
• Zoom sur les corridors pour l’anneau de croissance (CACAO)
• Sur 30 travaux listés, plusieurs ont pris corps
• Dans les secteurs de l’agriculture, notamment
30 projets, 4.338,52 milliards FCFA de coût estimatif : certains sont aujourd’hui en chantier, d’autres ont changé de cadre, tandis qu’une partie reste encore au stade des études ou de la recherche de financement. À l’occasion de la 6e session d’information et de sensibilisation des journalistes des Etats membres de l’UEMOA, organisée du 14 au 18 septembre 2026, à Ouagadougou, la Commission de l’Union a présenté plusieurs de ses grands chantiers régionaux, dont le Plan directeur de l’aménagement des Corridors pour l’Anneau de croissance en Afrique de l’Ouest (CACAO) 2020-2040.
Mame Abdoulaye Sarr, Chef de la division du développement territorial et de la coopération transfrontalière, a présenté le document aux journalistes venus des 8 pays de l’Union, le 17 septembre.
Le projet CACAO a pour objectif de rechercher un développement économique équilibré entre les zones côtières et les zones enclavées dans les pays des zones objet de l’étude, en utilisant les potentiels de développement identifiés des secteurs économiques et en résolvant les goulots d’étranglement identifiés des corridors de transport.
Quelle est l’actualité autour de ces projets en 2026 ? Plusieurs projets ont effectivement pris corps, parfois sous une autre forme ou dans un autre cadre institutionnel, alors que d’autres sont toujours en préparation.
30 projets listés pour le Faso
Le CACAO n’est pas un programme limité au Burkina Faso. Il a été conçu pour améliorer les connexions entre les zones côtières et les pays de l’hinterland, en particulier, à travers les corridors reliant Abidjan, Accra/Tema, Lomé et Cotonou à Ouagadougou. Le plan poursuit trois grandes orientations : développer les secteurs économiques des zones intérieures et côtières, accroître la taille du marché intérieur et renforcer la connectivité Nord-Sud. Ses horizons de planification sont fixés à 2025 pour le court terme, 2033 pour le moyen terme et 2040 pour le long terme.
Pour le Burkina Faso, le portefeuille présenté en septembre 2026 compte 30 projets, pour un coût estimatif de 4.338,52 milliards FCFA, pour 3.933,52 milliards FCFA à mobiliser.
Ces projets sont répartis sur différents secteurs, à savoir l’agriculture, le commerce/industrie, l’énergie et les infrastructures et transport.
Sur le volet « Agriculture », un des projets qui ont connu le plus de développement est celui sur l’appui au développement de l’agropôle de Samendeni. Dans le portefeuille CACAO, ce projet a pour ambition de développer progressivement un pôle agro-industriel autour du barrage et de ses périmètres aménagés. En août 2026, une partie très concrète de cette ambition a franchi une nouvelle étape. Le Premier ministre a procédé à la mise en eau de 605 hectares du périmètre irrigué de Niéguéma-Toukoro, premier lot d’un programme de 1.500 hectares, alors que les travaux étaient à l’arrêt depuis 2018. Le périmètre représente un investissement de 9,88 milliards FCFA, entièrement financé sur ressources de l’Etat. Les infrastructures comprennent, notamment, plus de 45 kilomètres de canaux d’irrigation, 26 kilomètres de drainage et 36 kilomètres de pistes d’exploitation.
La mise en valeur attendue est loin d’être symbolique. Les projections font état de productions annuelles de l’ordre de 7.200 tonnes de riz et 1.800 tonnes de blé, auxquelles s’ajoutent des activités de maraîchage et de production semencière. Le barrage de Samendéni est lui-même progressivement valorisé pour la pisciculture : plus de 12.000 tonnes de poissons avaient été produites à travers les cages flottantes, selon les données communiquées en avril 2026.
La dynamique sur ce projet dépasse donc aujourd’hui le seul périmètre agricole. La route Bama-Samendéni, longue de 15,6 kilomètres, est également en construction. Lancés en novembre 2025, les travaux sont exécutés dans le cadre de Faso Mêbo et doivent être achevés avant la fin de 2026.
Bagré : quand le projet change de cadre
Sur le document du CACAO, un autre projet du Burkina Faso a pris forme. Il s’agit du Projet d’appui au corridor de croissance du Pôle de Bagré (PAC-PCB). En février 2026, le gouvernement a créé la Société Faso Agropôle (SOFA), chargée de coordonner plusieurs pôles stratégiques, dont Sourou, Nakambé – l’ancien Bagré –, Samendéni, Comoé et Liptako-Gourma. Cette réforme répond, notamment, aux difficultés identifiées autour des agropôles : faible investissement privé, retards dans certains aménagements, sous-utilisation de terres attribuées et insuffisance des infrastructures de transformation et de commercialisation.
Quelques mois plus tard, la réalité économique du Pôle de Bagré se matérialise par de nouvelles initiatives privées. En septembre 2026, le ministère de l’Agriculture faisait état de plusieurs exploitations et projets d’investissement, dont Excellis Invest Group, Faso Agropôle et SIIF. L’une des initiatives visitées porte sur 82 hectares, avec des productions projetées de maïs et de soja et plusieurs centaines d’emplois concernés.
Un autre exemple de projet qui prend forme est celui du port sec multimodal de Ouagadougou, il figure parmi les projets les plus structurants du portefeuille CACAO, avec un coût de référence de 166,22 milliards FCFA. En avril 2025, le gouvernement a déclaré d’utilité publique urgente le site destiné au projet, d’une superficie de 356 hectares à Tanghin-Dassouri, à proximité de la voie ferrée et de la RN1. Cette décision visait à accélérer les procédures foncières et les indemnisations nécessaires à la mise en œuvre. En 2026, le dossier a continué de progresser sur le plan technique. Les études techniques et le dossier d’exécution ont été préparés. Par ailleurs, la BOAD a approuvé un financement de 20 milliards FCFA pour une première phase du projet.
