création d’usines pour la transformation de la tomate. Les productions attendues pourraient-elles satisfaire cette demande ? Quels sont les défis dans ce domaine ?
Le Burkina Faso produit plus de 150.000 tonnes de tomate fraîche par an. Les besoins des usines de transformation installées actuellement sont de moins de 50.000 tonnes par an. Donc, sur le plan statistique, les quantités produites couvrent largement les besoins des usines en matière première. Cependant, il faut souligner un fait majeur, cette production de la tomate se fait prioritairement en période sèche et fraîche, allant d’octobre à fin février ou mars, dont 5 mois de l’année. Le reste de l’année, période chaude et pluvieuse, où la production est très faible ou inexistante, ce qui crée un contraste en matière d’approvisionnement régulier des usines en ces temps de basse production. Mais des efforts sont en train d’être faits pour améliorer la production de tomate fraîche à cette période difficile de production par le déploiement de technologies et techniques adaptées (cultures sous-serre, utilisation de variétés adaptées aux hautes températures et aux conditions pluvieuses. Et le dernier aspect, c’est de constituer des stocks importants en purée de tomate pendant la période d’abondance de matière première et son utilisation ultérieure pour la production de double concentré de tomate.
Entretien réalisé par MS
Les défis relevés en 2025 en matière de production animale
L’alimentation du bétail : le MARAH a pu mettre à la disposition des producteurs 538 tonnes de semences fourragères certifiées de diverses spéculations et plus de 200.000 boutures de maralfalfa. 240 broyeurs polyvalents ont également été mis à la disposition des producteurs à prix subventionnés. Plus de 12.700 tonnes d’aliments concentrés bétail et volaille ont été mises à la disposition des producteurs à prix subventionnés La société d’Etat Faso Guulgo a pu produire et mettre à la disposition des producteurs 8.000 tonnes d’aliments complets de qualité.
Le renforcement des capacités des acteurs : formation de près de 500 producteurs sur différentes thématiques de production et la mise en œuvre d’outils de vulgarisation à travers des CEAP et visites commentées.
L’amélioration de la règlementation en matière de productions animales : 2025 a connu l’élaboration de textes sur la règlementation de l’importation des semences animales pour l’insémination artificielle.
L’opérationnalisation de l’agence Faso Abattoirs : adoption des différents textes et lancement d’un recrutement de personnel opérationnel et d’employés.
L’amélioration de la transformation des productions animales : la mise en service des laiteries de Cissin, Fada N’Gourma et Léo. Le lancement des travaux de construction des Abattoirs modernes de Banfora et de Fada N’Gourma, la réhabilitation des Abattoirs moderne de Dédougou et de Tenkodogo et la finalisation des travaux de l’Abattoir moderne de Pouytenga.
La réalisation des aménagements pastoraux : 76 AEPS pastoraux, 14 forages pastoraux, 8 magasins de stockage de SPAI, 49 parcs de vaccination ont été aménagés.
Pour le relèvement des populations vulnérables impactées par la crise sécuritaire : le MARAH a pu mettre à disposition 5280 kits de noyaux reproducteurs volaille et 13.780 kits de noyaux reproducteurs de petits ruminants au profit de plus de 10.000 chefs de ménages.
Source MARAH