Les routes : le CACAO avance par tronçons
C’est probablement sur les infrastructures routières que le décalage entre la logique du document CACAO et la réalité actuelle est le plus visible. Le plan présente plusieurs grands axes comme des projets distincts. Sur le terrain, leur réalisation peut être répartie entre plusieurs programmes, financements et marchés.
La RN17, Tenkodogo-Ouargaye-Sangha-frontière du Togo, évaluée à 40,5 milliards FCFA dans le portefeuille CACAO, fait partie des projets effectivement passés au stade du chantier. Le 11 avril 2025, le Directeur général de l’AGETIB, Franc Ollo Kanzié, accompagné d’une équipe du PCE-LON, de représentants de la mission de contrôle OZED et de l’entreprise SOROUBAT, s’est rendu sur le chantier. Après quatre mois de travaux, le taux d’exécution physique était alors de 5,70 %, pour un délai consommé de 21,94 %.
La situation est encore plus lisible sur la RN11, inscrite dans le CACAO pour 119,7 milliards FCFA et couvrant, dans la formulation initiale, le vaste corridor Orodara-Banfora-Gaoua-Batié-Kpuéré-frontière de Côte d’Ivoire.
En mars 2026, le gouvernement a lancé les travaux de réhabilitation de plusieurs tronçons de cet axe. La section Banfora-Orodara, longue de 42 kilomètres, représente plus de 18 milliards FCFA HT et doit être réalisée en 18 mois. D’autres sections de la RN11 font également l’objet de procédures et d’études actualisées, notamment Banfora-Sidéradougou-Ouo et Ouo-Gaoua.
La réalisation du corridor ne suit donc pas nécessairement le contour exact de la fiche CACAO. Elle avance par tronçons, au gré des financements disponibles et des programmes nationaux ou régionaux.
Le rail : les études avancent
Le volet ferroviaire présente une situation différente. Le projet de réhabilitation de la ligne Kaya-Ouagadougou-frontière de Côte d’Ivoire, évalué à 400 milliards FCFA dans le portefeuille CACAO, n’est pas encore un chantier de réhabilitation générale comparable aux travaux routiers.
Mais le dossier a changé de niveau de maturité. La SOPAFER-B indique que les études d’avant-projet sont disponibles, que les diligences se poursuivent et que la recherche de partenaires financiers et techniques est engagée. En mai 2026, le gouvernement a, par ailleurs, déclaré d’utilité publique urgente plusieurs projets de réhabilitation ferroviaire. Le programme prévoit, notamment, la régénération intégrale de 622 kilomètres de voie, l’augmentation de la charge à l’essieu et la modernisation de la signalisation.
Sur les 30 projets recensés dans le document CACAO, plusieurs sont aujourd’hui engagés dans des chantiers ou des opérations concrètes, à l’image de Samendéni et de certains tronçons routiers. D’autres sont entrés dans une phase de déploiement ou de transformation institutionnelle, comme Bagré et la filière des agropôles. Le port sec de Ouagadougou et la réhabilitation ferroviaire se trouvent plutôt dans une phase de préparation avancée. Enfin, pour plusieurs autres lignes du portefeuille, aucune preuve publique suffisamment récente n’a été retrouvée permettant de conclure à un démarrage effectif.
L’enjeu des prochaines années sera désormais de transformer ces réalisations dispersées en véritables chaînes de valeur et en corridors fonctionnels. C’est précisément l’ambition affichée par le CACAO : ne pas considérer la route, le chemin de fer, l’agriculture, l’industrie ou la logistique comme des projets isolés, mais comme les différentes pièces d’un même système économique reliant les zones de production, les marchés intérieurs et les ports de la façade ouest-africaine.
ESS
Projet CACAO vu du Faso
30 projets sont recensés pour le Burkina Faso dans le portefeuille CACAO
4.338,52 milliards FCFA : coût estimatif cumulé des 30 projets dans le document de référence.
3.933,52 milliards FCFA : montant à mobiliser indiqué dans ce même document.
2025 – 2033 – 2040 : les trois horizons retenus par le Plan CACAO.
3 priorités structurent la stratégie : développer les secteurs économiques des zones intérieures et côtières, élargir le marché intérieur et renforcer la connectivité Nord-Sud.
Les journalistes reçus par le président de la Commission
Le 16 septembre 2026, en marge de la session de sensibilisation, les journalistes membres de la Plateforme Médias UEMOA, des télévisions nationales, des quotidiens nationaux et de la presse sous-régionale ont été reçus au siège de la Commission de l’UEMOA, à Ouagadougou, par son président, Abdoulaye Diop.
Le président de la Commission a salué le rôle de la presse dans l’information des populations sur les actions de l’Union et a encouragé les journalistes à contribuer à la vulgarisation de la Vision 2040 et du Plan stratégique IMPACT 2030. Le coordonnateur de la Plateforme Médias UEMOA, Léonard Dossou, a, pour sa part, remercié le président de la Commission pour les actions de renforcement des capacités des médias. A l’issue de l’audience, il lui a officiellement remis le trophée de reconnaissance de la Plateforme Médias UEMOA, décerné à l’issue du Forum international de la presse économique de l’Afrique de l’Ouest (FIPE-UEMOA), tenu en juin 2026, à Dakar.
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